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Olivier Colom, le “grand ami” français de Jeffrey Epstein
OLIVIER COLOM, LE “GRAND AMI” FRANÇAIS DE JEFFREY EPSTEIN Pendant des années, un ancien conseiller diplomatique à l’Elysée a joué pour Jeffrey Epstein l’intermédiaire entre politiques, hauts fonctionnaires et personnalités du monde des affaires. By  PAUL DE VILLEPIN, MARION SOLLETTY AND PAULINE DE SAINT REMY Illustration par Natália Delgado/POLITICO PARIS — “Est-ce que Sarkozy est dans les parages, j’aimerais le rencontrer si tu crois que ça peut être marrant”, écrit Jeffrey Epstein à Olivier Colom, par mail, en octobre 2013. Le Français à qui le multimillionnaire américain s’adresse est un ancien membre de la cellule diplomatique de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy. Son nom, jusque-là inconnu du grand public, apparaît à plusieurs centaines de reprises parmi les trois millions de documents publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice, baptisés “Epstein files”. En remontant le fil de la correspondance entre ces deux hommes, qui s’étale sur plusieurs années, POLITICO en a appris un peu plus cette relation. Celle-ci en dit beaucoup sur la façon dont Epstein, condamné dès 2008 dans une procédure de plaider-coupable pour avoir eu des relations sexuelles tarifées avec des mineures, avant d’être inculpé en 2019 dans une procédure fédérale plus lourde pour des faits de trafic sexuel sur mineurs, a tissé sa toile en France. C’est en 2011 qu’Olivier Colom apparaît pour la première fois dans la boîte mail jeevacation@gmail.com, l’une des principales adresses électroniques utilisées par le financier. Vingt mois après être sorti d’un centre de détention en Floride, Epstein est de passage à Paris où il possède un appartement avenue Foch, dans le XVIe arrondissement. Au cours de ce séjour, le diplomate et ex-ministère norvégien Terje Roed-Larsen, proche d’Epstein, lui suggère dans un message de rencontrer Colom. Cet énarque de 41 ans est alors conseiller diplomatique à l’Elysée, où il est chargé des affaires globales et de la préparation des sommets internationaux pour le président de la République Nicolas Sarkozy. PANTOUFLAGE ET ENTREGENT Parmi ceux qui ont côtoyé Colom au travail, plusieurs personnes dépeignent, sous couvert d’anonymat, un “bon diplomate, très sociable” ou encore un homme “posé et caustique”. “C’était quelqu’un de très gentil, très smart et très professionnel, qui ne s’est jamais comporté de manière déplacée”, raconte une cheffe d’entreprise, mise en relation avec lui par Epstein au milieu des années 2010. “Il était très imbu de lui-même”, nuance l’une des ses anciennes relations de la banque. De 2013 à 2018 au moins, Colom et Epstein seront en contact régulier. Après son départ de l’Elysée en 2012, le Français nourrit un certain ressentiment à l’égard de la Sarkozie, pour n’avoir pas hérité d’un poste à la hauteur de ses espérances, d’après plusieurs ex-collègues au Palais. Il se reconvertit alors dans le privé, rejoignant en 2013 le groupe bancaire Edmond de Rothschild. Il y travaille avec la belle-fille du fondateur et membre du conseil d’administration, Ariane de Rothschild. Une femme avec qui Jeffrey Epstein lui-même entretenait de longue date des interactions fréquentes sur des questions tant professionnelles que personnelles, comme l’attestent des centaines de mails. Contactée, celle qui est désormais patronne de l’établissement bancaire nous a fait savoir, par un porte-parole, qu’elle n’avait “aucune connaissance de la conduite et du comportement personnel de M. Epstein” à l’époque, et qu’elle a été “profondément choquée par les agissements révélés ces dernières années”. Elle “condamne sans ambiguïté ces comportements et les crimes dont il s’est rendu coupable”. EPSTEIN VEUT RENCONTRER SARKOZY Dans toute la période, le Français joue ou prétend jouer le rôle d’ouvreur de portes à Paris pour son “grand ami” américain. “Quand tu seras à Paris, quel genre de personnes souhaites-tu rencontrer ?”, le questionne Colom le 24 septembre 2013. Réponse d’Epstein : “Des intellos, scientifiques… ou de très très mignonnes vingtenaires”. Les deux hommes prennent pour habitude de se voir à l’occasion de leurs allées et venues respectives entre New York et Paris. Des