PARIS — Paris reste à gauche. Dimanche soir, Emmanuel Grégoire a filé en Vélib’
jusqu’à l’hôtel de ville une fois sa victoire proclamée. Anne Hidalgo l’y
attendait pour lui remettre les clefs de la ville.
UNE FRACTURE TOUJOURS VIVE ENTRE L’OUEST ET L’EST
Le candidat de la gauche unie (hors LFI) l’a emporté largement face à ses deux
adversaires avec 428 143 voix, soit un peu plus de la moitié des suffrages
exprimés. Il capitalise sur sa large avance au premier tour (309 693 voix contre
207 613 pour la candidate LR), gagnant plus de 118 000 voix au second tour.
Rachida Dati, malgré une fusion avec la liste Horizons-Renaissance de
Pierre-Yves Bournazel, ne parvient pas à remonter son écart, malgré 144 000
nouvelles voix.
L’Insoumise Sophia Chikirou régresse sur une semaine, perdant plus de 28 000
voix.
C’est dans les quartiers de l’est de la capitale qu’Emmanuel Grégoire enregistre
ses meilleurs scores, recevant plus de 75% des voix dans certains bureaux.
Les bureaux de vote où Pierre-Yves Bournazel a fait ses meilleurs scores au
premier tour se répartissent entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, en
fonction de ce même découpage géographique. Le nord du 17e arrondissement fait
la jonction entre les deux électorats.
Le candidat Horizons avait dépassé les 20% dans trois bureaux de vote du 18e
arrondissement, qui placent Emmanuel Grégoire largement en tête au second tour.
A contrario, dans les 6e, 8e et 15e arrondissements, Rachida Dati semble en
récolter les fruits.
103 CONSEILLERS DE PARIS POUR GRÉGOIRE
Grâce à son score important, l’équipe d’Emmanuel Grégoire comptera 103 sièges au
Conseil de Paris, soit un peu plus que la majorité de gauche sortante. Le
dernier élu de sa liste est Yvain Bourgeat-Lami, le collaborateur du député
socialiste Laurent Baumel.
Rachida Dati sauve 51 conseillers de Paris. Sylvain Maillard (Renaissance),
deuxième sur sa liste et artisan de la réforme du scrutin qui n’a finalement pas
fait son bonheur, arrive pour la première fois au conseil de Paris. Tout comme
le ministre chargé de l’Europe Benjamin Haddad (Renaissance) ou l’ancienne
ministre Marlène Schiappa, qui figurait initialement sur la liste de Pierre-Yves
Bournazel (Horizons).
Sophia Chikirou comptera 9 insoumis dans son groupe. Elle sera notamment
accompagnée par Rodrigo Arenas, député Insoumis parisien, ou Céline Verzeletti,
syndicaliste à la tête de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat, qui avait
échoué face à Danielle Simonnet (ex-LFI) lors des élections législatives en
2024.
3 NOUVEAUX MAIRES D’ARRONDISSEMENT
Dans une déclaration teintée d’amertume, sans féliciter son adversaire ni même
prononcer son nom, Rachida Dati a reconnu ne pas avoir “réussi à convaincre que
le changement [était] non seulement possible mais nécessaire”. “Le poison de la
division a produit ses effets”, a ajouté la candidate LR, en se gardant de
désigner qui que ce soit.
Rachida Dati pourra se consoler avec la mairie du 7e, qu’elle avait remportée
dès le premier tour. Malgré le changement de scrutin, les arrondissements ne
basculent pas.
Trois arrondissements comptent cependant un nouveau maire à leur tête. Tête de
liste sur le fil, en remplacement de l’Ecologiste Emmanuelle Pierre-Marie,
accusée de “management toxique”, Lucie Castets est élue dans le 12e. David
Belliard, chef de file des écologistes dans la capitale, devient maire du 11e
arrondissement. Catherine Lécuyer (LR) l’emporte dans le 8e — elle remplace
Jeanne d’Hauteserre, candidate dissidente qui a défrayé la chronique pour ses
frais de représentation somptuaires.
Anthony Lattier et Jason Wiels ont contribué à cet article.
Tag - Elections municipales 2026
Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo
des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions
lors des dernières heures de campagne.
PARIS — Quelques soupirs de soulagement vont peut-être se faire entendre sur la
Canebière à la lecture du sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par
POLITICO. Selon cette étude, le Rassemblement national n’est pas en mesure de
remporter Marseille. Donné à 39% des intentions de vote, le candidat d’extrême
droite Franck Allisio accuserait un retard de 14 points sur le maire de gauche,
Benoît Payan, crédité pour sa part de 53% des suffrages. Loin derrière, Martine
Vassal, des Républicains, n’attirerait que 8% des voix pour ce second tour.
Le sortant, s’il l’emporte, pourra remercier les électeurs Insoumis. Si un tiers
de ceux ayant voté pour Sébastien Delogu au premier tour des municipales (11,94%
des Marseillais) compte s’abstenir, selon Jean-Yves Dormagen, le président de
Cluster 17, la quasi totalité de ceux qui voteront sont prêts à choisir un
bulletin Benoît Payan (à 98%). De quoi aider l’élu à creuser l’écart avec le RN,
alors que moins de deux points les séparait il y a une semaine (36,70% contre
35,02%).
