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Richard Ferrand limoge Aurélie Bretonneau, numéro deux du Conseil constitutionnel
PARIS — C’est un petit séisme rue de Montpensier, siège du Conseil constitutionnel. Sa secrétaire générale, Aurélie Bretonneau, a été remerciée par Richard Ferrand, a appris POLITICO auprès de quatre sources internes. Dans un courriel envoyé en interne lundi 23 mars en fin de journée — et que POLITICO a pu consulter — Aurélie Bretonneau indique : “Le président Ferrand m’a annoncé avoir proposé au président de la République de mettre fin à mes fonctions en raison de divergences de vues sur la conduite de l’institution.” Ce limogeage inattendu doit désormais être officialisé par un décret en Conseil des ministres. Si les relations entre le président et sa secrétaire générale n’étaient pas au beau fixe d’après deux sources internes, aucun signe avant-coureur ne laissait présager une telle décision. Celle-ci surprend d’autant plus que la nomination d’Aurélie Bretonneau, fin mars 2025, avait été validée par Richard Ferrand, tout juste installé à la tête du Conseil constitutionnel. DES TENSIONS SUR LES ORDONNANCES Entre les deux, des “divergences” ont toutefois émergé ces derniers mois, notamment “sur la place du droit”, d’après deux sources internes. Selon l’une d’elles, des tensions sont apparues à la fin de l’année dernière. Le gouvernement envisageait alors de recourir aux ordonnances pour faire adopter son budget. Un débat entre spécialistes a rapidement émergé sur la compétence de la Rue de Montpensier dans pareil cas. La secrétaire générale a détaillé sa position dans une note, estimant d’une part que le contrôle du texte reviendrait au Conseil d’Etat et non au Conseil constitutionnel et d’autre part que ces ordonnances devaient se borner à la copie initiale présentée par le gouvernement, et donc sans la possibilité de conserver des amendements. Deux points dont le sens a déplu à Richard Ferrand. “Aurélie Bretonneau n’est pas du genre à transiger sur la défense de l’Etat de droit, ni sur la rigueur du raisonnement juridique, ni sur l’indépendance de l’institution. Si c’est cela qui a dérangé, c’est un problème majeur”, confie une haute fonctionnaire, qui dit son “immense perplexité”. Après trois années comme numéro deux du Secrétariat général du gouvernement, cette conseillère d’Etat avait succédé à Jean Maïa, qui avait épaulé Laurent Fabius pendant près de huit ans comme secrétaire général. A ce poste stratégique, elle pilotait le travail juridique de l’institution, supervisait l’instruction des dossiers et veillait à la solidité des décisions rendues rue de Montpensier. Contacté lundi soir, Richard Ferrand n’a pas répondu à l’heure où nous publions ces lignes. Aurélie Bretonneau n’a pas non plus souhaité commenter.
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3 choses à retenir des municipales à Paris
PARIS — Paris reste à gauche. Dimanche soir, Emmanuel Grégoire a filé en Vélib’ jusqu’à l’hôtel de ville une fois sa victoire proclamée. Anne Hidalgo l’y attendait pour lui remettre les clefs de la ville. UNE FRACTURE TOUJOURS VIVE ENTRE L’OUEST ET L’EST Le candidat de la gauche unie (hors LFI) l’a emporté largement face à ses deux adversaires avec 428  143 voix, soit un peu plus de la moitié des suffrages exprimés. Il capitalise sur sa large avance au premier tour (309 693 voix contre 207 613 pour la candidate LR), gagnant plus de 118 000 voix au second tour. Rachida Dati, malgré une fusion avec la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel, ne parvient pas à remonter son écart, malgré 144 000 nouvelles voix. L’Insoumise Sophia Chikirou régresse sur une semaine, perdant plus de 28 000 voix. C’est dans les quartiers de l’est de la capitale qu’Emmanuel Grégoire enregistre ses meilleurs scores, recevant plus de 75% des voix dans certains bureaux. Les bureaux de vote où Pierre-Yves Bournazel a fait ses meilleurs scores au premier tour se répartissent entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, en fonction de ce même découpage géographique. Le nord du 17e arrondissement fait la jonction entre les deux électorats. Le candidat Horizons avait dépassé les 20% dans trois bureaux de vote du 18e arrondissement, qui placent Emmanuel Grégoire largement en tête au second tour. A contrario, dans les 6e, 8e et 15e arrondissements, Rachida Dati semble en récolter les fruits. 103 CONSEILLERS DE PARIS POUR GRÉGOIRE Grâce à son score important, l’équipe d’Emmanuel Grégoire comptera 103 sièges au Conseil de Paris, soit un peu plus que la majorité de gauche sortante. Le dernier élu de sa liste est Yvain Bourgeat-Lami, le collaborateur du député socialiste Laurent Baumel. Rachida Dati sauve 51 conseillers de Paris. Sylvain Maillard (Renaissance), deuxième sur sa liste et artisan de la réforme du scrutin qui n’a finalement pas fait son bonheur, arrive pour la première fois au conseil de Paris. Tout comme le ministre chargé de l’Europe Benjamin Haddad (Renaissance) ou l’ancienne ministre Marlène Schiappa, qui figurait initialement sur la liste de Pierre-Yves Bournazel (Horizons). Sophia Chikirou comptera 9 insoumis dans son groupe. Elle sera notamment accompagnée par Rodrigo Arenas, député Insoumis parisien, ou Céline Verzeletti, syndicaliste à la tête de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat, qui avait échoué face à Danielle Simonnet (ex-LFI) lors des élections législatives en 2024. 3 NOUVEAUX MAIRES D’ARRONDISSEMENT Dans une déclaration teintée d’amertume, sans féliciter son adversaire ni même prononcer son nom, Rachida Dati a reconnu ne pas avoir “réussi à convaincre que le changement [était] non seulement possible mais nécessaire”. “Le poison de la division a produit ses effets”, a ajouté la candidate LR, en se gardant de désigner qui que ce soit. Rachida Dati pourra se consoler avec la mairie du 7e, qu’elle avait remportée dès le premier tour. Malgré le changement de scrutin, les arrondissements ne basculent pas. Trois arrondissements comptent cependant un nouveau maire à leur tête. Tête de liste sur le fil, en remplacement de l’Ecologiste Emmanuelle Pierre-Marie, accusée de “management toxique”, Lucie Castets est élue dans le 12e. David Belliard, chef de file des écologistes dans la capitale, devient maire du 11e arrondissement. Catherine Lécuyer (LR) l’emporte dans le 8e — elle remplace Jeanne d’Hauteserre, candidate dissidente qui a défrayé la chronique pour ses frais de représentation somptuaires. Anthony Lattier et Jason Wiels ont contribué à cet article.
