
3 choses à retenir des municipales à Paris
POLITICO - Monday, March 23, 2026PARIS — Paris reste à gauche. Dimanche soir, Emmanuel Grégoire a filé en Vélib’ jusqu’à l’hôtel de ville une fois sa victoire proclamée. Anne Hidalgo l’y attendait pour lui remettre les clefs de la ville.
Une fracture toujours vive entre l’ouest et l’est
Le candidat de la gauche unie (hors LFI) l’a emporté largement face à ses deux adversaires avec 428 143 voix, soit un peu plus de la moitié des suffrages exprimés. Il capitalise sur sa large avance au premier tour (309 693 voix contre 207 613 pour la candidate LR), gagnant plus de 118 000 voix au second tour. Rachida Dati, malgré une fusion avec la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel, ne parvient pas à remonter son écart, malgré 144 000 nouvelles voix.
L’Insoumise Sophia Chikirou régresse sur une semaine, perdant plus de 28 000 voix.
C’est dans les quartiers de l’est de la capitale qu’Emmanuel Grégoire enregistre ses meilleurs scores, recevant plus de 75% des voix dans certains bureaux.
Les bureaux de vote où Pierre-Yves Bournazel a fait ses meilleurs scores au premier tour se répartissent entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, en fonction de ce même découpage géographique. Le nord du 17e arrondissement fait la jonction entre les deux électorats.
Le candidat Horizons avait dépassé les 20% dans trois bureaux de vote du 18e arrondissement, qui placent Emmanuel Grégoire largement en tête au second tour. A contrario, dans les 6e, 8e et 15e arrondissements, Rachida Dati semble en récolter les fruits.
103 conseillers de Paris pour Grégoire
Grâce à son score important, l’équipe d’Emmanuel Grégoire comptera 103 sièges au Conseil de Paris, soit un peu plus que la majorité de gauche sortante. Le dernier élu de sa liste est Yvain Bourgeat-Lami, le collaborateur du député socialiste Laurent Baumel.
Rachida Dati sauve 51 conseillers de Paris. Sylvain Maillard (Renaissance), deuxième sur sa liste et artisan de la réforme du scrutin qui n’a finalement pas fait son bonheur, arrive pour la première fois au conseil de Paris. Tout comme le ministre chargé de l’Europe Benjamin Haddad (Renaissance) ou l’ancienne ministre Marlène Schiappa, qui figurait initialement sur la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizons).
Sophia Chikirou comptera 9 insoumis dans son groupe. Elle sera notamment accompagnée par Rodrigo Arenas, député Insoumis parisien, ou Céline Verzeletti, syndicaliste à la tête de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat, qui avait échoué face à Danielle Simonnet (ex-LFI) lors des élections législatives en 2024.
3 nouveaux maires d’arrondissement
Dans une déclaration teintée d’amertume, sans féliciter son adversaire ni même prononcer son nom, Rachida Dati a reconnu ne pas avoir “réussi à convaincre que le changement [était] non seulement possible mais nécessaire”. “Le poison de la division a produit ses effets”, a ajouté la candidate LR, en se gardant de désigner qui que ce soit.
Rachida Dati pourra se consoler avec la mairie du 7e, qu’elle avait remportée dès le premier tour. Malgré le changement de scrutin, les arrondissements ne basculent pas.
Trois arrondissements comptent cependant un nouveau maire à leur tête. Tête de liste sur le fil, en remplacement de l’Ecologiste Emmanuelle Pierre-Marie, accusée de “management toxique”, Lucie Castets est élue dans le 12e. David Belliard, chef de file des écologistes dans la capitale, devient maire du 11e arrondissement. Catherine Lécuyer (LR) l’emporte dans le 8e — elle remplace Jeanne d’Hauteserre, candidate dissidente qui a défrayé la chronique pour ses frais de représentation somptuaires.
Anthony Lattier et Jason Wiels ont contribué à cet article.