
SONDAGE EXCLUSIF : Nicolas Mayer-Rossignol grand favori des municipales à Rouen
POLITICO - Wednesday, March 11, 2026Maire depuis 2020, Nicolas Mayer-Rossignol, à la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI) fait figure de grand favori de cette élection municipale. Dans un sondage réalisé par Cluster 17* et dévoilé en exclusivité par POLITICO mercredi, le socialiste est crédité de 42% des intentions de vote au premier tour et fait la course loin devant son adversaire Horizons Marine Caron. Candidate de l’union de la droite et du centre, celle-ci recueillerait 26% des voix selon l’institut.
Deux candidats complètent le podium : Grégoire Houdan (Rassemblement national) et Maxime Da Silva (La France insoumise) sont tous deux estimés à 15% et auraient donc la possibilité de se maintenir au second tour, ouvrant la voie à une quadrangulaire sans grand suspense. “A partir du moment où le maire sortant fait plus de 40% des voix au premier tour, il part avec un très gros avantage et on a du mal à voir qui pourrait le battre”, analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17.
Fait notable : “NMR” performe dans toutes les catégories de population ou clusters (selon la méthodologie de l’institut), ce qui est “relativement rare”, souligne le sondeur. Sa liste d’union de la gauche est très forte dans l’électorat de gauche : il convainc 70% des “sociaux-démocrates” et “sociaux-républicains”, 41% des “solidaires” et “révoltés”, traditionnellement plus portés vers LFI, et 49% des “multiculturalistes”, cet électorat progressiste sur les questions de société et notamment sensible aux enjeux écologiques.
Mais il attire aussi certains électeurs du centre et de la droite. Le maire sortant parvient ainsi à convaincre 28% des “centristes et libéraux”, ou 22% des “réfractaires” et “sociaux-patriotes”, deux électorats se tournant majoritairement vers le RN. “On est ici dans une logique de maire qui rassemble, au-delà de leur coalition, qu’on observait plus fréquemment dans le passé”, décrypte Jean-Yves Dormagen.
Face à lui, la candidate de la droite et du centre, Marine Caron, peine à faire le plein. “Elle n’arrive pas à avoir tout l’électorat Renaissance”, relève le sondeur, qui pointe qu’il n’y a “pas de logique de vote utile de l’ensemble des conservateurs”. Elle “ne capte pas du tout ou très mal l’électorat RN”, ajoute-t-il, émettant l’hypothèse que la candidate paye, dans cet électorat très anti-Macron, le fait d’être soutenu par Horizons, Renaissance et le MoDem.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 10 mars 2026, via des questionnaires autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 671 personnes, représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Rouen, âgée de 18 ans et plus, dont 504 personnes inscrites sur les listes électorales. L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 504 personnes est comprise entre 1,9 et 4,5 points.