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La police municipale se développe, armes au poing
PARIS — En France, près de deux tiers des policiers municipaux sont équipés d’une arme à feu, selon des chiffres obtenus auprès du ministère de l’Intérieur par POLITICO, soit 17 800 sur les 28 400 agents en activité en 2024. Cinq ans plus tôt, ils étaient 13 700 à être équipés. A quelques jours des élections municipales, l’armement létal de ces policiers figure dans de nombreux programmes. Dans les principaux partis, seule La France insoumise milite clairement pour leur désarmement. Le parti conteste le désengagement de l’Etat de son rôle régalien et appelle plutôt à un renforcement de la police nationale et de la gendarmerie. Modernisée en 1999, la police municipale, placée sous l’autorité du maire, s’est développée par palier, surtout en milieu urbain. Et la tendance est à la hausse, avec des édiles toujours tentés de recruter. DES VARIATIONS SELON LES DÉPARTEMENTS Sur l’ensemble du territoire, la proportion de policiers municipaux disposant d’au moins une arme s’élève à 80%, qu’il s’agisse d’armes de poing, de pistolets à impulsion électrique, de flash-balls ou d’armes de catégorie inférieure (bombe lacrymogène, matraque), moins dangereuses. Mais des disparités existent. Pour des raisons de sécurité, le ministère de l’Intérieur ne partage pas de données par commune, mais seulement des agrégats par département. Dans les départements du pourtour méditerranéen, près de 100% des policiers municipaux sont ainsi armés. Longtemps, Nice a d’ailleurs été la ville avec la plus grosse police municipale, avant d’être détrônée il y a quelques années par Paris. La capitale comptait 1750 agents en 2024, selon un autre fichier publié par le ministère de l’Intérieur après une demande de POLITICO. Installée par Anne Hidalgo, la police municipale parisienne n’est armée que de bombes lacrymogènes et de matraques. Les candidats de droite et d’extrême droite, de Pierre-Yves Bournazel à Sarah Knafo en passant par Rachida Dati, souhaiteraient l’équiper d’armes létales et gonfler encore ses rangs. Restant opposé aux armes à feu, le socialiste Emmanuel Grégoire s’est dit prêt à “un référendum”, si les missions de la police municipale étaient étendues. A Bordeaux, 10e ville du classement avec 177 agents, la police municipale a longtemps été non armée. L’année dernière, le maire écologiste a finalement décidé de doter une soixantaine de policiers municipaux d’armes de poing. Dans l’Ouest, très peu de policiers sont armés. Brest est la seule ville de plus de 100 000 habitants sans police municipale. Cela pourrait changer : tous les principaux candidats, dont le maire socialiste sortant et hormis celle de La France insoumise, se sont exprimés en sa faveur de sa création. Son armement fait néanmoins débat. UN ARMEMENT PAR ÉTAPE, UNE LOI POUR DEMAIN Il revient au maire de décider de quel armement dispose sa police. Si toutes les polices ne sont pas équipées d’armes à feu, l’armement létal est aussi devenu un argument mis en avant par les collectivités pour embaucher des agents. Dans la foulée des attentats de 2015, qui ont notamment coûté la vie à Clarissa Jean-Philippe, agente à Montrouge, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait prêté des pistolets de l’Etat, développant fortement l’armement des polices locales. Entre 2021 et 2024, le nombre de policiers municipaux ayant des armes a feu a ainsi augmenté de 50%, quand leur effectif global n’a crû que de 11%. Toute la panoplie a également fait un bond : le recours aux pistolets à impulsion électrique (les Tasers, principalement) et aux lanceurs de balles de défense type flash-balls ont aussi augmenté de respectivement 47% et 70% entre 2021 et 2024. Le gouvernement souhaite étendre à nouveau les pouvoirs des polices municipales et des gardes champêtres via un projet de loi, déjà adopté par le Sénat par l’ensemble des groupes à l’exception des communistes et des écologistes. Le texte est programmé pour avril à l’Assemblée nationale. Il prévoit notamment de faciliter la formation au port d’arme des agents et de leur permettre d’utiliser des drones et des lecteurs automatiques de plaque d’immatriculation pour verbaliser. Les sénateurs y ont ajouté la création d’une autorisation nationale de port d’arme, qui permettrait à un agent de conserver son droit même en cas de mutation.
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Municipales à Paris : LCI, BFMTV et CNews débranchent leurs débats
PARIS — Le débat sur FranceInfo entre la plupart des têtes de liste aux municipales à Paris, qui a eu lieu mercredi soir, devrait être le seul et unique moment d’échange télévisuel entre les candidats avant le premier tour. LCI, BFMTV et CNews ont annulé leurs propres débats, a appris POLITICO auprès des équipes de deux candidats. La raison : la décision de Rachida Dati (LR) de ne participer à aucun débat avant l’entre-deux-tours. Un choix politiquement assumé, mais qui complique la vie des chaînes d’information, soumises au respect des règles de temps de parole fixées par l’Arcom. En l’absence de sa principale rivale, Emmanuel Grégoire (PS) rechignait lui aussi à participer à ces émissions. Sur FranceInfo mercredi, l’ex-ministre de la Culture s’était fait représenter par l’un de ses colistiers, Grégory Canal. En conséquence, son adversaire socialiste avait aussi fait le choix de sécher l’émission et d’envoyer une de ses colistières, Lamia El Aaraje. Pour assurer une couverture à l’antenne malgré tout, les chaînes réfléchissent en urgence à d’autres formats. Sur LCI, les candidats pourraient être interviewés par Darius Rochebin, à tour de rôle, la semaine du 9 mars. BFMTV envisage aussi une série d’interviews.