L’électorat de Martine Vassal est plus divisé. Elle en conserve presque la
moitié, mais 32% lui préféreront le maire sortant ; 22% opteraient pour le
candidat du RN. Difficile, si ces chiffres sont confirmés dans les urnes, de
dire avec certitude ce qu’aurait changé le retrait de la présidente de la
métropole, si Martine Vassal avait fait ce choix, explique Jean-Yves Dormagen :
“Il aurait bénéficié aux deux, peut-être un tout petit plus à Benoît Payan, mais
pas dans des proportions très fortes. Il y aurait sans doute eu plus
d’abstention”.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en
ligne, entre le 18 et le 19 mars 2026, auprès de 738 personnes représentatives
de la population de Marseille âgée de 18 ans et plus, dont 643 inscrites sur les
listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas
(genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un
redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique
sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 643 personnes, la marge
d’erreur est comprise entre 2,3 et 3,9 points.
Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo
des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions
lors des dernières heures de campagne.
PARIS — Après avoir pris l’avantage lors du premier tour, en recueillant 37,98%
des voix, Emmanuel Grégoire semble en bonne position pour transformer l’essai
dimanche. Le candidat socialiste est crédité de 48% des intentions de vote pour
le second tour, en progression de 10 points, dans le sondage Cluster 17* dévoilé
en exclusivité par POLITICO ce vendredi.
L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo devancerait ainsi de 7 points sa
principale adversaire, Rachida Dati (41%), à la tête d’une liste d’union de la
droite et du centre — elle progresserait toutefois d’environ 15 points par
rapport au premier tour, où elle a obtenu 25,46% des voix. Presque stable, en
troisième position avec 11% des intentions de vote, la candidate Insoumise
Sophia Chikirou n’est pas en capacité de jouer les arbitres.
BALLE AU CENTRE
Grégoire parviendrait donc à creuser l’écart avec Dati, bien que celle-ci ait
fusionné sa liste avec une partie de celle du candidat Horizons et Renaissance,
Pierre-Yves Bournazel, et qu’elle bénéficie du retrait de Sarah Knafo
(Reconquête), qui avait recueilli 10% des voix. Cela s’explique notamment parce
qu’une majorité (57%) des électeurs de “PYB” se reporterait sur le candidat de
l’union de la gauche plutôt que sur sa rivale (42%).
“A ce stade, le centre gauche et une bonne partie du centre votent plutôt
Grégoire, ce qui fait la différence dans une ville comme Paris, qui vote plutôt
à gauche”, analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17.
C’est ce que prouve l’analyse des clusters (la méthodologie de l’institut). Chez
les “modérés”, l’ancienne ministre de la Culture est largement distancée (21%
contre 78% pour Grégoire). Même constat chez les électeurs se disant
“socio-démocrates” et “socio-républicains”, où le député de Paris est
hégémonique (85% contre 14%).
Dati profite en revanche du report quasi complet (99%) de l’électorat de Knafo,
et surperforme dans les clusters traditionnels de la droite et de l’extrême
droite, comme les “conservateurs” (95%), “identitaires” et “autoritaires” (97%).
Mais ce pourrait être insuffisant pour conquérir la mairie. “Mécaniquement, elle
ne peut pas gagner si elle n’a pas le centre avec elle”, souligne Dormagen, qui
considère que “l’électorat de Bournazel est l’arbitre de l’élection”.
A l’autre bout de l’échiquier politique, Sophia Chikirou conforte son résultat
grâce à un électorat fidèle : près de 89% des Parisiens qui ont voté pour elle
au premier tour récidiveraient au second.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en
ligne, entre le 17 et le 19 mars 2026, auprès de 1 616 personnes représentatives
de la population de Paris âgée de 18 ans et plus, dont 1 437 inscrits sur les
listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas
(genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un
redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique
sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 1 437 personnes, la marge
d’erreur est comprise entre 1,6 et 2,6 points.
Edouard Philippe est en passe de réussir son pari : se faire réélire maire du
Havre à 14 mois de la présidentielle. Le président d’Horizons est en effet
crédité de 47% des intentions de vote dans un sondage Cluster 17 dévoilé en
exclusivité par POLITICO jeudi. L’ancien Premier ministre bénéficie d’une avance
de 8 points sur son adversaire principal, Jean-Paul Lecoq, candidat du Parti
communiste (39%).
En recueillant 43,76% des voix au premier tour, le maire sortant a déjoué les
pronostics — et rassuré ses troupes chez Horizons — en se plaçant dans une
position plus confortable qu’attendu, 10 points devant son poursuivant
communiste.
Soucieux de maintenir la mobilisation de ses partisans lors du second tour,
Edouard Philippe s’est gardé de tout triomphalisme, dimanche dernier.
Il faut dire qu’il est engagé dans une triangulaire inédite depuis 1995 dans la
préfecture de Seine-Maritime après la qualification de Franck Keller (15,3%),
candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), soutenu par le
Rassemblement national. Parachuté au Havre, ce conseiller municipal de
Neuilly-sur-Seine est crédité de 14% des intentions de vote pour le second tour.
2027 EN LIGNE DE MIRE
“Ce serait une surprise qu’Edouard Philippe perde l’élection”, commente
Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. “L’enjeu symbolique” étant de
savoir si Philippe parvient à être “majoritaire ou pas dans sa propre ville”,
ajoute-t-il.