morceaux de l’agenda d’Epstein, qui figurent dans ses mails, attestent de rendez-vous réguliers. Epstein propose à plusieurs reprises à Colom de séjourner sur son île privée, située dans les Îles Vierges des Etats-Unis. Si Colom répond en août 2013 qu’il “adorerait découvrir [l’] île un jour”, rien n’indique que ce dernier s’y soit rendu. Les deux hommes échangent en revanche blagues douteuses et allusions à caractère sexuel. “Tu es où en ce moment ?”, demande par exemple Colom à Epstein le 17 juin 2013. “Sur mon île dans les Caraïbes, avec un aquarium rempli de filles.” Dans la même conversation, ils semblent ensuite évoquer, dans un double langage, leurs préférences sexuelles, comparant les femmes à des poissons et crustacés. Dans ses messages, Colom laisse penser qu’il se plie en quatre, fin 2013 et début 2014, pour tenter d’organiser une rencontre entre Epstein et Nicolas Sarkozy, dont il a été le sherpa-adjoint à l’Elysée, à la demande expresse du multimillionnaire. Le 31 octobre 2013, le Français écrit : “Je déjeune avec lui [Sarkozy] mardi prochain 5 novembre, je lui demanderai.” Quelques semaines plus tard, Olivier Colom, qui indique à plusieurs occasions être resté en contact avec l’ex-locataire de l’Elysée, demande à Epstein s’il lui serait possible d’organiser un “rendez-vous discret entre Sarko et Hillary Clinton à NY”. Le 24 janvier 2014, Epstein propose à Colom de venir chez lui, avenue Foch, en compagnie de Nicolas Sarkozy pour discuter de la situation au Moyen-Orient avec Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien. Les mails ne permettent néanmoins pas d’établir si ces entrevues ont finalement eu lieu. Interrogé par POLITICO, le cabinet de Nicolas Sarkozy, après recherche, confirme qu’une rencontre publique avec Hillary Clinton a bien eu lieu en avril 2014, mais n’a pas trouvé trace d’une aide d’Olivier Colom pour organiser l’entrevue. Aucune trace non plus d’une rencontre avec Ehud Barak et Epstein, Olivier Colom s’étant d’ailleurs, à partir 2012, peu à peu éloigné de l’ancien président, qui avait ses propres conseillers diplomatiques. RÉSEAUTAGE À TOUS LES ÉTAGES Un autre homme politique français, Bruno Le Maire, a rencontré Jeffrey Epstein par l’entremise d’Olivier Colom. En septembre 2013, le Français informe ainsi l’Américain de son voyage imminent à New York et lui indique que son “ami” Bruno Le Maire “ex-ministre de Sarkozy et futur candidat à l’élection présidentielle sera également ‘en ville’”. Colom précise alors que celui qui fut aussi son camarade de promotion à l’Ena, cherche à lever des fonds. Contacté par POLITICO, l’entourage de Bruno Le Maire confirme qu’il s’est bien rendu, lors d’un passage à New-York en septembre 2013, à la résidence new-yorkaise d’Epstein dans le très chic Upper East Side, Colom lui ayant fait savoir que des “responsables économiques” souhaitaient le rencontrer. Ce n’est qu’en arrivant sur place que le futur patron de Bercy aurait découvert qu’il se trouvait chez Epstein — il ne serait resté que quelques minutes avant de “tourner les talons”.   Quelques années plus tard, le 24 novembre 2018, alors que Bruno Le Maire est désormais ministre de l’Economie et des Finances d’Emmanuel Macron, Epstein demande à Colom s’il a “gardé contact avec Bruno ?”.  Celui-ci lui répond “qu’il le voit régulièrement”, ainsi que “son directeur de cabinet” — Emmanuel Moulin à l’époque. Dans une correspondance précédente, peu après la nomination de Bruno Le Maire à Bercy, Colom se targue même d’être “l’un des plus vieux amis” de celui qui est aujourd’hui secrétaire général de l’Elysée. Le prétendu entremetteur se pousse-t-il du col ? Oui, d’après Emmanuel Moulin, qui a connu Olivier Colom du temps où tous deux travaillaient à l’Elysée. Sollicité par POLITICO, celui-ci nous affirme ne l’avoir rencontré, dans les années qui suivirent, qu’“une ou deux fois en 2017” tout au plus, dans un cadre professionnel — depuis 2016, Colom, après avoir quitté Edmond de Rothschild, travaille comme consultant à l’international via sa société de conseil “OC Advisory”. Grâce à son carnet d’adresses dans le corps diplomatique, Colom propose encore à son ami américain, en 2013, de rencontrer le représentant permanent de la France à l’ONU. Epstein sollicite aussi son aide pour obtenir un