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Business France : la nomination de Louis Margueritte validée par le conseil d’administration
PARIS — La vacance à la tête de Business France vit enfin à son épilogue. Le conseil d’administration de l’agence chargée de l’internationalisation de l’économie française a approuvé mardi, à l’unanimité, l’arrivée prochaine de Louis Margueritte au poste de directeur général, a appris POLITICO. Cet avis favorable, confirmé par deux sources internes, constitue la dernière étape avant l’officialisation de sa nomination par décret dans les prochains jours. Choisi par l’exécutif, comme l’a révélé POLITICO, l’ex-député Renaissance devenu directeur de cabinet adjoint à Matignon avait été retenu à l’issue d’un processus de recrutement long de dix-sept mois, émaillé de rebondissements. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) avait ainsi mis son grain de sel dans le processus afin d’éviter de possibles conflits d’intérêts. Une première fois en opposant son veto à la désignation de la conseillère élyséenne Victoire Vandeville, puis en mettant des bâtons dans les roues de l’ex-ministre Laurent Saint-Martin, lui-même patron de Business France entre 2023 et 2024, qui avait envisagé d’y faire son retour. La question se posait donc de savoir si Louis Margueritte, en charge notamment des sujets budgétaires et de simplification auprès de François Bayrou puis de Sébastien Lecornu, avait pu connaître de dossiers relatifs à Business France — comme les crédits de l’agence, en baisse, ou les réflexions gouvernementales sur un éventuel rapprochement avec Atout France. L’intéressé a assuré s’être strictement déporté de ces sujets.
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SONDAGE EXCLUSIF : à Toulouse, LFI en arbitre
Toulouse est un cas d’école. Celui d’une ville foncièrement à gauche (à la présidentielle, aux législatives, aux européennes), mais qui élit un maire de centre droit depuis 50 ans, à l’exception de la période 2008-2014. Notre sondage* exclusif Cluster 17 pour POLITICO sur les municipales de mars prochain dans la Ville rose ne dit pas l’inverse. Au premier tour, Jean-Luc Moudenc, maire sortant anciennement LR (il a quitté le parti en 2022), soutenu par Horizons, l’UDI, Renaissance et le Modem, est donné en tête avec 34% des voix. Il est toutefois talonné par François Briançon, candidat de la “gauche unie” (une coalition regroupant notamment le PS, le Parti communiste et Les Ecologistes), crédité de 32% des voix. Le candidat LFI François Piquemal complète le podium et recueille 19% des suffrages. Un score qui le place nettement au-dessus du seuil de qualification pour le second tour (10%), malgré son recul par rapport au précédent sondage Cluster 17 à Toulouse, en novembre, quand il était alors crédité de 23,1% des voix. Une baisse “significative”, selon Jean-Luc Dormagen, président de Cluster 17, qui s’explique selon lui par “la petite dynamique de vote utile à gauche” produite par l’union entre le PS et Les Ecologistes (qui n’avait pas encore été conclue lors du sondage de novembre, mais, qui, testés ensemble, réunissaient 30,3% des intentions de vote). Cette union “permet de ratisser plus large sur l’espace progressiste”, ce qui de facto “tend à réduire l’espace de LFI”, note-t-il encore, relevant que le score de Briançon est “comparable à celui du maire en place”. Les autres listes sont virtuellement sous la barre des 10%, le score minimal pour se qualifier au second tour. Le représentant du RN, Julien Leonardelli, est crédité de 8% des suffrages, quand Arthur Cottrel pour Reconquête obtiendrait 4% des voix. LE CHOIX DE LFI L’élection s’annonce donc serrée. En cas de confirmation de ce scénario de premier tour, l’attitude de LFI sera scrutée de près. “Tout va se jouer dans les capacités ou non d’alliance” entre les listes de gauche dans l’entre-deux-tours, anticipe Jean-Yves Dormagen. Or, au plan national, les relations entre le Parti socialiste et La France insoumise sont exécrables. Les premiers ont fait, dans plusieurs villes, le pari de conclure des accords avec d’autres forces de gauche sans les mélenchonistes, tandis que les seconds revendiquent de conquérir tout ce qu’ils peuvent, même si ce sont des bastions socialistes. A Toulouse, François Briançon et François Piquemal semblent pour l’instant faire le choix de ne pas insulter l’avenir, en concentrant l’un comme l’autre leurs attaques sur le maire sortant. “Il sera compliqué [pour le candidat LFI] de se maintenir sachant que cela fait gagner la droite. Ce n’est pas ce que veulent les électeurs de gauche, qui sont plutôt unionistes”, prédit le président de Cluster 17. LE POIDS DES MODÉRÉS Ces divisions à gauche font en tout cas les affaires de Jean-Luc Moudenc. Le maire sortant est à la tête d’une large coalition regroupant plusieurs partis de centre droit et n’a pas de concurrent réellement sérieux sur sa droite. Particularité toulousaine, là encore : “Le maire arrive à mordre sur des électeurs de centre gauche”, indique Jean-Yves Dormagen. C’est ainsi que 32% des électeurs appartenant, selon la méthodologie de l’institut, au cluster “sociaux-démocrates et sociaux-républicains”, affirment voter pour Moudenc. “Un tiers de la gauche modérée vote pour le maire”, insiste Dormagen qui y voit là “sa condition de survie, ce qui lui permet d’être réélu”. En plus de l’union de la gauche, la capacité des candidats à attirer l’électorat modéré sera décisive dans cette élection. (*) Étude réalisée par Cluster 17, du 2 au 5 février 2026, auprès d’un échantillon de 657 Français représentatifs de la population de Toulouse âgée de 18 ans et plus, dont 588 inscrits sur les listes électorales à Toulouse. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas, au regard des critères de genre, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et d’arrondissement d’habitation. L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données INSEE) et d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 588 personnes est comprise entre 1,8 et 4,1 points.