La plus grande prudence s’impose néanmoins dans l’analyse des sondages de second
tour, de manière générale, et surtout en cas de triangulaire. “Il y a beaucoup
plus d’hésitation [des électeurs] et les reports de voix évoluent tous les
jours”, explique Dormagen, soulignant que les “dynamiques” sont souvent fortes
dans les entre-deux-tours, alors que les instituts captent l’opinion “à un
instant T”.
D’après son étude, 90% des électeurs de la candidate Insoumise Charlotte
Boulogne (qui avait recueilli 4% des suffrages au premier tour) se reporteraient
sur le député communiste de Seine-Maritime, quand les 10% restants choisiraient
Edouard Philippe. Le maire sortant récupérerait aussi une faible part (14%) des
électeurs au premier tour de Franck Keller.
La candidature à la présidentielle d’Edouard Philippe a été l’un des thèmes de
la campagne, ses deux adversaires estimant que le maire sortant délaissera sa
ville dès lors qu’il sera reconduit dans ses fonctions. “Je suis entouré, j’ai
dans mon équipe des gens capables d’endosser ce rôle de maire, mais nous n’en
sommes pas là”, s’est défendu l’intéressé, lors du débat d’entre-deux-tours
mercredi sur France 3 Normandie.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en
ligne, entre le 16 et le 18 mars, auprès de 630 personnes représentatives de la
population du Havre âgée de 18 ans et plus, dont 538 inscrits sur les listes
électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas (genre, âge,
catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un redressement
sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base du
premier tour de la présidentielle 2022, des élections municipales 2020 et
européennes 2024. Pour 538 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 1,9
et 4,5 points.
CES VILLES QUE LES INSOUMIS VISAIENT
Elle était leur cible prioritaire ; elle ne les a pas déçus. Roubaix s’est
affichée très, très majoritairement Insoumise au premier tour, en plaçant le
député David Guiraud largement en tête, avec 46,64% des suffrages. Les trois
autres listes qualifiées sont loin derrière : celle du maire sortant divers
droite, Alexandre Garcin (20,09%) en poste depuis décembre seulement ; celle de
la gauche unie hors LFI, de Karim Amrouni (16,76%) et celle du Rassemblement
national de Céline Sayah (11,87%).
Même jackpot, quoique plus surprenant, de Bally Bagayoko, qui, fort du soutien
des communistes et du collectif La Seine-Saint-Denis au cœur, a renversé, , avec
50,77% des voix, le socialiste Mathieu Hanotin (32,7%) à Saint-Denis. Celle-ci
devient ainsi la plus grande ville Insoumise à ce jour, puisqu’elle compte 148
000 habitants environ.
Les cadres Insoumis se félicitaient aussi hier soir d’être arrivés “en tête de
la gauche”, à Toulouse, où ils ont en effet créé la surprise : avec 27,56% des
voix, leur candidat François Piquemal devance le socialiste François Briançon
(24,99%), alors que les sondages prédisaient l’inverse. Le prétendant PS est
d’ailleurs resté silencieux hier.
L’Insoumis Damien Maudet est aussi bien placé à Limoges (24,86%) où il suit de
près le président LR de la métropole, Guillaume Guérin (27,34%). En troisième
position, Thierry Miguel, soutenu par le PS, le PCF et Place publique, a récolté
16,92 % de suffrages. A Lille, LFI s’est placée en deuxième position (23,36%)
derrière le sortant socialiste Arnaud Deslandes (26,26%), plaçant les
Ecologistes, troisièmes (17,75%), en position d’arbitres des gauches. Les listes
Renaissance (11,14%) et RN (10,92%) sont aussi qualifiées pour le second tour.
Les Insoumis sont encore arrivés en tête à La Courneuve (avec Aly Diouara, à
38%) ; à Saint-Fons, dans le Rhône (37,61%), devant trois autres listes.
A Evry-Courcouronnes, Farida Amrani (29,80%) a été largement distancée par le
maire sortant ex-LR Stéphane Beaudet (57,21%).
CELLES QUE CIBLAIT LE RASSEMBLEMENT NATIONAL
Louis Aliot a pu aller au lit le sourire aux lèvres : le maire RN de Perpignan a
été réélu dès le premier tour, avec 50,61%. D’autres sortants RN l’ont aussi
déjà emporté : Steeve Briois à Hénin-Beaumont, qui a récolté pas moins de 77,71%
des suffrages ; Fabien Engelmann à Hayange (72,96%) ; Nelson Chaudon à Beaucaire
(60,37%) ; David Rachline à Fréjus (51,33%). La palme revient peut-être à
Ludovic Pajot à Bruay-la-Buissière, et ses 81,44 %.
Moins attendus, au moins deux députés lepénistes l’ont aussi emporté dès hier :
Nicolas Meizonnet à Vauvert, dans le Gard (57,50%) et Bryan Masson à
Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes (50,21%).
Ils et elles sont aussi en tête : l’allié Eric Ciotti, et très largement, à
Nice, avec 43,43% contre 30,92% pour le sortant (Horizons) Christian Estrosi —
la liste Ecolo, à 11,93%, est aussi qualifiée … la députée Alexandra Masson à
Menton (36,25%), reléguant Louis Sarkozy à la troisième place (18,01%) derrière
Sandra Paire (19,74%) … Laure Lavalette à Toulon (42,05%), qui affrontera deux
listes ayant atteint respectivement 29,54% et 15,71% des suffrages … Thierry
Tesson (29,72%) à Douai.