rendez-vous avec le  consul de France à New York — Bertrand Lortholary, aujourd’hui ambassadeur en Chine —, afin de renouveler le visa Schengen de l’un de ses assistantes qu’il présente également comme sa petite amie. Dans un autre échange, daté de juillet 2013, les deux hommes spéculent sur le nom du futur ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Epstein laisse entendre à Colom qu’il pense savoir qu’Anna Wintour, encore puissante patronne de Vogue US, est candidate, ce que la presse évoquait à l’époque. Les échanges révèlent que Jeffrey Epstein, pourtant réputé pour son vaste réseau de relations, comptait sur Olivier Colom pour constamment lui présenter des personnalités marquantes lors de ses passages à Paris. “Es-tu dans le coin aujourd’hui ? Je serais ravi de rencontrer toute personne dont tu penses qu’elle me plairait”, lui écrit Epstein en juin 2013. Colom s’exécute et propose à Epstein de rencontrer tout à tour un ami eurodéputé (dont l’identité n’est pas citée), une star montante de la politique indienne ou encore, en mai 2014, le “vice-ministre russe de l’économie” avec qui Colom dit qu’il s’apprête à prendre un verre dans un bar parisien. Une autre fois, il lui raconte un dîner chez Jean Todt [président de la fédération internationale de l’automobile] en présence de l’ancien premier ministre du Qatar, Abdallah ben Khalifa Al Thani et de Rachida Dati. “Ça a l’air drôle, mais où sont les filles mignonnes”, rétorque Epstein. Réponse de son correspondant français : “Nulle part… ennuyeux. Il faut vraiment que je vienne te voir.” RENVOI D’ASCENSEUR En retour, le financier propose également à Colom de profiter de son réseau. En septembre 2013, Epstein propose par exemple de le convier à un repas avec Ehud Barak, dont Epstein était proche, ou encore avec Joshua Cooper Ramo, qu’il présente comme le ‘bras droit de [Henry] Kissinger. Au milieu de leurs échanges décousus, tantôt au sujet d’opportunités d’affaires, de voyages ou de montages financiers, apparaissent des propositions plus inattendues. “Tu veux acheter un vignoble à Margaux, j’ai une grosse propriété qui n’attend que toi”, fait miroiter Colom en avril 2014. Quelques mois auparavant, il s’enquiert des recherches de petit personnel d’Epstein : “Je me renseigne pour ta future assistante, mais il faut que tu en embauches une pas trop jolie…”, ose-t-il. Une autre fois, ayant eu vent — par Ariane de Rothschild — de sa quête d’un majordome, il lui suggère le profil d’un homme “qui servait Sarko à l’Elysée”. Au gré de leurs correspondances se dessine entre les deux hommes une relation allant au-delà de la sphère professionnelle. Dès 2013, ils sont suffisamment proches pour échanger des remarques salaces, comme évoqué plus haut. Leur amitié s’assortit aussi d’un soutien moral et matériel pour Colom lorsque, en 2014, celui qui est alors banquier d’affaires traverse une mauvaise passe sur le plan personnel. L’ex-diplomate fait part au financier de ses problèmes conjugaux, trouvant chez Epstein une oreille compatissante. “Merde alors [sic], tu es le bienvenu pour venir te reposer sur l’île”, lui écrit ainsi ce dernier. Trois mois plus tard, à en croire leurs échanges, il met à disposition de Colom son chauffeur ainsi qu’un appartement, lors d’un voyage familial de ce dernier à New York. L’été suivant, en 2015, Colom, manifestement frustré par sa situation financière, demande conseil à Epstein : “Je ne gagne pas assez, j’adorerais venir te voir”, confie-t-il, tout en informant Epstein de son divorce imminent. “Tu peux venir me voir quand tu veux, où tu veux”, je suis toujours disponible pour toi”, le rassure Epstein.  De fait, Epstein aidera manifestement Colom à négocier son départ du groupe Edmond de Rothschild où il officie alors comme secrétaire général jusqu’à début 2016. A l’issue d’intenses échanges, Epstein l’informe en effet le 3 février 2016 qu’Ariane de Rothschild — qui est en copie du mail — est d’accord pour lui accorder une indemnité de départ de 1,5 million d’euros étalé sur plusieurs mois et que Colom est désormais soumis à un accord de confidentialité. Contacté par différents canaux, Olivier Colom a décliné un échange téléphonique et nous a invités à lui transmettre nos questions par écrit. Il n’a plus donné suite malgré nos relances.
