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Richard Ferrand limoge Aurélie Bretonneau, numéro deux du Conseil constitutionnel
PARIS — C’est un petit séisme rue de Montpensier, siège du Conseil constitutionnel. Sa secrétaire générale, Aurélie Bretonneau, a été remerciée par Richard Ferrand, a appris POLITICO auprès de quatre sources internes. Dans un courriel envoyé en interne lundi 23 mars en fin de journée — et que POLITICO a pu consulter — Aurélie Bretonneau indique : “Le président Ferrand m’a annoncé avoir proposé au président de la République de mettre fin à mes fonctions en raison de divergences de vues sur la conduite de l’institution.” Ce limogeage inattendu doit désormais être officialisé par un décret en Conseil des ministres. Si les relations entre le président et sa secrétaire générale n’étaient pas au beau fixe d’après deux sources internes, aucun signe avant-coureur ne laissait présager une telle décision. Celle-ci surprend d’autant plus que la nomination d’Aurélie Bretonneau, fin mars 2025, avait été validée par Richard Ferrand, tout juste installé à la tête du Conseil constitutionnel. DES TENSIONS SUR LES ORDONNANCES Entre les deux, des “divergences” ont toutefois émergé ces derniers mois, notamment “sur la place du droit”, d’après deux sources internes. Selon l’une d’elles, des tensions sont apparues à la fin de l’année dernière. Le gouvernement envisageait alors de recourir aux ordonnances pour faire adopter son budget. Un débat entre spécialistes a rapidement émergé sur la compétence de la Rue de Montpensier dans pareil cas. La secrétaire générale a détaillé sa position dans une note, estimant d’une part que le contrôle du texte reviendrait au Conseil d’Etat et non au Conseil constitutionnel et d’autre part que ces ordonnances devaient se borner à la copie initiale présentée par le gouvernement, et donc sans la possibilité de conserver des amendements. Deux points dont le sens a déplu à Richard Ferrand. “Aurélie Bretonneau n’est pas du genre à transiger sur la défense de l’Etat de droit, ni sur la rigueur du raisonnement juridique, ni sur l’indépendance de l’institution. Si c’est cela qui a dérangé, c’est un problème majeur”, confie une haute fonctionnaire, qui dit son “immense perplexité”. Après trois années comme numéro deux du Secrétariat général du gouvernement, cette conseillère d’Etat avait succédé à Jean Maïa, qui avait épaulé Laurent Fabius pendant près de huit ans comme secrétaire général. A ce poste stratégique, elle pilotait le travail juridique de l’institution, supervisait l’instruction des dossiers et veillait à la solidité des décisions rendues rue de Montpensier. Contacté lundi soir, Richard Ferrand n’a pas répondu à l’heure où nous publions ces lignes. Aurélie Bretonneau n’a pas non plus souhaité commenter.
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3 choses à retenir des municipales à Paris
PARIS — Paris reste à gauche. Dimanche soir, Emmanuel Grégoire a filé en Vélib’ jusqu’à l’hôtel de ville une fois sa victoire proclamée. Anne Hidalgo l’y attendait pour lui remettre les clefs de la ville. UNE FRACTURE TOUJOURS VIVE ENTRE L’OUEST ET L’EST Le candidat de la gauche unie (hors LFI) l’a emporté largement face à ses deux adversaires avec 428  143 voix, soit un peu plus de la moitié des suffrages exprimés. Il capitalise sur sa large avance au premier tour (309 693 voix contre 207 613 pour la candidate LR), gagnant plus de 118 000 voix au second tour. Rachida Dati, malgré une fusion avec la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel, ne parvient pas à remonter son écart, malgré 144 000 nouvelles voix. L’Insoumise Sophia Chikirou régresse sur une semaine, perdant plus de 28 000 voix. C’est dans les quartiers de l’est de la capitale qu’Emmanuel Grégoire enregistre ses meilleurs scores, recevant plus de 75% des voix dans certains bureaux. Les bureaux de vote où Pierre-Yves Bournazel a fait ses meilleurs scores au premier tour se répartissent entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, en fonction de ce même découpage géographique. Le nord du 17e arrondissement fait la jonction entre les deux électorats. Le candidat Horizons avait dépassé les 20% dans trois bureaux de vote du 18e arrondissement, qui placent Emmanuel Grégoire largement en tête au second tour. A contrario, dans les 6e, 8e et 15e arrondissements, Rachida Dati semble en récolter les fruits. 