A Nîmes, Julien Sanchez termine en tête d’un cheveu, moins d’un point le
séparant du communiste Vincent Bouget (30,39% contre 30,05%). Le candidat LR
Franck Proust s’est qualifié (19,55%) comme Julien Plantier, soutenu par
Renaissance et le MoDem (15,55%).
Franck Allisio a tenu sa promesse de sacrément faire trembler le sortant Benoît
Payan à Marseille, atteignant 35,02%, soit 15 points de plus qu’en 2020
(Stéphane Ravier avait alors récolté 19,44% des suffrages). Le maire phocéen est
tout proche, à 36,69% des suffrages.
Le RN a en revanche échoué à Lens, et à Denain, toutes deux reconquises dès le
premier tour par les maires PS. Les candidats lepénistes, arrivés deuxièmes
voire troisièmes, auront sûrement des difficultés à s’imposer à Liévin, à Laon,
à Cambrai…
CE QU’IL ADVIENT DES SORTANTS ECOLOS
C’était l’une des plus grosses surprises de ce premier tour : le maire sortant
de Lyon, Grégory Doucet, pourtant largement distancé dans les sondages jusqu’à
présent, termine, avec 37,36% des voix, de peu devant l’ancien patron du club de
foot de la ville, Jean-Michel Aulas (36,78%) plombé par une fin de campagne
calamiteuse. Une “remontada historique”, selon Marine Tondelier, la patronne des
Ecolos, qui était de tous les plateaux de télévision hier soir. Qualifiée pour
le second tour, l’Insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi a proposé une “fusion
technique” à Doucet.
Pour le reste, la “vague verte” de 2020 reflue sensiblement, comme il fallait
s’y attendre. Dans les six autres métropoles conquises par les Ecologistes en
2020, seuls trois sortants font la course en tête après le premier tour : A
Tours, Emmanuel Denis (33,82%) distance de dix points l’ancien maire et candidat
du “socle commun” Christophe Bouchet ; Léonore Moncond’huy, à Poitiers, avec
26,41% de voix, quoiqu’elle pourrait se retrouver à affronter cinq autres
listes, toutes en capacité de se maintenir ; et Pierre Hurmic, à Bordeaux
(27,68%), qui est talonné par l’ancien ministre macroniste Thomas Cazenave
(25,58%), suivi par l’économiste Philippe Dessertine (20,16%).
Ceux et celles qui sont distancé(e)s : à Strasbourg, Jeanne Barseghian et ses
19,72% des suffrages, derrière l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann
(25,93%) et le LR Jean-Philippe Vetter (24,23%) … non encarté, l’héritier de
François Astorg à Annecy, Alexandre Mulatier-Gachet (24,70%) qui devra courir
après le candidat Renaissance Antoine Armand (34,78%) … Anne Vignot (33,37%),
par le candidat LR Ludovic Fagaut (40,13 %) à Besançon, où l’Insoumise Séverine
Véziès peut se maintenir (10,90%).
La pente semble moins raide pour Laurence Ruffin, adoubée par Eric Piolle pour
lui succéder à Grenoble : la sœur du député François Ruffin est deuxième
(26,33%), toute proche d’Alain Carignon (27,04%), l’ancien maire LR condamné en
1996 à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité pour
corruption et abus de biens sociaux. Deux autres listes de gauche (dont une LFI
à 14,48%, l’autre à 10,23%) sont qualifiées.
LE SORT DES BASTIONS SOCIALISTES
Commençons par le commencement : à Paris, Emmanuel Grégoire est arrivé en tête,
et bien en tête, avec 38,04% des suffrages (avec deux bureaux de vote manquants)
; Rachida Dati est à 25,41%. Seule mauvaise nouvelle pour lui : l’Insoumise
Sophia Chikirou est-elle aussi qualifiée pour le second tour, avec 11,74%.
“J’attends son appel”, a-t-elle lancé, à propos de son camarade socialiste. Son
adversaire de droite doit aussi composer avec deux listes passant la barre des
10%, celles de Pierre-Yves Bournazel (11,33%) et de Sarah Knafo (10,38%).
Quelques maires PS ont été réélus dès le premier tour, comme celui de Lens,
Sylvain Robert (50,72%) ou celui de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier
(53,94%), ou encore Ericka Bareigts à Saint-Denis de La Réunion (62,22%).
Les sortants socialistes sont aussi en tête à Rennes (Nathalie Appéré, 34,53%,
suivie du candidat Horizons Charles Compagnon à 22,47% et de l’Insoumise Marie
Mesmeur à 18,61%) … à Rouen (Nicolas Mayer-Rossignol, 45,13%, devant Marine
Caron, d’Horizons, à 24,76%, l’Insoumis Maxime da Silva et ses 14,04% et
Grégoire Houdan du RN à 13,30%) … à Montpellier (Michaël Delafosse, 33,41%,
devant la liste Insoumise à 15,36% et le président du Montpellier Hérault Rugby,
Mohed Altrad, à 11,31%).
A Nantes, Johanna Rolland, avec 35,24%, est suivie de très, très près par le
candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,77%). L’Insoumis William Aucant s’est
aussi qualifié (11,20%).
C’est encore plus compliqué dans plusieurs autres places fortes du socialisme
municipal, où les maires ont été doublés par la droite : à Brest, François
Cuillandre (23,80%) est distancé par Stéphane Roudaut (30,24%), où LFI (15,39%)
et le RN (11,12%) sont aussi en mesure de se maintenir … à Clermont-Ferrand,
Julien Bony, des Républicains, est arrivé en tête (33,93%) devant le maire PS
Olivier Bianchi (29,99%), LFI (17,01%) et le RN (11,29%).