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SONDAGE EXCLUSIF : à Paris, Grégoire en hausse, Dati stagne, Knafo qualifiée
Son entrée tonitruante dans la campagne a déjà produit des effets : Sarah Knafo atteint pour la première fois la barre des 10% d’intentions de vote aux municipales de mars à Paris (soit le seuil de qualification pour le second tour), dans un sondage* réalisé par l’institut Cluster 17 que POLITICO publie en exclusivité. Le score de la candidate de Reconquête ouvre la voie à une possible quinquangulaire, avec le maintien de cinq candidats. “Sarah Knafo récupère un tiers des électeurs qui ont voté Rassemblement national aux européennes et un quart de ceux qui ont voté Les Républicains”, constate Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. La candidate de Reconquête progresse de quatre points par rapport à la dernière étude de l’institut au mois de novembre, où elle ne s’était pas encore lancée dans la bataille. Cette dynamique se fait au détriment du candidat du RN, Thierry Mariani, qui perd deux points d’intentions de vote (il chute à 4%) mais aussi de Rachida Dati. La ministre de la Culture, pourtant en campagne active, recule d’un point (26%) par rapport à novembre. “Dati n’est pas sur une bonne dynamique de campagne, elle est prise en tenaille”, ajoute Dormagen. L’analyse des intentions de vote en fonction de l’appartenance à des “clusters” types que réalise l’institut de sondages montre que Dati est “concurrencée sévèrement sur plusieurs espaces”, selon Dormagen. A sa droite, Sarah Knafo capte une partie de l’électorat étiqueté “conservateur” par Cluster 17. A sa gauche, Pierre-Yves Bournazel, le représentant d’Horizons, séduit une partie importante des électeurs “centristes” et “libéraux”. Ce proche d’Edouard Philippe, soutenu par Renaissance, se maintient à 14% d’intentions de vote. “Pour Dati, il est quasiment impossible de gagner en cas de maintien [à la fois] d’une liste plus à droite et d’une liste plus au centre”, estime le sondeur. “Il faudra qu’on rassemble tout le monde”, a admis la ministre de la Culture sur RTL, dimanche, adoptant un ton plus mesuré à l’égard de Bournazel qu’elle n’avait pas ménagé jusqu’à présent. LES ECOLOGISTES FONT GRIMPER GRÉGOIRE En face, Emmanuel Grégoire marque des points avec le ralliement de l’écologiste David Belliard et du communiste Ian Brossat, mi-décembre : le socialiste fait la course en tête et gagne trois points (33%) par rapport à novembre, tandis que Sophia Chikirou (La France insoumise) en perd deux (12%), mais reste en situation de se maintenir. A noter que le député de Paris séduit 27% des électeurs de l’Insoumise Manon Aubry lors des européennes de 2024. “Comme l’avait fait Anne Hidalgo, Grégoire est en train de prendre l’électorat ‘multiculturaliste‘ (63% des intentions de vote), un groupe décisif à Paris ; c’est un vrai problème pour Sophia Chikirou”, remarque Jean-Yves Dormagen — cette catégorie d’électorat, surreprésentée dans les grandes villes, est notamment sensible aux enjeux sociaux et environnementaux, selon la typologie de l’institut. Il y voit une conséquence de l’alliance passée avec le candidat Vert : “Cette gauche a beaucoup de sympathie pour les écolos et accorde une prime à l’union.” (*) Sondage réalisé par Cluster 17 pour POLITICO entre le 28 et le 31 janvier 2026 sur un échantillon de 1201 Français dont 1104 inscrits sur les listes électorales à Paris, et représentatifs de la population parisienne, par âge, genre, catégorie socioprofessionnelle, arrondissements d’habitation et votes antérieurs (Présidentielle 2022, Européennes 2024 et Municipales 2020). La marge d’erreur pour 1104 personnes est comprise entre 1,5 et 2,8 points.