103 CONSEILLERS DE PARIS POUR GRÉGOIRE Grâce à son score important, l’équipe d’Emmanuel Grégoire comptera 103 sièges au Conseil de Paris, soit un peu plus que la majorité de gauche sortante. Le dernier élu de sa liste est Yvain Bourgeat-Lami, le collaborateur du député socialiste Laurent Baumel. Rachida Dati sauve 51 conseillers de Paris. Sylvain Maillard (Renaissance), deuxième sur sa liste et artisan de la réforme du scrutin qui n’a finalement pas fait son bonheur, arrive pour la première fois au conseil de Paris. Tout comme le ministre chargé de l’Europe Benjamin Haddad (Renaissance) ou l’ancienne ministre Marlène Schiappa, qui figurait initialement sur la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizons). Sophia Chikirou comptera 9 insoumis dans son groupe. Elle sera notamment accompagnée par Rodrigo Arenas, député Insoumis parisien, ou Céline Verzeletti, syndicaliste à la tête de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat, qui avait échoué face à Danielle Simonnet (ex-LFI) lors des élections législatives en 2024. 3 NOUVEAUX MAIRES D’ARRONDISSEMENT Dans une déclaration teintée d’amertume, sans féliciter son adversaire ni même prononcer son nom, Rachida Dati a reconnu ne pas avoir “réussi à convaincre que le changement [était] non seulement possible mais nécessaire”. “Le poison de la division a produit ses effets”, a ajouté la candidate LR, en se gardant de désigner qui que ce soit. Rachida Dati pourra se consoler avec la mairie du 7e, qu’elle avait remportée dès le premier tour. Malgré le changement de scrutin, les arrondissements ne basculent pas. Trois arrondissements comptent cependant un nouveau maire à leur tête. Tête de liste sur le fil, en remplacement de l’Ecologiste Emmanuelle Pierre-Marie, accusée de “management toxique”, Lucie Castets est élue dans le 12e. David Belliard, chef de file des écologistes dans la capitale, devient maire du 11e arrondissement. Catherine Lécuyer (LR) l’emporte dans le 8e — elle remplace Jeanne d’Hauteserre, candidate dissidente qui a défrayé la chronique pour ses frais de représentation somptuaires. Anthony Lattier et Jason Wiels ont contribué à cet article.
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SONDAGE EXCLUSIF. A Marseille, Benoît Payan largement en tête ?
Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions lors des dernières heures de campagne. PARIS — Quelques soupirs de soulagement vont peut-être se faire entendre sur la Canebière à la lecture du sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par POLITICO. Selon cette étude, le Rassemblement national n’est pas en mesure de remporter Marseille. Donné à 39% des intentions de vote, le candidat d’extrême droite Franck Allisio accuserait un retard de 14 points sur le maire de gauche, Benoît Payan, crédité pour sa part de 53% des suffrages. Loin derrière, Martine Vassal, des Républicains, n’attirerait que 8% des voix pour ce second tour. Le sortant, s’il l’emporte, pourra remercier les électeurs Insoumis. Si un tiers de ceux ayant voté pour Sébastien Delogu au premier tour des municipales (11,94% des Marseillais) compte s’abstenir, selon Jean-Yves Dormagen, le président de Cluster 17, la quasi totalité de ceux qui voteront sont prêts à choisir un bulletin Benoît Payan (à 98%). De quoi aider l’élu à creuser l’écart avec le RN, alors que moins de deux points les séparait il y a une semaine (36,70% contre 35,02%). L’électorat de Martine Vassal est plus divisé. Elle en conserve presque la moitié, mais 32% lui préféreront le maire sortant ; 22% opteraient pour le candidat du RN. Difficile, si ces chiffres sont confirmés dans les urnes, de dire avec certitude ce qu’aurait changé le retrait de la présidente de la métropole, si Martine Vassal avait fait ce choix, explique Jean-Yves Dormagen : “Il aurait bénéficié aux deux, peut-être un tout petit plus à Benoît Payan, mais pas dans des proportions très fortes. Il y aurait sans doute eu plus d’abstention”.  (*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en ligne, entre le 18 et le 19 mars 2026, auprès de 738 personnes représentatives de la population de Marseille âgée de 18 ans et plus, dont 643 inscrites sur les listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas (genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 643 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 2,3 et 3,9 points.