LES QUELQUES RAISONS DE SE RÉJOUIR DU BLOC CENTRAL
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a été réélu dès le premier tour à Vernon,
son fief eurois, où il candidatait sur la liste du maire sortant, François
Ouzilleau (59,54%). L’ancien ministre Franck Riester a aussi déjà retrouvé son
fauteuil à Coulommiers (66,22%).
Edouard Philippe est arrivé en tête au Havre, à 43,76%, devant le communiste
Jean-Paul Lecoq (33,25%) et le candidat d’extrême droite Franck Keller (15,30%).
Comme l’ancien ministre Antoine Armand, à Annecy.
ET CELLES DONT ON VOULAIT AUSSI VOUS PARLER
Ces autres personnalités élues dès le premier tour : le communiste Fabien
Roussel à Saint-Amand-les-Eaux (51,06%) … Jean-François Copé (LR) à Meaux
(63,45%) … Natacha Bouchart à Calais (60,06%) … Nicolas Dupont-Aignan à Yerres
(79,95%) … Jean-Christophe Lagarde à Drancy (63,76%).
C’est en revanche rapé pour Philippe Gustin, le directeur de cabinet de
Sébastien Lecornu : son adversaire Alain Grillot l’a emporté dès le premier tour
à Fougerolles-Saint-Valbert, en Haute-Saône.
A Troyes, le sortant LR François Baroin devra se fendre d’un second tour pour la
première fois depuis 30 ans. Arrivé en tête (48,55%), il affrontera une liste RN
(16,52%) et une autre d’union de la gauche (11,27%).
François Bayrou, à Pau, a récolté 33,83% des suffrages. L’ancien Premier
ministre devra affronter la liste socialiste de Jérôme Marbot (26,31%) et celle
de la RN Margaux Taillefer (16,26%).
Comme à Poitiers, une sexangulaire pourrait se jouer à Mulhouse, où la maire
sortante divers droite Michèle Lutz est arrivée en tête (17,60%).
Pas de suspense en vue à Perpignan, ou presque, tant la réélection de Louis
Aliot semble le scénario le plus probable, les 15 et 22 mars prochains. Le maire
Rassemblement national sortant est crédité de 46% des intentions de vote au
premier tour des municipales dans le sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité
par POLITICO jeudi. “Il n’est pas loin d’une possible réélection dès le premier
tour” qui se tiendra dimanche, constate Jean-Yves Dormagen, président de
l’institut.
Les oppositions sont loin derrière. La gauche est divisée : pas moins de trois
listes se présentent devant les électeurs. La candidate PS-Place publique Agnès
Langevine est créditée d’un score de 15%, tout comme son concurrent Insoumis,
Mickaël Idrac. Juste derrière eux, à 14% des intentions de vote, on trouve la
liste d’union de la droite et du centre menée par Bruno Nougayrède.
Parti en dissidence contre l’avis du PS local (mais avec le soutien notamment du
Parti communiste et du Parti radical de gauche), Mathias Blanc obtiendrait 9%
des suffrages et serait dans l’impossibilité de se maintenir au second tour. La
liste de Pascale Advenard (Lutte ouvrière) est créditée de 1%.
“L’ESPACE MACRONISTE EST EN VOIE DE DISPARITION”
Si Louis Aliot est si haut dans les estimations, c’est bien sûr parce qu’il est
“très fort” à droite et à l’extrême droite, un électorat majoritaire dans cette
ville, note Jean-Yves Dormagen. L’étude des clusters, ou catégories de
population, (la méthodologie de l’institut) le montre bien : le maire sortant
convainc 91% des “conservateurs”, “antiassistanat” et “traditionnalistes”, 92%
des “réfractaires” et “sociaux-patriotes” et 87% des “identitaires” et
“autoritaires”. “Il fait presque totalement le plein dans l’électorat RN et
Reconquête”, ajoute le sondeur.
La condamnation de Louis Aliot à une peine d’inéligibilité de trois ans en
première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national
— il a fait appel et prévoit de se pourvoir en cassation si la peine était
confirmée le 7 juillet prochain — n’a donc manifestement pas atteint sa cote de
popularité, malgré les tentatives de ses opposants d’en faire un sujet de la
campagne.
En face, les oppositions de gauche pâtissent de leurs divisions. “Même en
faisant la somme des trois listes, leur camp n’a quasiment aucune chance de
gagner et en étant aussi divisé, cela renforce cette perception”, pointe le
président de Cluster 17. A l’entendre, le maire sortant sait parfaitement jouer
avec cette fragmentation : son avance est telle qu’il y a “un petit côté
démobilisateur”, ajoute Jean-Yves Dormagen.
Dernier point notable : l’effondrement de la droite et du centre. Alors que le
candidat Bruno Nougayrède bénéficie du soutien de tous les partis de droite et
du centre, il n’est donné qu’à 14% des intentions de vote, coincé entre la
gauche et le RN. “A Perpignan, l’espace macroniste est en voie de disparition”,
observe Dormagen, qui rappelle que cette tendance n’est pas nouvelle. En 2024,
lors des élections européennes, la liste Renaissance de Valérie Hayer n’avait
obtenu que 10,98% des voix, celle du LR François-Xavier Bellamy, 4,61%.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 11 mars 2026, via des questionnaires
autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 617 personnes,
représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Perpignan,
âgée de 18 ans et plus, dont 521 personnes inscrites sur les listes électorales.