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Alpes 2030 : un an de tensions et de prises de bec
L’ambiance est grave, ce lundi 26 janvier, alors que les membres du bureau exécutif du projet “Jeux olympiques Alpes françaises 2030” sont réunis virtuellement. Derrière leurs écrans, les participants — représentants de l’Etat, direction du Cojop, présidents des collectivités concernées — écoutent, concentrés, l’intervention du président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier. L’accent chantant de cet ancien médecin du sport, aux 35 ans de carrière politique, ne masque pas la contrariété : ne serait-il pas temps “d’arrêter le délire”, interroge-t-il au micro, avant d’inviter les uns et les autres à unir leurs forces pour la réussite du projet. Fabrice Pannekoucke, homologue de Muselier au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, prévient à son tour : “Maintenant, il faut que ça délivre.” Ce double rappel à l’ordre, quoiqu’il jette un léger froid, n’est pas tout à fait une surprise, pour les membres du bureau exécutif, qui ne le savent que trop bien : depuis son attribution par le CIO en 2024, le projet des Jeux olympiques 2030, notamment porté par ces deux présidents de région, ne cesse d’enchaîner les accrocs.  Dernière en date : le départ, annoncé vendredi 23 janvier, du directeur de la communication du Cojop, Arthur Richer, qui a jeté l’éponge pour cause de “désaccord sur la stratégie à mettre en place”. Mi-décembre, c’est la directrice des opérations, Anne Murac, une ex de Paris 2024 — où, de l’avis général, elle a excellé — qui a claqué la porte du Cojop. Deux défections qui ont poussé la ministre des Sports, Marina Ferrari, à tirer la sonnette d’alarme, appelant, ce même 23 janvier — soit trois jours avant la tenue du bureau exécutif — à “une clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité de l’organisation”. Les Alpes 2030 “exigent une organisation exemplaire, structurée et pleinement opérationnelle”, alertait-elle encore dans un communiqué — des mots soupesés qui, a appris POLITICO, ont été validés par Matignon, acteur discret mais présent dans ce dossier délicat.  Aux grands maux, les grands moyens : l’impasse est telle que les membres du bureau exécutif ont pris la décision de confier une “mission flash” de quelques semaines à Etienne Thobois, un homme qui n’est pas ce que l’on pourrait appeler un débutant. Ex-directeur général des Jeux de Paris 2024, bras droit de Tony Estanguet, Thobois est considéré comme l’un des meilleurs experts de l’événementiel sportif. Sa feuille de route est claire : remettre le Cojop sur les rails. Ou, selon le communiqué diffusé le lendemain de la réunion : l’accompagner dans “une nouvelle phase de sa structuration” pour parvenir à “une organisation plus lisible, stable, et opérationnelle”.  “FAIRE UN TRUC SÉRIEUX” Si le président du Cojop, l’ancienne star du ski de bosses Edgar Grospiron, préfère se rassurer en affirmant que les difficultés s’expliquent par son “ambition des plus élevées”, le dossier des Alpes 2030 n’a rien de simple, tant les acteurs sont multiples et les contraintes nombreuses. Le budget, déjà, est limité, les instigateurs du projet s’étant engagés à organiser les Jeux les “moins chers de l’histoire“. Soit une enveloppe qui ne doit pas dépasser les 2,1 milliards d’euros pour le budget du Cojop dont 74% doit être financé par des ressources privées — à titre de comparaison, les derniers Jeux d’hiver, à Pékin en 2022, ont officiellement coûté 3,9 milliards de dollars. Or, aucun sponsor ou financeur privé ne s’est encore fait connaître, même si Edgar Grospiron continue de promettre “des annonces avant le début des Jeux de Milan” (qui démarrent vendredi), martelait-il dans Ouest France hier. “ Les partenaires privés voient la mauvaise pub faite autour des Alpes 2030 et n’osent pas s’engager”, déplore un acteur du dossier. Malgré la promesse de Jeux “durables”, l’événement est contesté sur le plan démocratique comme environnemental. Plusieurs associations et collectifs citoyens ont ainsi saisi la justice — et même l’ONU — pour réclamer plus de débat et de transparence sur “l’intérêt général du projet”, des demandes auxquelles la justice a pour l’instant accédé. Contrairement aux Jeux de Paris 2024 où la plupart des sites étaient concentrés sur une zone géographique relativement restreinte, ceux des Alpes s’étendent sur plus de 600 km, quatre départements et deux régions, celles-là mêmes qui ont monté le dossier initial : Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. “Les Alpes 2030, c’est Renaud Muselier qui se réveille un matin et se dit ‘et pourquoi on n’aurait pas les Jeux ?’. Et il s’engage à fond”, se souvient, sourire aux lèvres, Arnaud Murgia, le maire de Briançon, qui a suivi chacune des étapes.  Le projet recevra, à Paris, l’assentiment du président de la République qui, toujours selon Murgia, demande alors à Renaud Muselier “de faire un truc sérieux”. Commence donc une phase de discussions entre cet ex-LR, rallié à Renaissance, et son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes, à l’époque Laurent Wauquiez.  