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SONDAGE EXCLUSIF. A Paris, Emmanuel Grégoire favori devant Rachida Dati
Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions lors des dernières heures de campagne. PARIS — Après avoir pris l’avantage lors du premier tour, en recueillant 37,98% des voix, Emmanuel Grégoire semble en bonne position pour transformer l’essai dimanche. Le candidat socialiste est crédité de 48% des intentions de vote pour le second tour, en progression de 10 points, dans le sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par POLITICO ce vendredi. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo devancerait ainsi de 7 points sa principale adversaire, Rachida Dati (41%), à la tête d’une liste d’union de la droite et du centre — elle progresserait toutefois d’environ 15 points par rapport au premier tour, où elle a obtenu 25,46% des voix. Presque stable, en troisième position avec 11% des intentions de vote, la candidate Insoumise Sophia Chikirou n’est pas en capacité de jouer les arbitres. BALLE AU CENTRE Grégoire parviendrait donc à creuser l’écart avec Dati, bien que celle-ci ait fusionné sa liste avec une partie de celle du candidat Horizons et Renaissance, Pierre-Yves Bournazel, et qu’elle bénéficie du retrait de Sarah Knafo (Reconquête), qui avait recueilli 10% des voix. Cela s’explique notamment parce qu’une majorité (57%) des électeurs de “PYB” se reporterait sur le candidat de l’union de la gauche plutôt que sur sa rivale (42%). “A ce stade, le centre gauche et une bonne partie du centre votent plutôt Grégoire, ce qui fait la différence dans une ville comme Paris, qui vote plutôt à gauche”, analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. C’est ce que prouve l’analyse des clusters (la méthodologie de l’institut). Chez les “modérés”, l’ancienne ministre de la Culture est largement distancée (21% contre 78% pour Grégoire). Même constat chez les électeurs se disant “socio-démocrates” et “socio-républicains”, où le député de Paris est hégémonique (85% contre 14%). Dati profite en revanche du report quasi complet (99%) de l’électorat de Knafo, et surperforme dans les clusters traditionnels de la droite et de l’extrême droite, comme les “conservateurs” (95%), “identitaires” et “autoritaires” (97%). Mais ce pourrait être insuffisant pour conquérir la mairie. “Mécaniquement, elle ne peut pas gagner si elle n’a pas le centre avec elle”, souligne Dormagen, qui considère que “l’électorat de Bournazel est l’arbitre de l’élection”. A l’autre bout de l’échiquier politique, Sophia Chikirou conforte son résultat grâce à un électorat fidèle : près de 89% des Parisiens qui ont voté pour elle au premier tour récidiveraient au second. (*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en ligne, entre le 17 et le 19 mars 2026, auprès de 1 616 personnes représentatives de la population de Paris âgée de 18 ans et plus, dont 1 437 inscrits sur les listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas (genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 1 437 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 1,6 et 2,6 points.