L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et
d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants
: premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et
européennes de 2024. La marge d’erreur pour 521 personnes est comprise entre 1,9
et 4,5 points.
BREST — Ce sont deux cartes qui hantent encore la plupart des élus locaux de
gauche en Bretagne. Celle des européennes de 2024 où, pour la première fois, le
Rassemblement national est arrivé en tête dans la région (avec 25,58% des voix).
Et celle des législatives anticipées, un mois plus tard, où le parti s’est
qualifié dans 26 circonscriptions sur les 27 que compte la région.
Un record pour une zone réputée très majoritairement imperméable aux idées du
parti fondé par Jean-Marie Le Pen, lui-même originaire de La Trinité-sur-Mer,
dans le Morbihan. Si cette percée au premier tour n’a pas permis à l’extrême
droite de décrocher des sièges de députés au second tour, elle a tout de même eu
l’effet d’un avertissement : “La Bretagne n’est pas une île, et la mer monte”,
s’inquiète auprès de POLITICO Jean-Jacques Urvoas, ex-ministre socialiste de la
Justice et professeur de droit public à l’Université de Brest.
Le parti d’extrême droite veut cette fois transformer l’essai. “La marche à
franchir pour le RN, pour atteindre la présidence de la République, c’est de
gagner des voix dans les territoires où ils sont bas. Et donc ils tapent très
fort chez nous”, confirme le président du conseil régional de Bretagne, Loïg
Chesnais-Girard, en référence à la venue récente de Jordan Bardella et aux
prises de positions du RN en défense des pêcheurs ou des agriculteurs.
Dans certains bastions de gauche, comme Brest et Rennes, le RN a présenté des
listes avec l’ambition de dépasser la barre des 10% le 15 mars, soit le seuil de
qualification au second tour. Le parti espère ainsi se faire une place dans les
conseils municipaux des deux villes, alors qu’ils n’y ont jamais figuré.
“L’idée, c’est de faire connecter notre politique nationale avec la politique
locale”, explique Théo Thomas, candidat RN à la mairie de Lorient.
DEUX FIGURES LOCALES
Pour incarner son nouvel ancrage dans les deux grandes villes de la région, le
RN peut compter sur des candidats de poids : Yves Pagès, à Brest, et Julien
Masson, à Rennes.
Le premier, qui se présente dans la presse brestoise comme un macroniste déçu, a
rejoint les troupes de Jordan Bardella il y a deux ans. Âgé de 77 ans, il est
l’ancien maire MoDem d’une grosse commune voisine, celle de Plouzané, et ancien
vice-président de Brest métropole. “C’est une figure locale forte, présente de
longue date et plutôt respectée. Ce n’est pas un militant venu de nulle part”,
résume Romain Pasquier, professeur à Sciences Po Rennes. Un profil qui pourrait
s’avérer payant dans les urnes. “Il n’est pas exclu que le RN arrive deuxième au
premier tour. Yves Pagès profite, en plus, de sa compétence d’ancien maire
auprès des électeurs”, pronostique Jean-Jacques Urvoas. Une intuition renforcée
par les résultats du RN lors des européennes : dans la préfecture du Finistère,
la liste de Bardella était arrivée en deuxième position, avec 21,06% des
suffrages. Soit un petit point derrière celle de Raphaël Glucksmann.
Le deuxième, Julien Masson, qui tire la liste RN-UDR à Rennes, n’est pas non
plus un inconnu puisqu’il est le porte-parole du parti en Ille–et–Vilaine. Le
quadra a fait ses armes comme conseiller du maire LR de Saint-Malo, Gilles
Lurton, et collabore au conseil régional avec l’ex-directeur général du parti à
la flamme, Gilles Pennelle. D’après le sondage Cluster 17 dévoilé cette semaine
par POLITICO, il est crédité de 7% des intentions de vote le 15 mars. Une
estimation à peine en dessous du score du RN dans la ville lors des élections
européennes — Jordan Bardella avait obtenu 9,42% des suffrages, bien loin
cependant de ses 31,37% au niveau national.
PARIER SUR LA JEUNESSE
Derrière ces figures connues localement, la stratégie d’implantation du RN n’est
pas si évidente à mettre en place dans le reste de la région. Le parti d’extrême
droite souhaitait initialement présenter une liste dans chaque commune bretonne.
Il n’y est finalement parvenu que dans plusieurs villes de taille moyenne comme
Fougère, près de Rennes, ou Lorient, Morlaix et Concarneau.
Faute d’avoir des candidats déjà implantés partout, le Rassemblement national a
aussi fait le choix de l’avenir en misant sur des profils souvent très jeunes
pour le représenter — comme l’a pointé récemment le média breton indépendant
Splann!. D’après le professeur spécialiste en mutation des territoires Romain
Pasquier, le parti incite la nouvelle génération à se présenter dans l’optique
des élections qui suivront, avec l’idée que ces jeunes pousses vont s’implanter
durablement au niveau local.
Ainsi, dans les Côtes-d’Armor, où les candidats RN ont fait une percée flagrante
aux législatives de 2024, c’est une étudiante de 19 ans, Blanche Le Goffic, qui
défend la seule liste du parti dans le département, chez elle, à Lannion. A
Lorient, c’est donc le Lorientais Théo Thomas, 28 ans, qui figure en tête de
liste. “Les candidats sont jeunes, mais ils ont fait toute leur vie là-bas à
l’exception, pour certains, de la période des études”, souligne ce dernier.