L’ancien président des Républicains, réputé autoritaire, provoquera bien vite quelques dissensions — sollicité, il n’a pas répondu à nos questions. “Laurent a un mode de gouvernance assez souple et doux”, ironise ainsi auprès de nous un élu qui a pu éprouver ses méthodes et le concède, cette fois sans aucune dérision : “C’est le patron chez lui.” Au printemps 2025, Wauquiez mettra par exemple son grain de sel dans le processus de sélection d’un directeur de la communication pour le Cojop, s’opposant à la candidature de Loïc Signor, ancien porte-parole de Renaissance, jugé trop proche d’Emmanuel Macron. Autre point de crispation : le partage des lieux de compétition entre les deux régions. “Laurent était en mode ‘je veux tous les sites dans mes Alpes’, il estimait que les Alpes du Sud ne les méritaient pas”, se remémore Renaud Muselier auprès de POLITICO. A l’époque, les échanges sont “violents”, affirme-t-il encore, entre ces deux élus maîtres en leurs territoires — mais elles se sont depuis largement améliorées, jure l’élu marseillais. Après plusieurs discussions, ils finissent par trouver un accord : au Nord, le ski ; au Sud, le freestyle et la glace. “On s’est partagé en médailles et on a fait moitié-moitié”, décryptera après-coup Muselier qui estime que, dans l’affaire, chacun a été gagnant. “L’avantage de Wauquiez et Muselier, c’est qu’une fois qu’ils se sont dit les choses, ça roule”, abonde Arnaud Murgia.  Si chaque région a son type de discipline, le partage entre stations est un autre motif de frictions. Dans le projet initial, quatre pôles ont été identifiés par les élus : la Savoie et la Haute-Savoie pour AURA, le Briançonnais et Nice en PACA. Mais le diable se cache dans les détails. Ou plutôt en Savoie. SYMBOLE Située à la frontière franco-italienne, dans le massif de la Vanoise en Haute-Tarentaise, Val d’Isère est considérée comme l’une des capitales mondiales du ski. C’est sur sa piste mythique que s’est déroulée une partie des épreuves des Jeux d’Albertville en 1992 et où a lieu, chaque année, le Critérium de la première neige (en décembre) et des épreuves de la Coupe du monde de ski. Son meilleur ambassadeur ? Le triple champion olympique Jean-Claude Killy, qui y a passé une partie de son enfance.  Au tout début du projet Alpes 2030, Val d’Isère ne figure pourtant pas sur la carte des sites envisagés pour les épreuves de ski : contraints par leur budget serré, les élus ont proposé que les courses des disciplines reines se tiennent sur les sites de Courchevel et Méribel, plus proches géographiquement. “C’était déjà difficile de faire accepter au CIO (le comité international olympique) qu’il y aurait quatre pôles et non un seul, il y avait une vraie pression pour que ça n’aille pas plus loin”, justifie Murgia — Val d’Isère étant alors considéré comme un cinquième pôle. D’après un conseiller qui a suivi l’ébauche du projet presque pas à pas, ce serait pourtant “Wauquiez [qui] a viré ‘Val’ de la carte des JO”, soutient-il, sans réussir à réellement expliquer pourquoi… Avant d’en devenir l’un des principaux promoteurs, encore récemment, comme lorsqu’il a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux, pour vanter “le boulot de dingue” qui est fait par les équipes de la station et espérer “que ce sera bientôt les JO”.  Toujours est-il que lorsque Jean-Claude Killy constate que Val d’Isère ne figure pas sur la carte des épreuves, il se montre “très ému et remonté” selon le même conseiller. Le champion olympique s’en ouvre alors à l’un de ses amis, Michel Barnier.  L’ordonnateur des Jeux de 92 a mis un pied dans le dossier 2030 dès son arrivée à Matignon. C’est lui qui, peu de temps après sa nomination, signe la lettre de garanties de l’Etat — ce que son prédécesseur Gabriel Attal se refusait à faire, arguant du fait qu’étant en gestion des affaires courantes depuis la dissolution, il n’était pas de son ressort d’engager l’Etat à soutenir financièrement les Jeux. Après avoir quitté la Rue de Varenne, Barnier se voit attribuer une “mission de préfiguration” pour le Cojop, pendant laquelle il participe à “mettre de l’huile dans les rouages”, selon plusieurs interlocuteurs avec qui POLITICO a échangé. C’est lui qui, par exemple, et tout au long de l’hiver 2025, traitera Martin Fourcade pour le convaincre d’accepter le job de président du Cojop. En vain. L’adoubement d’Emmanuel Macron — qui le qualifiait de “Tony Estanguet des montagnes” —, des sujets de sponsors, opportunément relevés par Laurent Wauquiez, et quelques maladresses avec les élus locaux comme cette interview dans L’Equipe dans laquelle Fourcade détaillait son projet pour les Jeux avant même d’avoir été nommé, agaçant les politiques concernés, ont eu raison de la motivation du sextuple champion olympique de biathlon. Exit Martin Fourcade, c’est Edgar Grospiron qui hérite du poste prestigieux de président du Cojop. Et qui, pendant quelques mois, cohabitera avec Michel Barnier qui ne cesse de s’enraciner dans le projet Alpes 2030, raconte Le Parisien en mars 2025.  