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SONDAGE EXCLUSIF. Edouard Philippe en piste pour sa réélection au Havre
Edouard Philippe est en passe de réussir son pari : se faire réélire maire du Havre à 14 mois de la présidentielle. Le président d’Horizons est en effet crédité de 47% des intentions de vote dans un sondage Cluster 17 dévoilé en exclusivité par POLITICO jeudi. L’ancien Premier ministre bénéficie d’une avance de 8 points sur son adversaire principal, Jean-Paul Lecoq, candidat du Parti communiste (39%). En recueillant 43,76% des voix au premier tour, le maire sortant a déjoué les pronostics — et rassuré ses troupes chez Horizons — en se plaçant dans une position plus confortable qu’attendu, 10 points devant son poursuivant communiste. Soucieux de maintenir la mobilisation de ses partisans lors du second tour, Edouard Philippe s’est gardé de tout triomphalisme, dimanche dernier. Il faut dire qu’il est engagé dans une triangulaire inédite depuis 1995 dans la préfecture de Seine-Maritime après la qualification de Franck Keller (15,3%), candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), soutenu par le Rassemblement national. Parachuté au Havre, ce conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine est crédité de 14% des intentions de vote pour le second tour. 2027 EN LIGNE DE MIRE “Ce serait une surprise qu’Edouard Philippe perde l’élection”, commente Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. “L’enjeu symbolique” étant de savoir si Philippe parvient à être “majoritaire ou pas dans sa propre ville”, ajoute-t-il. La plus grande prudence s’impose néanmoins dans l’analyse des sondages de second tour, de manière générale, et surtout en cas de triangulaire. “Il y a beaucoup plus d’hésitation [des électeurs] et les reports de voix évoluent tous les jours”, explique Dormagen, soulignant que les “dynamiques” sont souvent fortes dans les entre-deux-tours, alors que les instituts captent l’opinion “à un instant T”. D’après son étude, 90% des électeurs de la candidate Insoumise Charlotte Boulogne (qui avait recueilli 4% des suffrages au premier tour) se reporteraient sur le député communiste de Seine-Maritime, quand les 10% restants choisiraient Edouard Philippe. Le maire sortant récupérerait aussi une faible part (14%) des électeurs au premier tour de Franck Keller. La candidature à la présidentielle d’Edouard Philippe a été l’un des thèmes de la campagne, ses deux adversaires estimant que le maire sortant délaissera sa ville dès lors qu’il sera reconduit dans ses fonctions. “Je suis entouré, j’ai dans mon équipe des gens capables d’endosser ce rôle de maire, mais nous n’en sommes pas là”, s’est défendu l’intéressé, lors du débat d’entre-deux-tours mercredi sur France 3 Normandie. (*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en ligne, entre le 16 et le 18 mars, auprès de 630 personnes représentatives de la population du Havre âgée de 18 ans et plus, dont 538 inscrits sur les listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas (genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base du premier tour de la présidentielle 2022, des élections municipales 2020 et européennes 2024. Pour 538 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 1,9 et 4,5 points.
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SONDAGE EXCLUSIF : A Perpignan, battre Louis Aliot semble mission impossible
Pas de suspense en vue à Perpignan, ou presque, tant la réélection de Louis Aliot semble le scénario le plus probable, les 15 et 22 mars prochains. Le maire Rassemblement national sortant est crédité de 46% des intentions de vote au premier tour des municipales dans le sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par POLITICO jeudi. “Il n’est pas loin d’une possible réélection dès le premier tour” qui se tiendra dimanche, constate Jean-Yves Dormagen, président de l’institut. Les oppositions sont loin derrière. La gauche est divisée : pas moins de trois listes se présentent devant les électeurs. La candidate PS-Place publique Agnès Langevine est créditée d’un score de 15%, tout comme son concurrent Insoumis, Mickaël Idrac. Juste derrière eux, à 14% des intentions de vote, on trouve la liste d’union de la droite et du centre menée par Bruno Nougayrède. Parti