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François Villeroy de Galhau quitte la Banque de France
PARIS — François Villeroy de Galhau va quitter la Banque de France début juin, a appris POLITICO auprès de son entourage. Après plus d’une décennie en poste, le gouverneur a fait connaître sa décision lundi matin à son comité de direction, avant de partager la nouvelle à ses collaborateurs, dans une lettre obtenue par POLITICO. Le haut fonctionnaire va prendre la présidence de la Fondation Apprentis d’Auteuil, afin de succéder à Jean-Marc Sauvé, dont le mandat se termine fin mai. “Cette décision importante, je l’ai prise naturellement en toute indépendance personnelle”, a expliqué François Villeroy de Galhau dans sa missive aux agents de la Banque de France, reconnaissant que sa démission puisse constituter “une surprise”. “Le délai d’ici début juin est suffisant pour organiser paisiblement ma succession”, a-t-il pris la peine de préciser. Entamé en 2021, son deuxième mandat à la tête de la banque centrale française aurait dû se terminer en octobre 2027, soit quelques mois après la prochaine échéance présidentielle. Son départ ouvre donc la voie à une nouvelle nomination, prérogative du président de la République. En rejoignant la Fondation Apprentis d’Auteil, François Villeroy de Galhau fait “un choix qui correspond à ses valeurs, lui qui n’a jamais caché sa foi catholique”, commente une porte-parole de la Banque de France. L’aide sociale à l’enfance et la formation des jeunes en difficulté sont les principales missions de l’organisation. Le banquier, aussi passé par Bercy au tournant des années 2000 et par la direction de BNP Paribas entre 2011 et2015, occupera cette activité de manière bénévole.
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Olivier Colom, le “grand ami” français de Jeffrey Epstein
OLIVIER COLOM, LE “GRAND AMI” FRANÇAIS DE JEFFREY EPSTEIN Pendant des années, un ancien conseiller diplomatique à l’Elysée a joué pour Jeffrey Epstein l’intermédiaire entre politiques, hauts fonctionnaires et personnalités du monde des affaires. By  PAUL DE VILLEPIN, MARION SOLLETTY AND PAULINE DE SAINT REMY Illustration par Natália Delgado/POLITICO PARIS — “Est-ce que Sarkozy est dans les parages, j’aimerais le rencontrer si tu crois que ça peut être marrant”, écrit Jeffrey Epstein à Olivier Colom, par mail, en octobre 2013. Le Français à qui le multimillionnaire américain s’adresse est un ancien membre de la cellule diplomatique de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy. Son nom, jusque-là inconnu du grand public, apparaît à plusieurs centaines de reprises parmi les trois millions de documents publiés fin janvier par le ministère américain de la Justice, baptisés “Epstein files”. En remontant le fil de la correspondance entre ces deux hommes, qui s’étale sur plusieurs années, POLITICO en a appris un peu plus cette relation. Celle-ci en dit beaucoup sur la façon dont Epstein, condamné dès 2008 dans une procédure de plaider-coupable pour avoir eu des relations sexuelles tarifées avec des mineures, avant d’être inculpé en 2019 dans une procédure fédérale plus lourde pour des faits de trafic sexuel sur mineurs, a tissé sa toile en France. C’est en 2011 qu’Olivier Colom apparaît pour la première fois dans la boîte mail jeevacation@gmail.com, l’une des principales adresses électroniques utilisées par le financier. Vingt mois après être sorti d’un centre de détention en Floride, Epstein est de passage à Paris où il possède un appartement avenue Foch, dans le XVIe arrondissement. Au cours de ce séjour, le diplomate et ex-ministère norvégien Terje Roed-Larsen, proche d’Epstein, lui suggère dans un message de rencontrer Colom. Cet énarque de 41 ans est alors conseiller diplomatique à l’Elysée, où il est chargé des affaires globales et de la préparation des sommets internationaux pour le président de la République Nicolas Sarkozy. PANTOUFLAGE ET ENTREGENT Parmi ceux qui ont côtoyé Colom au travail, plusieurs personnes dépeignent, sous couvert d’anonymat, un “bon diplomate, très sociable” ou encore un homme “posé et caustique”. “C’était quelqu’un de très gentil, très smart et très professionnel, qui ne s’est jamais comporté de manière déplacée”, raconte une cheffe d’entreprise, mise en relation avec lui par Epstein au milieu des années 2010. “Il était très imbu de lui-même”, nuance l’une des ses anciennes relations de la banque. De 2013 à 2018 au moins, Colom et Epstein seront en contact régulier. Après son départ de l’Elysée en 2012, le Français nourrit un certain ressentiment à l’égard de la Sarkozie, pour n’avoir pas hérité d’un poste à la hauteur de ses espérances, d’après plusieurs ex-collègues au Palais. Il se reconvertit alors dans le privé, rejoignant en 2013 le groupe bancaire Edmond de Rothschild. Il y travaille avec la belle-fille du fondateur et membre du conseil d’administration, Ariane de Rothschild. Une femme avec qui Jeffrey Epstein lui-même entretenait de longue date des interactions fréquentes sur des questions tant professionnelles que personnelles, comme l’attestent des centaines de mails. Contactée, celle qui est désormais patronne de l’établissement bancaire nous a fait savoir, par un porte-parole, qu’elle n’avait “aucune connaissance de la conduite et du comportement personnel de M. Epstein” à l’époque, et qu’elle a été “profondément choquée par les agissements révélés ces dernières années”. Elle “condamne sans ambiguïté ces comportements et les crimes dont il s’est rendu coupable”. EPSTEIN VEUT RENCONTRER SARKOZY Dans toute la période, le Français joue ou prétend jouer le rôle d’ouvreur de portes à Paris pour son “grand ami” américain. “Quand tu seras à Paris, quel genre de personnes souhaites-tu rencontrer ?”, le questionne Colom le 24 septembre 2013. Réponse d’Epstein : “Des intellos, scientifiques… ou de très très mignonnes vingtenaires”. Les deux hommes prennent pour habitude de se voir à l’occasion de leurs allées et venues respectives entre New York et Paris. Des morceaux de l’agenda d’Epstein, qui figurent dans ses mails, attestent de