Si le RN ne paraît pas encore en mesure de remporter une mairie bretonne, il
parie donc sur un ancrage dans la région. “Les futurs élus du RN en Bretagne
seront tous sur la même ligne pour pousser nos sujets prioritaires [dans les
conseils municipaux, NDLR]. L’implantation du parti vient toute seule une fois
que nous faisons le travail”, estime Théo Thomas, qui assure qu’il n’y a jamais
eu une équipe aussi structurée à Lorient.
S’ajoutent à cela les militants RN des petites villes de moins de 3000
habitants, qui intègrent des listes souvent classées sans étiquette, souligne
Loïg Chesnais-Girard. “On se bat pied à pied contre ça car, dans l’histoire
récente, c’est inédit”, souligne-t-il.
Anthony Lattier a contribué à cet article.
Maire depuis 2020, Nicolas Mayer-Rossignol, à la tête d’une liste d’union de la
gauche (hors LFI) fait figure de grand favori de cette élection municipale. Dans
un sondage réalisé par Cluster 17* et dévoilé en exclusivité par POLITICO
mercredi, le socialiste est crédité de 42% des intentions de vote au premier
tour et fait la course loin devant son adversaire Horizons Marine Caron.
Candidate de l’union de la droite et du centre, celle-ci recueillerait 26% des
voix selon l’institut.
Deux candidats complètent le podium : Grégoire Houdan (Rassemblement national)
et Maxime Da Silva (La France insoumise) sont tous deux estimés à 15% et
auraient donc la possibilité de se maintenir au second tour, ouvrant la voie à
une quadrangulaire sans grand suspense. “A partir du moment où le maire sortant
fait plus de 40% des voix au premier tour, il part avec un très gros avantage et
on a du mal à voir qui pourrait le battre”, analyse Jean-Yves Dormagen,
président de Cluster 17.
Fait notable : “NMR” performe dans toutes les catégories de population ou
clusters (selon la méthodologie de l’institut), ce qui est “relativement rare”,
souligne le sondeur. Sa liste d’union de la gauche est très forte dans
l’électorat de gauche : il convainc 70% des “sociaux-démocrates” et
“sociaux-républicains”, 41% des “solidaires” et “révoltés”, traditionnellement
plus portés vers LFI, et 49% des “multiculturalistes”, cet électorat
progressiste sur les questions de société et notamment sensible aux enjeux
écologiques.
Mais il attire aussi certains électeurs du centre et de la droite. Le maire
sortant parvient ainsi à convaincre 28% des “centristes et libéraux”, ou 22% des
“réfractaires” et “sociaux-patriotes”, deux électorats se tournant
majoritairement vers le RN. “On est ici dans une logique de maire qui rassemble,
au-delà de leur coalition, qu’on observait plus fréquemment dans le passé”,
décrypte Jean-Yves Dormagen.
Face à lui, la candidate de la droite et du centre, Marine Caron, peine à faire
le plein. “Elle n’arrive pas à avoir tout l’électorat Renaissance”, relève le
sondeur, qui pointe qu’il n’y a “pas de logique de vote utile de l’ensemble des
conservateurs”. Elle “ne capte pas du tout ou très mal l’électorat RN”,
ajoute-t-il, émettant l’hypothèse que la candidate paye, dans cet électorat très
anti-Macron, le fait d’être soutenu par Horizons, Renaissance et le MoDem.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 10 mars 2026, via des questionnaires
autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 671 personnes,
représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Rouen, âgée de
18 ans et plus, dont 504 personnes inscrites sur les listes électorales.
L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et
d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants
: premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et
européennes de 2024. La marge d’erreur pour 504 personnes est comprise entre 1,9
et 4,5 points.
Lecteurs socialistes de Lille, ne sablez pas le champagne tout de suite. Certes,
le maire PS de la capitale des Flandres, Arnaud Deslandes, s’affiche en tête du
sondage Cluster 17 que POLITICO dévoile ce mardi en exclusivité, avec 26% des
intentions de vote au premier tour des municipales qui se tiendra dimanche.
Mais il n’est pas le seul représentant de la gauche à pouvoir sérieusement
prétendre au fauteuil de Martine Aubry, qui fut maire pendant 23 ans avant de
lui passer les rênes en 2025. L’héritier est concurrencé par deux autres listes,
toutes deux données à 19% : celle de l’Ecologiste Stéphane Baly,et celle de
l’Insoumise Lahouaria Addouche.
De quoi donner aux Verts des airs de faiseurs de rois, nul n’imaginant le maire
sortant s’acoquiner avec les mélenchonistes. “Si Baly s’associe avec le PS,
c’est gagné pour Deslandes ; s’il y a une liste Ecolos-LFI, [celle-ci] devient
favorite”, expose ainsi Jean-Yves Dormagen.
Mais Baly n’ayant échoué à vaincre Aubry qu’à quelque 200 voix en 2020, et vu
les scores relativement élevés des trois candidats de gauche, chacun pourrait
avoir envie de tenter sa chance en solitaire.
L’HYPOTHÈSE SPILLEBOUT
Ce qui ouvrirait une petite fenêtre d’espoir à Violette Spillebout, la députée
Renaissance soutenue par Horizons et le MoDem : créditée de 16% des intentions
de vote, elle pourrait profiter d’une quadrangulaire pour créer la surprise.