en dissidence contre l’avis du PS local (mais avec le soutien notamment du Parti communiste et du Parti radical de gauche), Mathias Blanc obtiendrait 9% des suffrages et serait dans l’impossibilité de se maintenir au second tour. La liste de Pascale Advenard (Lutte ouvrière) est créditée de 1%. “L’ESPACE MACRONISTE EST EN VOIE DE DISPARITION” Si Louis Aliot est si haut dans les estimations, c’est bien sûr parce qu’il est “très fort” à droite et à l’extrême droite, un électorat majoritaire dans cette ville, note Jean-Yves Dormagen. L’étude des clusters, ou catégories de population, (la méthodologie de l’institut) le montre bien : le maire sortant convainc 91% des “conservateurs”, “antiassistanat” et “traditionnalistes”, 92% des “réfractaires” et “sociaux-patriotes” et 87% des “identitaires” et “autoritaires”. “Il fait presque totalement le plein dans l’électorat RN et Reconquête”, ajoute le sondeur. La condamnation de Louis Aliot à une peine d’inéligibilité de trois ans en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national — il a fait appel et prévoit de se pourvoir en cassation si la peine était confirmée le 7 juillet prochain — n’a donc manifestement pas atteint sa cote de popularité, malgré les tentatives de ses opposants d’en faire un sujet de la campagne. En face, les oppositions de gauche pâtissent de leurs divisions. “Même en faisant la somme des trois listes, leur camp n’a quasiment aucune chance de gagner et en étant aussi divisé, cela renforce cette perception”, pointe le président de Cluster 17. A l’entendre, le maire sortant sait parfaitement jouer avec cette fragmentation : son avance est telle qu’il y a “un petit côté démobilisateur”, ajoute Jean-Yves Dormagen. Dernier point notable : l’effondrement de la droite et du centre. Alors que le candidat Bruno Nougayrède bénéficie du soutien de tous les partis de droite et du centre, il n’est donné qu’à 14% des intentions de vote, coincé entre la gauche et le RN. “A Perpignan, l’espace macroniste est en voie de disparition”, observe Dormagen, qui rappelle que cette tendance n’est pas nouvelle. En 2024, lors des élections européennes, la liste Renaissance de Valérie Hayer n’avait obtenu que 10,98% des voix, celle du LR François-Xavier Bellamy, 4,61%. (*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 11 mars 2026, via des questionnaires autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 617 personnes, représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Perpignan, âgée de 18 ans et plus, dont 521 personnes inscrites sur les listes électorales. L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 521 personnes est comprise entre 1,9 et 4,5 points.
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En Bretagne, le RN rêve de percer dans les conseils municipaux
BREST — Ce sont deux cartes qui hantent encore la plupart des élus locaux de gauche en Bretagne. Celle des européennes de 2024 où, pour la première fois, le Rassemblement national est arrivé en tête dans la région (avec 25,58% des voix). Et celle des législatives anticipées, un mois plus tard, où le parti s’est qualifié dans 26 circonscriptions sur les 27 que compte la région. Un record pour une zone réputée très majoritairement imperméable aux idées du parti fondé par Jean-Marie Le Pen, lui-même originaire de La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan. Si cette percée au premier tour n’a pas permis à l’extrême droite de décrocher des sièges de députés au second tour, elle a tout de même eu l’effet d’un avertissement : “La Bretagne n’est pas une île, et la mer monte”, s’inquiète auprès de POLITICO Jean-Jacques Urvoas, ex-ministre socialiste de la Justice et professeur de droit public à l’Université de Brest.  Le parti d’extrême droite veut cette fois transformer l’essai. “La marche à franchir pour le RN, pour atteindre la présidence de la République, c’est de gagner des voix dans les territoires où ils sont bas. Et donc ils tapent très fort chez nous”, confirme le président du conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, en référence à la venue récente de Jordan Bardella et aux prises de positions du RN en défense des pêcheurs ou des agriculteurs.  