rendez-vous réguliers. Epstein propose à plusieurs reprises à Colom de séjourner sur son île privée, située dans les Îles Vierges des Etats-Unis. Si Colom répond en août 2013 qu’il “adorerait découvrir [l’] île un jour”, rien n’indique que ce dernier s’y soit rendu. Les deux hommes échangent en revanche blagues douteuses et allusions à caractère sexuel. “Tu es où en ce moment ?”, demande par exemple Colom à Epstein le 17 juin 2013. “Sur mon île dans les Caraïbes, avec un aquarium rempli de filles.” Dans la même conversation, ils semblent ensuite évoquer, dans un double langage, leurs préférences sexuelles, comparant les femmes à des poissons et crustacés. Dans ses messages, Colom laisse penser qu’il se plie en quatre, fin 2013 et début 2014, pour tenter d’organiser une rencontre entre Epstein et Nicolas Sarkozy, dont il a été le sherpa-adjoint à l’Elysée, à la demande expresse du multimillionnaire. Le 31 octobre 2013, le Français écrit : “Je déjeune avec lui [Sarkozy] mardi prochain 5 novembre, je lui demanderai.” Quelques semaines plus tard, Olivier Colom, qui indique à plusieurs occasions être resté en contact avec l’ex-locataire de l’Elysée, demande à Epstein s’il lui serait possible d’organiser un “rendez-vous discret entre Sarko et Hillary Clinton à NY”. Le 24 janvier 2014, Epstein propose à Colom de venir chez lui, avenue Foch, en compagnie de Nicolas Sarkozy pour discuter de la situation au Moyen-Orient avec Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien. Les mails ne permettent néanmoins pas d’établir si ces entrevues ont finalement eu lieu. Interrogé par POLITICO, le cabinet de Nicolas Sarkozy, après recherche, confirme qu’une rencontre publique avec Hillary Clinton a bien eu lieu en avril 2014, mais n’a pas trouvé trace d’une aide d’Olivier Colom pour organiser l’entrevue. Aucune trace non plus d’une rencontre avec Ehud Barak et Epstein, Olivier Colom s’étant d’ailleurs, à partir 2012, peu à peu éloigné de l’ancien président, qui avait ses propres conseillers diplomatiques. RÉSEAUTAGE À TOUS LES ÉTAGES Un autre homme politique français, Bruno Le Maire, a rencontré Jeffrey Epstein par l’entremise d’Olivier Colom. En septembre 2013, le Français informe ainsi l’Américain de son voyage imminent à New York et lui indique que son “ami” Bruno Le Maire “ex-ministre de Sarkozy et futur candidat à l’élection présidentielle sera également ‘en ville’”. Colom précise alors que celui qui fut aussi son camarade de promotion à l’Ena, cherche à lever des fonds. Contacté par POLITICO, l’entourage de Bruno Le Maire confirme qu’il s’est bien rendu, lors d’un passage à New-York en septembre 2013, à la résidence new-yorkaise d’Epstein dans le très chic Upper East Side, Colom lui ayant fait savoir que des “responsables économiques” souhaitaient le rencontrer. Ce n’est qu’en arrivant sur place que le futur patron de Bercy aurait découvert qu’il se trouvait chez Epstein — il ne serait resté que quelques minutes avant de “tourner les talons”.   Quelques années plus tard, le 24 novembre 2018, alors que Bruno Le Maire est désormais ministre de l’Economie et des Finances d’Emmanuel Macron, Epstein demande à Colom s’il a “gardé contact avec Bruno ?”.  Celui-ci lui répond “qu’il le voit régulièrement”, ainsi que “son directeur de cabinet” — Emmanuel Moulin à l’époque. Dans une correspondance précédente, peu après la nomination de Bruno Le Maire à Bercy, Colom se targue même d’être “l’un des plus vieux amis” de celui qui est aujourd’hui secrétaire général de l’Elysée. Le prétendu entremetteur se pousse-t-il du col ? Oui, d’après Emmanuel Moulin, qui a connu Olivier Colom du temps où tous deux travaillaient à l’Elysée. Sollicité par POLITICO, celui-ci nous affirme ne l’avoir rencontré, dans les années qui suivirent, qu’“une ou deux fois en 2017” tout au plus, dans un cadre professionnel — depuis 2016, Colom, après avoir quitté Edmond de Rothschild, travaille comme consultant à l’international via sa société de conseil “OC Advisory”. Grâce à son carnet d’adresses dans le corps diplomatique, Colom propose encore à son ami américain, en 2013, de rencontrer le représentant permanent de la France à l’ONU. Epstein sollicite aussi son aide pour obtenir un rendez-vous avec le  consul de France à New York — Bertrand Lortholary, aujourd’hui ambassadeur en Chine —, afin de renouveler le visa Schengen de l’un de ses assistantes qu’il présente également comme sa petite amie. Dans un autre échange, daté de juillet 2013, les deux hommes spéculent sur le nom du futur ambassadeur des Etats-Unis à Paris, Epstein laisse entendre à Colom qu’il pense savoir qu’Anna Wintour, encore puissante patronne de Vogue US, est candidate, ce que la presse évoquait à l’époque. Les échanges révèlent que Jeffrey Epstein, pourtant réputé pour son vaste réseau de relations, comptait sur Olivier Colom pour constamment lui présenter des personnalités marquantes lors de ses passages à Paris. “Es-tu dans le coin aujourd’hui ? Je serais ravi de rencontrer toute personne dont tu penses qu’elle me plairait”, lui écrit Epstein en juin 2013. Colom s’exécute et propose à Epstein de rencontrer tout à tour un ami eurodéputé (dont l’identité n’est pas citée), une star montante de la politique indienne ou encore, en mai 2014, le “vice-ministre russe de l’économie” avec qui Colom dit qu’il s’apprête à prendre un verre dans un bar parisien. Une autre fois, il lui raconte un dîner chez Jean Todt [président de la fédération internationale de l’automobile] en présence de l’ancien premier ministre du Qatar, Abdallah ben Khalifa Al Thani et de Rachida Dati. “Ça a l’air drôle, mais où sont les filles mignonnes”, rétorque Epstein. Réponse de son correspondant français : “Nulle part… ennuyeux. Il faut vraiment que je vienne te voir.” RENVOI D’ASCENSEUR En retour, le financier propose également à Colom de profiter de son réseau. En septembre 2013, Epstein propose par exemple de le convier à un repas avec Ehud Barak, dont Epstein était proche, ou encore avec Joshua Cooper Ramo, qu’il présente comme le ‘bras droit de [Henry] Kissinger. Au milieu de leurs échanges