Son destin dépendra aussi du Rassemblement national : l’eurodéputé Matthieu
Valet, avec ses 12%, peut prétendre à une qualification (il doit pour ce faire
recueillir au moins 10% des suffrages).
En son absence, Spillebout pourrait capter son électorat au second tour, ainsi
que celui du prétendant Les Républicains, Louis Delemer, promis à une
élimination s’il n’atteint effectivement que 6% des voix. Auquel cas, la députée
“pourrait ne pas être loin, à la fin, du score du gagnant”, imagine Dormagen.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 3 au 6 mars 2026, via des questionnaires
autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 773 personnes,
représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Lille, âgée de
18 ans et plus, dont 652 personnes inscrites sur les listes électorales à Lille.
L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et
d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants
: premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et
européennes de 2024. La marge d’erreur pour 652 personnes est comprise entre 1,6
et 3,5 points.
PARIS — En France, près de deux tiers des policiers municipaux sont équipés
d’une arme à feu, selon des chiffres obtenus auprès du ministère de l’Intérieur
par POLITICO, soit 17 800 sur les 28 400 agents en activité en 2024. Cinq ans
plus tôt, ils étaient 13 700 à être équipés.
A quelques jours des élections municipales, l’armement létal de ces policiers
figure dans de nombreux programmes. Dans les principaux partis, seule La France
insoumise milite clairement pour leur désarmement. Le parti conteste le
désengagement de l’Etat de son rôle régalien et appelle plutôt à un renforcement
de la police nationale et de la gendarmerie.
Modernisée en 1999, la police municipale, placée sous l’autorité du maire, s’est
développée par palier, surtout en milieu urbain. Et la tendance est à la hausse,
avec des édiles toujours tentés de recruter.
DES VARIATIONS SELON LES DÉPARTEMENTS
Sur l’ensemble du territoire, la proportion de policiers municipaux disposant
d’au moins une arme s’élève à 80%, qu’il s’agisse d’armes de poing, de pistolets
à impulsion électrique, de flash-balls ou d’armes de catégorie inférieure (bombe
lacrymogène, matraque), moins dangereuses. Mais des disparités existent.
Pour des raisons de sécurité, le ministère de l’Intérieur ne partage pas de
données par commune, mais seulement des agrégats par département.
Dans les départements du pourtour méditerranéen, près de 100% des policiers
municipaux sont ainsi armés. Longtemps, Nice a d’ailleurs été la ville avec la
plus grosse police municipale, avant d’être détrônée il y a quelques années par
Paris. La capitale comptait 1750 agents en 2024, selon un autre fichier publié
par le ministère de l’Intérieur après une demande de POLITICO.
Installée par Anne Hidalgo, la police municipale parisienne n’est armée que de
bombes lacrymogènes et de matraques. Les candidats de droite et d’extrême
droite, de Pierre-Yves Bournazel à Sarah Knafo en passant par Rachida Dati,
souhaiteraient l’équiper d’armes létales et gonfler encore ses rangs. Restant
opposé aux armes à feu, le socialiste Emmanuel Grégoire s’est dit prêt à “un
référendum”, si les missions de la police municipale étaient étendues.
A Bordeaux, 10e ville du classement avec 177 agents, la police municipale a
longtemps été non armée. L’année dernière, le maire écologiste a finalement
décidé de doter une soixantaine de policiers municipaux d’armes de poing.
Dans l’Ouest, très peu de policiers sont armés. Brest est la seule ville de plus
de 100 000 habitants sans police municipale. Cela pourrait changer : tous les
principaux candidats, dont le maire socialiste sortant et hormis celle de La
France insoumise, se sont exprimés en sa faveur de sa création. Son armement
fait néanmoins débat.
UN ARMEMENT PAR ÉTAPE, UNE LOI POUR DEMAIN
Il revient au maire de décider de quel armement dispose sa police. Si toutes les
polices ne sont pas équipées d’armes à feu, l’armement létal est aussi devenu un
argument mis en avant par les collectivités pour embaucher des agents.
Dans la foulée des attentats de 2015, qui ont notamment coûté la vie à Clarissa
Jean-Philippe, agente à Montrouge, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve
avait prêté des pistolets de l’Etat, développant fortement l’armement des
polices locales.
Entre 2021 et 2024, le nombre de policiers municipaux ayant des armes a feu a
ainsi augmenté de 50%, quand leur effectif global n’a crû que de 11%.
Toute la panoplie a également fait un bond : le recours aux pistolets à
impulsion électrique (les Tasers, principalement) et aux lanceurs de balles de
défense type flash-balls ont aussi augmenté de respectivement 47% et 70% entre
2021 et 2024.
Le gouvernement souhaite étendre à nouveau les pouvoirs des polices municipales
et des gardes champêtres via un projet de loi, déjà adopté par le Sénat par
l’ensemble des groupes à l’exception des communistes et des écologistes. Le
texte est programmé pour avril à l’Assemblée nationale.
Il prévoit notamment de faciliter la formation au port d’arme des agents et de
leur permettre d’utiliser des drones et des lecteurs automatiques de plaque
d’immatriculation pour verbaliser. Les sénateurs y ont ajouté la création d’une
autorisation nationale de port d’arme, qui permettrait à un agent de conserver
son droit même en cas de mutation.