Dans certains bastions de gauche, comme Brest et Rennes, le RN a présenté des listes avec l’ambition de dépasser la barre des 10% le 15 mars, soit le seuil de qualification au second tour. Le parti espère ainsi se faire une place dans les conseils municipaux des deux villes, alors qu’ils n’y ont jamais figuré. “L’idée, c’est de faire connecter notre politique nationale avec la politique locale”, explique Théo Thomas, candidat RN à la mairie de Lorient.  DEUX FIGURES LOCALES  Pour incarner son nouvel ancrage dans les deux grandes villes de la région, le RN peut compter sur des candidats de poids : Yves Pagès, à Brest, et Julien Masson, à Rennes.  Le premier, qui se présente dans la presse brestoise comme un macroniste déçu, a rejoint les troupes de Jordan Bardella il y a deux ans. Âgé de 77 ans, il est l’ancien maire MoDem d’une grosse commune voisine, celle de Plouzané, et ancien vice-président de Brest métropole. “C’est une figure locale forte, présente de longue date et plutôt respectée. Ce n’est pas un militant venu de nulle part”, résume Romain Pasquier, professeur à Sciences Po Rennes. Un profil qui pourrait s’avérer payant dans les urnes. “Il n’est pas exclu que le RN arrive deuxième au premier tour. Yves Pagès profite, en plus, de sa compétence d’ancien maire auprès des électeurs”, pronostique Jean-Jacques Urvoas. Une intuition renforcée par les résultats du RN lors des européennes : dans la préfecture du Finistère, la liste de Bardella était arrivée en deuxième position, avec 21,06% des suffrages. Soit un petit point derrière celle de Raphaël Glucksmann. Le deuxième, Julien Masson, qui tire la liste RN-UDR à Rennes, n’est pas non plus un inconnu puisqu’il est le porte-parole du parti en Ille–et–Vilaine. Le quadra a fait ses armes comme conseiller du maire LR de Saint-Malo, Gilles Lurton, et collabore au conseil régional avec l’ex-directeur général du parti à la flamme, Gilles Pennelle. D’après le sondage Cluster 17 dévoilé cette semaine par POLITICO, il est crédité de 7% des intentions de vote le 15 mars. Une estimation à peine en dessous du score du RN dans la ville lors des élections européennes — Jordan Bardella avait obtenu 9,42% des suffrages, bien loin cependant de ses 31,37% au niveau national. PARIER SUR LA JEUNESSE  Derrière ces figures connues localement, la stratégie d’implantation du RN n’est pas si évidente à mettre en place dans le reste de la région. Le parti d’extrême droite souhaitait initialement présenter une liste dans chaque commune bretonne. Il n’y est finalement parvenu que dans plusieurs villes de taille moyenne comme Fougère, près de Rennes, ou Lorient, Morlaix et Concarneau. Faute d’avoir des candidats déjà implantés partout, le Rassemblement national a aussi fait le choix de l’avenir en misant sur des profils souvent très jeunes pour le représenter — comme l’a pointé récemment le média breton indépendant Splann!. D’après le professeur spécialiste en mutation des territoires Romain Pasquier, le parti incite la nouvelle génération à se présenter dans l’optique des élections qui suivront, avec l’idée que ces jeunes pousses vont s’implanter durablement au niveau local.  Ainsi, dans les Côtes-d’Armor, où les candidats RN ont fait une percée flagrante aux législatives de 2024, c’est une étudiante de 19 ans, Blanche Le Goffic, qui défend la seule liste du parti dans le département, chez elle, à Lannion. A Lorient, c’est donc le Lorientais Théo Thomas, 28 ans, qui figure en tête de liste. “Les candidats sont jeunes, mais ils ont fait toute leur vie là-bas à l’exception, pour certains, de la période des études”, souligne ce dernier. Si le RN ne paraît pas encore en mesure de remporter une mairie bretonne, il parie donc sur un ancrage dans la région. “Les futurs élus du RN en Bretagne seront tous sur la même ligne pour pousser nos sujets prioritaires [dans les conseils municipaux, NDLR]. L’implantation du parti vient toute seule une fois que nous faisons le travail”, estime Théo Thomas, qui assure qu’il n’y a jamais eu une équipe aussi structurée à Lorient. S’ajoutent à cela les militants RN des petites villes de moins de 3000 habitants, qui intègrent des listes souvent classées sans étiquette, souligne Loïg Chesnais-Girard. “On se bat pied à pied contre ça car, dans l’histoire récente, c’est inédit”, souligne-t-il.  Anthony Lattier a contribué à cet article.