décousus, tantôt au sujet d’opportunités d’affaires, de voyages ou de montages financiers, apparaissent des propositions plus inattendues. “Tu veux acheter un vignoble à Margaux, j’ai une grosse propriété qui n’attend que toi”, fait miroiter Colom en avril 2014. Quelques mois auparavant, il s’enquiert des recherches de petit personnel d’Epstein : “Je me renseigne pour ta future assistante, mais il faut que tu en embauches une pas trop jolie…”, ose-t-il. Une autre fois, ayant eu vent — par Ariane de Rothschild — de sa quête d’un majordome, il lui suggère le profil d’un homme “qui servait Sarko à l’Elysée”. Au gré de leurs correspondances se dessine entre les deux hommes une relation allant au-delà de la sphère professionnelle. Dès 2013, ils sont suffisamment proches pour échanger des remarques salaces, comme évoqué plus haut. Leur amitié s’assortit aussi d’un soutien moral et matériel pour Colom lorsque, en 2014, celui qui est alors banquier d’affaires traverse une mauvaise passe sur le plan personnel. L’ex-diplomate fait part au financier de ses problèmes conjugaux, trouvant chez Epstein une oreille compatissante. “Merde alors [sic], tu es le bienvenu pour venir te reposer sur l’île”, lui écrit ainsi ce dernier. Trois mois plus tard, à en croire leurs échanges, il met à disposition de Colom son chauffeur ainsi qu’un appartement, lors d’un voyage familial de ce dernier à New York. L’été suivant, en 2015, Colom, manifestement frustré par sa situation financière, demande conseil à Epstein : “Je ne gagne pas assez, j’adorerais venir te voir”, confie-t-il, tout en informant Epstein de son divorce imminent. “Tu peux venir me voir quand tu veux, où tu veux”, je suis toujours disponible pour toi”, le rassure Epstein.  De fait, Epstein aidera manifestement Colom à négocier son départ du groupe Edmond de Rothschild où il officie alors comme secrétaire général jusqu’à début 2016. A l’issue d’intenses échanges, Epstein l’informe en effet le 3 février 2016 qu’Ariane de Rothschild — qui est en copie du mail — est d’accord pour lui accorder une indemnité de départ de 1,5 million d’euros étalé sur plusieurs mois et que Colom est désormais soumis à un accord de confidentialité. Contacté par différents canaux, Olivier Colom a décliné un échange téléphonique et nous a invités à lui transmettre nos questions par écrit. Il n’a plus donné suite malgré nos relances.
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SONDAGE EXCLUSIF : à Paris, Grégoire en hausse, Dati stagne, Knafo qualifiée
Son entrée tonitruante dans la campagne a déjà produit des effets : Sarah Knafo atteint pour la première fois la barre des 10% d’intentions de vote aux municipales de mars à Paris (soit le seuil de qualification pour le second tour), dans un sondage* réalisé par l’institut Cluster 17 que POLITICO publie en exclusivité. Le score de la candidate de Reconquête ouvre la voie à une possible quinquangulaire, avec le maintien de cinq candidats. “Sarah Knafo récupère un tiers des électeurs qui ont voté Rassemblement national aux européennes et un quart de ceux qui ont voté Les Républicains”, constate Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. La candidate de Reconquête progresse de quatre points par rapport à la dernière étude de l’institut au mois de novembre, où elle ne s’était pas encore lancée dans la bataille. Cette dynamique se fait au détriment du candidat du RN, Thierry Mariani, qui perd deux points d’intentions de vote (il chute à 4%) mais aussi de Rachida Dati. La ministre de la Culture, pourtant en campagne active, recule d’un point (26%) par rapport à novembre. “Dati n’est pas sur une bonne dynamique de campagne, elle est prise en tenaille”, ajoute Dormagen. L’analyse des intentions de vote en fonction de l’appartenance à des “clusters” types que réalise l’institut de sondages montre que Dati est “concurrencée sévèrement sur plusieurs espaces”, selon Dormagen. A sa droite, Sarah Knafo capte une partie de l’électorat étiqueté “conservateur” par Cluster 17. A sa gauche, Pierre-Yves Bournazel, le représentant d’Horizons, séduit une partie importante des électeurs “centristes” et “libéraux”. Ce proche d’Edouard Philippe, soutenu par Renaissance, se maintient à 14% d’intentions de vote. “Pour Dati, il est quasiment impossible de gagner en cas de maintien [à la fois] d’une liste plus à droite et d’une liste plus au centre”, estime le sondeur. “Il faudra qu’on rassemble tout le monde”, a admis la ministre de la Culture sur RTL, dimanche, adoptant un ton plus mesuré à l’égard de Bournazel qu’elle n’avait pas ménagé jusqu’à présent. LES ECOLOGISTES FONT GRIMPER GRÉGOIRE En face, Emmanuel Grégoire marque des points avec le ralliement de l’écologiste David Belliard et du communiste Ian Brossat, mi-décembre : le socialiste fait la course en tête et gagne trois points (33%) par rapport à novembre, tandis que Sophia Chikirou (La France insoumise) en perd deux (12%), mais reste en situation de se maintenir. A noter que le député de Paris séduit 27% des électeurs de l’Insoumise Manon Aubry lors des européennes de 2024. “Comme l’avait fait Anne Hidalgo, Grégoire est en train de prendre l’électorat ‘multiculturaliste‘ (63% des intentions de vote), un groupe décisif à Paris ; c’est un vrai problème pour Sophia Chikirou”, remarque Jean-Yves Dormagen — cette catégorie d’électorat, surreprésentée dans les grandes villes, est notamment sensible aux enjeux sociaux et environnementaux, selon la typologie de l’institut. Il y voit une conséquence de l’alliance passée avec le candidat Vert : “Cette gauche a beaucoup de sympathie pour les écolos et accorde une prime à l’union.” (*) Sondage réalisé par Cluster 17 pour POLITICO entre le 28 et le 31 janvier 2026 sur un échantillon de 1201 Français dont 1104 inscrits sur les listes électorales à Paris, et représentatifs de la population parisienne, par âge, genre, catégorie socioprofessionnelle, arrondissements d’habitation et votes antérieurs (Présidentielle 2022, Européennes 2024 et Municipales 2020). La marge d’erreur pour 1104 personnes est comprise entre 1,5 et 2,8 points.