Sensible à la cause de Val d’Isère et aux souhaits de Jean-Claude Killy, qu’il présente régulièrement comme son “frère”, Barnier met donc tout son poids politique dans la balance pour remettre la station savoyarde dans le projet, quand bien même cela se fait au détriment d’une autre station, celle de Méribel. Alors que la carte officielle des sites olympiques devait être dévoilée l’automne dernier, sa présentation a de nouveau été ajournée tant elle est devenue un sac de nœuds. Arrivée au ministère des Sports en octobre, dans les valises du gouvernement Lecornu, la Savoyarde Marina Ferrari a fait le choix de temporiser et de reporter l’annonce officielle des sites au mois de juin 2026. “Je ne suis pas inquiet, ce sujet ne représente pas un risque pour le projet”, a tenté de rassurer Edgar Grospiron dans Ouest France hier. Un énième exemple d’interventionnisme politique qui ne gêne pas le président du Cojop qui s’accommode parfaitement, selon certains qui ont pu le voir à l’œuvre, de la présence forte des élus. N’a-t-il d’ailleurs pas coutume de dire, en interne, que “les chefs ce sont les politiques” lui qui avait aussi promis de “ne pas faire de politique”, lors de sa candidature de dernière minute, après le fiasco Fourcade ? De fait, le Cojop répond théoriquement aux élus. Le 22 février prochain, lorsque l’organisation de Milan-Cortina transmettra le flambeau des Jeux d’hiver à la France, ce n’est pas Edgar Grospiron mais Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, les représentants des collectivités hôtes, qui seront sur la scène.  Et le plus dur, alors, commencera. 
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Antéchrist, apocalypse : ce qu’a dit Peter Thiel devant l’Académie des sciences morales et politiques
PARIS — Qui sera l’Antéchrist du XXIe siècle ? La question a été au centre de l’intervention, lundi soir, du magnat de la tech américaine Peter Thiel, entre les boiseries de l’Académie des sciences morales et politiques. Selon le résumé écrit de l’intervention du fondateur de PayPal — dix pages, tout de même —, qui a été transmis aux participants et que POLITICO a pu consulter, Peter Thiel a présenté durant près d’une heure une “version élargie” de la première partie d’un cycle de conférences qu’il a donné ces derniers mois à San Francisco sur le sujet de l’Antéchrist. Cette figure de la théologie chrétienne, soit un usurpateur censé prendre la place de Jésus-Christ avant la fin du monde, est au cœur de la pensée de ce proche du vice-président américain JD Vance. “J’ai plus entendu parler de l’Antéchrist durant ces quarante-cinq minutes que durant tout le reste de ma vie”, sourit un participant à ce rendez-vous. Figure de la tech libertarienne, Peter Thiel est intervenu en anglais dans le cadre d’un groupe de travail consacré à l’“avenir de la démocratie”, a précisé l’Académie des sciences morales et politiques. Il était invité par la philosophe et membre de l’Académie Chantal Delsol, d’obédience conservatrice et défenseuse du principe de l’union des droites. UNE THÈSE SORTIE DU MOYEN ÂGE S’appuyant sur une présentation en 23 diapositives, Peter Thiel a multiplié les allers-retours entre les textes bibliques et l’actualité pour matérialiser le risque qu’émerge un Antéchrist durant le siècle. Selon le milliardaire, cet Antéchrist prendrait la forme d’une personne qui répand “des rumeurs de guerres” et effraie les populations “pour que vous lui donniez le contrôle sur la science” — que ces risques soient environnementaux ou technologiques, à l’image de ceux posés par l’intelligence artificielle. Peter Thiel pointe aussi le risque d’un “gouvernement global totalitaire”. Parmi les figures qui agitent les peurs, Peter Thiel pointe dans sa présentation “Greta [Thunberg]” ou encore “les altruistes anti-IA”. L’écrivain américain Eliezer Yudkowsky, qui appelle à une régulation de l’intelligence artificielle, est également pointé du doigt pour avoir mis en garde contre une IA qui pourrait devenir incontrôlable. S’appuyant sur des visuels apocalyptiques, comme le tableau Le Grand dragon rouge et la bête sortie de la mer de William Blake, Peter Thiel estime ainsi que son rôle est de convaincre que l’Antéchrist “n’est pas seulement un fantasme médiéval”. Le milliardaire a estimé au passage que l’Académie des sciences morales est “un des rares endroits au monde où une conférence comme celle-ci peut avoir lieu”. Cette présentation n’en a pas moins été jugée “décousue” par un autre participant à la rencontre, qui a requis l’anonymat pour parler librement de ce rendez-vous polémique. Une manifestation avait en effet été organisée devant l’Institut de France, durant l’intervention de Peter Thiel, pour dénoncer sa présence. DANS LE RESTE DE SON AGENDA PARISIEN Le conférencier de passage a en outre profité de son passage à Paris pour rencontrer lundi le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, lors d’un déjeuner. “Compte tenu du rôle qu’il a pu avoir dans la construction de la doctrine qui meut une partie de l’administration américaine, Jean-Noël Barrot l’a invité pour un échange sur nos différences d’appréciation s’agissant de plusieurs sujets majeurs : la régulation numérique, la démocratie libérale, la civilisation européenne, la relation transatlantique notamment”, précise l’entourage du ministre. Le cofondateur de Palantir a en outre des relations d’affaires à soigner en France, où l’entreprise spécialisée dans les logiciels et l’analyse de données fournit notamment la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ou encore le groupe Airbus.