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SONDAGE EXCLUSIF : Nicolas Mayer-Rossignol grand favori des municipales à Rouen
Maire depuis 2020, Nicolas Mayer-Rossignol, à la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI) fait figure de grand favori de cette élection municipale. Dans un sondage réalisé par Cluster 17* et dévoilé en exclusivité par POLITICO mercredi, le socialiste est crédité de 42% des intentions de vote au premier tour et fait la course loin devant son adversaire Horizons Marine Caron. Candidate de l’union de la droite et du centre, celle-ci recueillerait 26% des voix selon l’institut. Deux candidats complètent le podium : Grégoire Houdan (Rassemblement national) et Maxime Da Silva (La France insoumise) sont tous deux estimés à 15% et auraient donc la possibilité de se maintenir au second tour, ouvrant la voie à une quadrangulaire sans grand suspense. “A partir du moment où le maire sortant fait plus de 40% des voix au premier tour, il part avec un très gros avantage et on a du mal à voir qui pourrait le battre”, analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. Fait notable : “NMR” performe dans toutes les catégories de population ou clusters (selon la méthodologie de l’institut), ce qui est “relativement rare”, souligne le sondeur. Sa liste d’union de la gauche est très forte dans l’électorat de gauche : il convainc 70% des “sociaux-démocrates” et “sociaux-républicains”, 41% des “solidaires” et “révoltés”, traditionnellement plus portés vers LFI, et 49% des “multiculturalistes”, cet électorat progressiste sur les questions de société et notamment sensible aux enjeux écologiques. Mais il attire aussi certains électeurs du centre et de la droite. Le maire sortant parvient ainsi à convaincre 28% des “centristes et libéraux”, ou 22% des “réfractaires” et “sociaux-patriotes”, deux électorats se tournant majoritairement vers le RN. “On est ici dans une logique de maire qui rassemble, au-delà de leur coalition, qu’on observait plus fréquemment dans le passé”, décrypte Jean-Yves Dormagen. Face à lui, la candidate de la droite et du centre, Marine Caron, peine à faire le plein. “Elle n’arrive pas à avoir tout l’électorat Renaissance”, relève le sondeur, qui pointe qu’il n’y a “pas de logique de vote utile de l’ensemble des conservateurs”. Elle “ne capte pas du tout ou très mal l’électorat RN”, ajoute-t-il, émettant l’hypothèse que la candidate paye, dans cet électorat très anti-Macron, le fait d’être soutenu par Horizons, Renaissance et le MoDem. (*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 10 mars 2026, via des questionnaires autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 671 personnes, représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Rouen, âgée de 18 ans et plus, dont 504 personnes inscrites sur les listes électorales. L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 504 personnes est comprise entre 1,9 et 4,5 points.
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SONDAGE EXCLUSIF. Aux municipales à Lille, avantage PS mais second tour incertain
Lecteurs socialistes de Lille, ne sablez pas le champagne tout de suite. Certes, le maire PS de la capitale des Flandres, Arnaud Deslandes, s’affiche en tête du sondage Cluster 17 que POLITICO dévoile ce mardi en exclusivité, avec 26% des intentions de vote au premier tour des municipales qui se tiendra dimanche. Mais il n’est pas le seul représentant de la gauche à pouvoir sérieusement prétendre au fauteuil de Martine Aubry, qui fut maire pendant 23 ans avant de lui passer les rênes en 2025. L’héritier est concurrencé par deux autres listes, toutes deux données à 19% : celle de l’Ecologiste Stéphane Baly,et celle de l’Insoumise Lahouaria Addouche. De quoi donner aux Verts des airs de faiseurs de rois, nul n’imaginant le maire sortant s’acoquiner avec les mélenchonistes. “Si Baly s’associe avec le PS, c’est gagné pour Deslandes ; s’il y a une liste Ecolos-LFI, [celle-ci] devient favorite”, expose ainsi Jean-Yves Dormagen. Mais Baly n’ayant échoué à vaincre Aubry qu’à quelque 200 voix en 2020, et vu les scores relativement élevés des trois candidats de gauche, chacun pourrait avoir envie de tenter sa chance en solitaire. L’HYPOTHÈSE SPILLEBOUT Ce qui ouvrirait une petite fenêtre d’espoir à Violette Spillebout, la députée Renaissance soutenue par Horizons et le MoDem : créditée de 16% des intentions de vote, elle pourrait profiter d’une quadrangulaire pour créer la surprise. Son destin dépendra aussi du Rassemblement national : l’eurodéputé Matthieu Valet, avec ses 12%, peut prétendre à une qualification (il doit pour ce faire recueillir au moins 10% des suffrages). En son absence, Spillebout pourrait capter son électorat au second tour, ainsi que celui du prétendant Les Républicains, Louis Delemer, promis à une élimination s’il n’atteint effectivement que 6% des voix. Auquel cas, la députée “pourrait ne pas être loin, à la fin, du score du gagnant”, imagine Dormagen. (*) Etude réalisée par Cluster 17, du 3 au 6 mars 2026, via des questionnaires autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 773 personnes, représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Lille, âgée de 18 ans et plus, dont 652 personnes inscrites sur les listes électorales à Lille. L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 652 personnes est comprise entre 1,6 et 3,5 points.