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Alpes 2030 : un an de tensions et de prises de bec
L’ambiance est grave, ce lundi 26 janvier, alors que les membres du bureau exécutif du projet “Jeux olympiques Alpes françaises 2030” sont réunis virtuellement. Derrière leurs écrans, les participants — représentants de l’Etat, direction du Cojop, présidents des collectivités concernées — écoutent, concentrés, l’intervention du président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier. L’accent chantant de cet ancien médecin du sport, aux 35 ans de carrière politique, ne masque pas la contrariété : ne serait-il pas temps “d’arrêter le délire”, interroge-t-il au micro, avant d’inviter les uns et les autres à unir leurs forces pour la réussite du projet. Fabrice Pannekoucke, homologue de Muselier au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, prévient à son tour : “Maintenant, il faut que ça délivre.” Ce double rappel à l’ordre, quoiqu’il jette un léger froid, n’est pas tout à fait une surprise, pour les membres du bureau exécutif, qui ne le savent que trop bien : depuis son attribution par le CIO en 2024, le projet des Jeux olympiques 2030, notamment porté par ces deux présidents de région, ne cesse d’enchaîner les accrocs.  Dernière en date : le départ, annoncé vendredi 23 janvier, du directeur de la communication du Cojop, Arthur Richer, qui a jeté l’éponge pour cause de “désaccord sur la stratégie à mettre en place”. Mi-décembre, c’est la directrice des opérations, Anne Murac, une ex de Paris 2024 — où, de l’avis général, elle a excellé — qui a claqué la porte du Cojop. Deux défections qui ont poussé la ministre des Sports, Marina Ferrari, à tirer la sonnette d’alarme, appelant, ce même 23 janvier — soit trois jours avant la tenue du bureau exécutif — à “une clarification rapide et complète sur la gouvernance et la stabilité de l’organisation”. Les Alpes 2030 “exigent une organisation exemplaire, structurée et pleinement opérationnelle”, alertait-elle encore dans un communiqué — des mots soupesés qui, a appris POLITICO, ont été validés par Matignon, acteur discret mais présent dans ce dossier délicat.  Aux grands maux, les grands moyens : l’impasse est telle que les membres du bureau exécutif ont pris la décision de confier une “mission flash” de quelques semaines à Etienne Thobois, un homme qui n’est pas ce que l’on pourrait appeler un débutant. Ex-directeur général des Jeux de Paris 2024, bras droit de Tony Estanguet, Thobois est considéré comme l’un des meilleurs experts de l’événementiel sportif. Sa feuille de route est claire : remettre le Cojop sur les rails. Ou, selon le communiqué diffusé le lendemain de la réunion : l’accompagner dans “une nouvelle phase de sa structuration” pour parvenir à “une organisation plus lisible, stable, et opérationnelle”.  “FAIRE UN TRUC SÉRIEUX” Si le président du Cojop, l’ancienne star du ski de bosses Edgar Grospiron, préfère se rassurer en affirmant que les difficultés s’expliquent par son “ambition des plus élevées”, le dossier des Alpes 2030 n’a rien de simple, tant les acteurs sont multiples et les contraintes nombreuses. Le budget, déjà, est limité, les instigateurs du projet s’étant engagés à organiser les Jeux les “moins chers de l’histoire“. Soit une enveloppe qui ne doit pas dépasser les 2,1 milliards d’euros pour le budget du Cojop dont 74% doit être financé par des ressources privées — à titre de comparaison, les derniers Jeux d’hiver, à Pékin en 2022, ont officiellement coûté 3,9 milliards de dollars. Or, aucun sponsor ou financeur privé ne s’est encore fait connaître, même si Edgar Grospiron continue de promettre “des annonces avant le début des Jeux de Milan” (qui démarrent vendredi), martelait-il dans Ouest France hier. “ Les partenaires privés voient la mauvaise pub faite autour des Alpes 2030 et n’osent pas s’engager”, déplore un acteur du dossier. Malgré la promesse de Jeux “durables”, l’événement est contesté sur le plan démocratique comme environnemental. Plusieurs associations et collectifs citoyens ont ainsi saisi la justice — et même l’ONU — pour réclamer plus de débat et de transparence sur “l’intérêt général du projet”, des demandes auxquelles la justice a pour l’instant accédé. Contrairement aux Jeux de Paris 2024 où la plupart des sites étaient concentrés sur une zone géographique relativement restreinte, ceux des Alpes s’étendent sur plus de 600 km, quatre départements et deux régions, celles-là mêmes qui ont monté le dossier initial : Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. “Les Alpes 2030, c’est Renaud Muselier qui se réveille un matin et se dit ‘et pourquoi on n’aurait pas les Jeux ?’. Et il s’engage à fond”, se souvient, sourire aux lèvres, Arnaud Murgia, le maire de Briançon, qui a suivi chacune des étapes.  Le projet recevra, à Paris, l’assentiment du président de la République qui, toujours selon Murgia, demande alors à Renaud Muselier “de faire un truc sérieux”. Commence donc une phase de discussions entre cet ex-LR, rallié à Renaissance, et son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes, à l’époque Laurent Wauquiez.  L’ancien président des Républicains, réputé autoritaire, provoquera bien vite quelques dissensions — sollicité, il n’a pas répondu à nos questions. “Laurent a un mode de gouvernance assez souple et doux”, ironise ainsi auprès de nous un élu qui a pu éprouver ses méthodes et le concède, cette fois sans aucune dérision : “C’est le patron chez lui.” Au printemps 2025, Wauquiez mettra par exemple son grain de sel dans le processus de sélection d’un directeur de la communication pour le Cojop, s’opposant à la candidature de Loïc Signor, ancien porte-parole de Renaissance, jugé trop proche d’Emmanuel Macron. Autre point de crispation : le partage des lieux de compétition entre les deux régions. “Laurent était en mode ‘je veux tous les sites dans mes Alpes’, il estimait que les Alpes du Sud ne les méritaient pas”, se remémore Renaud Muselier auprès de POLITICO. A l’époque, les échanges sont “violents”, affirme-t-il encore, entre ces deux élus maîtres en leurs territoires — mais elles se sont depuis largement améliorées, jure l’élu marseillais. Après plusieurs discussions, ils finissent par trouver un accord : au Nord, le ski ; au Sud, le freestyle et la glace. “On s’est partagé en médailles et on a fait moitié-moitié”, décryptera après-coup Muselier qui estime que, dans l’affaire, chacun a été gagnant. “L’avantage de Wauquiez et Muselier, c’est qu’une fois qu’ils se sont dit les choses, ça roule”, abonde Arnaud Murgia.  