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Update: Erster Tag in Davos – die SMS von Macron und Trump
Listen on * Spotify * Apple Music * Amazon Music Das Weltwirtschaftsforum in Davos beginnt ernst: Statt Networking geht es um Zölle, Bündnisse und die Stabilität der transatlantischen Ordnung. Ursula von der Leyen warnt vor einer Eskalationsspirale mit den USA, während Donald Trump mit neuen Strafzöllen droht und Europa offen unter Druck setzt. Im Fokus stehen die Debatte um Grönland, mögliche Handelskriege und eine überraschende SMS von Emmanuel Macron an Trump mit der Idee eines kurzfristigen Gipfels in Paris.  Das Berlin Playbook als Podcast gibt es jeden Morgen ab 5 Uhr. Gordon Repinski und das POLITICO-Team liefern Politik zum Hören – kompakt, international, hintergründig. Für alle Hauptstadt-Profis: Der Berlin Playbook-Newsletter bietet jeden Morgen die wichtigsten Themen und Einordnungen. Jetzt kostenlos abonnieren. Mehr von Host und POLITICO Executive Editor Gordon Repinski: Instagram: @gordon.repinski | X: @GordonRepinski. POLITICO Deutschland – ein Angebot der Axel Springer Deutschland GmbH Axel-Springer-Straße 65, 10888 Berlin Tel: +49 (30) 2591 0 information@axelspringer.de Sitz: Amtsgericht Berlin-Charlottenburg, HRB 196159 B USt-IdNr: DE 214 852 390 Geschäftsführer: Carolin Hulshoff Pol, Mathias Sanchez Luna
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Merz rüttelt am Kanzleramt
Listen on * Spotify * Apple Music * Amazon Music Im Kanzleramt kommt es zu einem überraschenden Einschnitt. Friedrich Merz trennt sich von seinem langjährigen Büroleiter Jacob Schrot. Der Schritt wirft Fragen auf, weil er nicht nur etwas über die Personalie selbst sagt, sondern auch über die Lage des Kanzlers. Nach einem Jahr als außenpolitisch präsenter Regierungschef steht Merz unter wachsendem Druck, innenpolitisch und wirtschaftlich zu liefern. Rixa Fürsen und Rasmus Buchsteiner ordnen ein, warum der Abschied auch mit einem fehlenden Wirtschaftsprofil zu tun hat und welche Erwartungen nun mit dem neuen Büroleiter Philipp Birkenmaier verbunden sind. Im 200-Sekunden-Interview erklärt Vanessa Zobel (CDU) aus dem Wirtschaftsausschuss des Bundestags und Mitglied im Parlamentskreis Mittelstand, warum der Mittelstand schnelle Signale braucht, weshalb Reformen Zeit brauchen und wo sie trotz schwacher Wachstumszahlen erste Anzeichen für Bewegung sieht. Außenpolitisch bleibt der Kanzler trotzdem gefordert. In Paris beginnt der erste Ukraine-Gipfel des Jahres. Hans von der Burchard gibt die wichtigsten Infos zum Treffen vorab. Das Berlin Playbook als Podcast gibt es jeden Morgen ab 5 Uhr. Gordon Repinski und das POLITICO-Team liefern Politik zum Hören – kompakt, international, hintergründig. Für alle Hauptstadt-Profis: Der Berlin Playbook-Newsletter bietet jeden Morgen die wichtigsten Themen und Einordnungen. Jetzt kostenlos abonnieren. Mehr von Host und POLITICO Executive Editor Gordon Repinski: Instagram: @gordon.repinski | X: @GordonRepinski. POLITICO Deutschland – ein Angebot der Axel Springer Deutschland GmbH Axel-Springer-Straße 65, 10888 Berlin Tel: +49 (30) 2591 0 information@axelspringer.de Sitz: Amtsgericht Berlin-Charlottenburg, HRB 196159 B USt-IdNr: DE 214 852 390 Geschäftsführer: Carolin Hulshoff Pol, Mathias Sanchez Luna
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