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La police municipale se développe, armes au poing
PARIS — En France, près de deux tiers des policiers municipaux sont équipés d’une arme à feu, selon des chiffres obtenus auprès du ministère de l’Intérieur par POLITICO, soit 17 800 sur les 28 400 agents en activité en 2024. Cinq ans plus tôt, ils étaient 13 700 à être équipés. A quelques jours des élections municipales, l’armement létal de ces policiers figure dans de nombreux programmes. Dans les principaux partis, seule La France insoumise milite clairement pour leur désarmement. Le parti conteste le désengagement de l’Etat de son rôle régalien et appelle plutôt à un renforcement de la police nationale et de la gendarmerie. Modernisée en 1999, la police municipale, placée sous l’autorité du maire, s’est développée par palier, surtout en milieu urbain. Et la tendance est à la hausse, avec des édiles toujours tentés de recruter. DES VARIATIONS SELON LES DÉPARTEMENTS Sur l’ensemble du territoire, la proportion de policiers municipaux disposant d’au moins une arme s’élève à 80%, qu’il s’agisse d’armes de poing, de pistolets à impulsion électrique, de flash-balls ou d’armes de catégorie inférieure (bombe lacrymogène, matraque), moins dangereuses. Mais des disparités existent. Pour des raisons de sécurité, le ministère de l’Intérieur ne partage pas de données par commune, mais seulement des agrégats par département. Dans les départements du pourtour méditerranéen, près de 100% des policiers municipaux sont ainsi armés. Longtemps, Nice a d’ailleurs été la ville avec la plus grosse police municipale, avant d’être détrônée il y a quelques années par Paris. La capitale comptait 1750 agents en 2024, selon un autre fichier publié par le ministère de l’Intérieur après une demande de POLITICO. Installée par Anne Hidalgo, la police municipale parisienne n’est armée que de bombes lacrymogènes et de matraques. Les candidats de droite et d’extrême droite, de Pierre-Yves Bournazel à Sarah Knafo en passant par Rachida Dati, souhaiteraient l’équiper d’armes létales et gonfler encore ses rangs. Restant opposé aux armes à feu, le socialiste Emmanuel Grégoire s’est dit prêt à “un référendum”, si les missions de la police municipale étaient étendues. A Bordeaux, 10e ville du classement avec 177 agents, la police municipale a longtemps été non armée. L’année dernière, le maire écologiste a finalement décidé de doter une soixantaine de policiers municipaux d’armes de poing. Dans l’Ouest, très peu de policiers sont armés. Brest est la seule ville de plus de 100 000 habitants sans police municipale. Cela pourrait changer : tous les principaux candidats, dont le maire socialiste sortant et hormis celle de La France insoumise, se sont exprimés en sa faveur de sa création. Son armement fait néanmoins débat. UN ARMEMENT PAR ÉTAPE, UNE LOI POUR DEMAIN Il revient au maire de décider de quel armement dispose sa police. Si toutes les polices ne sont pas équipées d’armes à feu, l’armement létal est aussi devenu un argument mis en avant par les collectivités pour embaucher des agents. Dans la foulée des attentats de 2015, qui ont notamment coûté la vie à Clarissa Jean-Philippe, agente à Montrouge, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait prêté des pistolets de l’Etat, développant fortement l’armement des polices locales. Entre 2021 et 2024, le nombre de policiers municipaux ayant des armes a feu a ainsi augmenté de 50%, quand leur effectif global n’a crû que de 11%. Toute la panoplie a également fait un bond : le recours aux pistolets à impulsion électrique (les Tasers, principalement) et aux lanceurs de balles de défense type flash-balls ont aussi augmenté de respectivement 47% et 70% entre 2021 et 2024. Le gouvernement souhaite étendre à nouveau les pouvoirs des polices municipales et des gardes champêtres via un projet de loi, déjà adopté par le Sénat par l’ensemble des groupes à l’exception des communistes et des écologistes. Le texte est programmé pour avril à l’Assemblée nationale. Il prévoit notamment de faciliter la formation au port d’arme des agents et de leur permettre d’utiliser des drones et des lecteurs automatiques de plaque d’immatriculation pour verbaliser. Les sénateurs y ont ajouté la création d’une autorisation nationale de port d’arme, qui permettrait à un agent de conserver son droit même en cas de mutation.
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