Si chaque région a son type de discipline, le partage entre stations est un autre motif de frictions. Dans le projet initial, quatre pôles ont été identifiés par les élus : la Savoie et la Haute-Savoie pour AURA, le Briançonnais et Nice en PACA. Mais le diable se cache dans les détails. Ou plutôt en Savoie. SYMBOLE Située à la frontière franco-italienne, dans le massif de la Vanoise en Haute-Tarentaise, Val d’Isère est considérée comme l’une des capitales mondiales du ski. C’est sur sa piste mythique que s’est déroulée une partie des épreuves des Jeux d’Albertville en 1992 et où a lieu, chaque année, le Critérium de la première neige (en décembre) et des épreuves de la Coupe du monde de ski. Son meilleur ambassadeur ? Le triple champion olympique Jean-Claude Killy, qui y a passé une partie de son enfance.  Au tout début du projet Alpes 2030, Val d’Isère ne figure pourtant pas sur la carte des sites envisagés pour les épreuves de ski : contraints par leur budget serré, les élus ont proposé que les courses des disciplines reines se tiennent sur les sites de Courchevel et Méribel, plus proches géographiquement. “C’était déjà difficile de faire accepter au CIO (le comité international olympique) qu’il y aurait quatre pôles et non un seul, il y avait une vraie pression pour que ça n’aille pas plus loin”, justifie Murgia — Val d’Isère étant alors considéré comme un cinquième pôle. D’après un conseiller qui a suivi l’ébauche du projet presque pas à pas, ce serait pourtant “Wauquiez [qui] a viré ‘Val’ de la carte des JO”, soutient-il, sans réussir à réellement expliquer pourquoi… Avant d’en devenir l’un des principaux promoteurs, encore récemment, comme lorsqu’il a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux, pour vanter “le boulot de dingue” qui est fait par les équipes de la station et espérer “que ce sera bientôt les JO”.  Toujours est-il que lorsque Jean-Claude Killy constate que Val d’Isère ne figure pas sur la carte des épreuves, il se montre “très ému et remonté” selon le même conseiller. Le champion olympique s’en ouvre alors à l’un de ses amis, Michel Barnier.  L’ordonnateur des Jeux de 92 a mis un pied dans le dossier 2030 dès son arrivée à Matignon. C’est lui qui, peu de temps après sa nomination, signe la lettre de garanties de l’Etat — ce que son prédécesseur Gabriel Attal se refusait à faire, arguant du fait qu’étant en gestion des affaires courantes depuis la dissolution, il n’était pas de son ressort d’engager l’Etat à soutenir financièrement les Jeux. Après avoir quitté la Rue de Varenne, Barnier se voit attribuer une “mission de préfiguration” pour le Cojop, pendant laquelle il participe à “mettre de l’huile dans les rouages”, selon plusieurs interlocuteurs avec qui POLITICO a échangé. C’est lui qui, par exemple, et tout au long de l’hiver 2025, traitera Martin Fourcade pour le convaincre d’accepter le job de président du Cojop. En vain. L’adoubement d’Emmanuel Macron — qui le qualifiait de “Tony Estanguet des montagnes” —, des sujets de sponsors, opportunément relevés par Laurent Wauquiez, et quelques maladresses avec les élus locaux comme cette interview dans L’Equipe dans laquelle Fourcade détaillait son projet pour les Jeux avant même d’avoir été nommé, agaçant les politiques concernés, ont eu raison de la motivation du sextuple champion olympique de biathlon. Exit Martin Fourcade, c’est Edgar Grospiron qui hérite du poste prestigieux de président du Cojop. Et qui, pendant quelques mois, cohabitera avec Michel Barnier qui ne cesse de s’enraciner dans le projet Alpes 2030, raconte Le Parisien en mars 2025.  Sensible à la cause de Val d’Isère et aux souhaits de Jean-Claude Killy, qu’il présente régulièrement comme son “frère”, Barnier met donc tout son poids politique dans la balance pour remettre la station savoyarde dans le projet, quand bien même cela se fait au détriment d’une autre station, celle de Méribel. Alors que la carte officielle des sites olympiques devait être dévoilée l’automne dernier, sa présentation a de nouveau été ajournée tant elle est devenue un sac de nœuds. Arrivée au ministère des Sports en octobre, dans les valises du gouvernement Lecornu, la Savoyarde Marina Ferrari a fait le choix de temporiser et de reporter l’annonce officielle des sites au mois de juin 2026. “Je ne suis pas inquiet, ce sujet ne représente pas un risque pour le projet”, a tenté de rassurer Edgar Grospiron dans Ouest France hier. Un énième exemple d’interventionnisme politique qui ne gêne pas le président du Cojop qui s’accommode parfaitement, selon certains qui ont pu le voir à l’œuvre, de la présence forte des élus. N’a-t-il d’ailleurs pas coutume de dire, en interne, que “les chefs ce sont les politiques” lui qui avait aussi promis de “ne pas faire de politique”, lors de sa candidature de dernière minute, après le fiasco Fourcade ? De fait, le Cojop répond théoriquement aux élus. Le 22 février prochain, lorsque l’organisation de Milan-Cortina transmettra le flambeau des Jeux d’hiver à la France, ce n’est pas Edgar Grospiron mais Fabrice Pannekoucke et Renaud Muselier, les représentants des collectivités hôtes, qui seront sur la scène.  Et le plus dur, alors, commencera. 
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