Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo
des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions
lors des dernières heures de campagne.
PARIS — Quelques soupirs de soulagement vont peut-être se faire entendre sur la
Canebière à la lecture du sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par
POLITICO. Selon cette étude, le Rassemblement national n’est pas en mesure de
remporter Marseille. Donné à 39% des intentions de vote, le candidat d’extrême
droite Franck Allisio accuserait un retard de 14 points sur le maire de gauche,
Benoît Payan, crédité pour sa part de 53% des suffrages. Loin derrière, Martine
Vassal, des Républicains, n’attirerait que 8% des voix pour ce second tour.
Le sortant, s’il l’emporte, pourra remercier les électeurs Insoumis. Si un tiers
de ceux ayant voté pour Sébastien Delogu au premier tour des municipales (11,94%
des Marseillais) compte s’abstenir, selon Jean-Yves Dormagen, le président de
Cluster 17, la quasi totalité de ceux qui voteront sont prêts à choisir un
bulletin Benoît Payan (à 98%). De quoi aider l’élu à creuser l’écart avec le RN,
alors que moins de deux points les séparait il y a une semaine (36,70% contre
35,02%).
L’électorat de Martine Vassal est plus divisé. Elle en conserve presque la
moitié, mais 32% lui préféreront le maire sortant ; 22% opteraient pour le
candidat du RN. Difficile, si ces chiffres sont confirmés dans les urnes, de
dire avec certitude ce qu’aurait changé le retrait de la présidente de la
métropole, si Martine Vassal avait fait ce choix, explique Jean-Yves Dormagen :
“Il aurait bénéficié aux deux, peut-être un tout petit plus à Benoît Payan, mais
pas dans des proportions très fortes. Il y aurait sans doute eu plus
d’abstention”.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en
ligne, entre le 18 et le 19 mars 2026, auprès de 738 personnes représentatives
de la population de Marseille âgée de 18 ans et plus, dont 643 inscrites sur les
listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas
(genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un
redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique
sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 643 personnes, la marge
d’erreur est comprise entre 2,3 et 3,9 points.
Tag - Energie et Climat France
Avertissement : le sondage dont nous vous dévoilons les résultats est une photo
des rapports de forces à un instant T et ne présage pas des possibles évolutions
lors des dernières heures de campagne.
PARIS — Après avoir pris l’avantage lors du premier tour, en recueillant 37,98%
des voix, Emmanuel Grégoire semble en bonne position pour transformer l’essai
dimanche. Le candidat socialiste est crédité de 48% des intentions de vote pour
le second tour, en progression de 10 points, dans le sondage Cluster 17* dévoilé
en exclusivité par POLITICO ce vendredi.
L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo devancerait ainsi de 7 points sa
principale adversaire, Rachida Dati (41%), à la tête d’une liste d’union de la
droite et du centre — elle progresserait toutefois d’environ 15 points par
rapport au premier tour, où elle a obtenu 25,46% des voix. Presque stable, en
troisième position avec 11% des intentions de vote, la candidate Insoumise
Sophia Chikirou n’est pas en capacité de jouer les arbitres.
BALLE AU CENTRE
Grégoire parviendrait donc à creuser l’écart avec Dati, bien que celle-ci ait
fusionné sa liste avec une partie de celle du candidat Horizons et Renaissance,
Pierre-Yves Bournazel, et qu’elle bénéficie du retrait de Sarah Knafo
(Reconquête), qui avait recueilli 10% des voix. Cela s’explique notamment parce
qu’une majorité (57%) des électeurs de “PYB” se reporterait sur le candidat de
l’union de la gauche plutôt que sur sa rivale (42%).
“A ce stade, le centre gauche et une bonne partie du centre votent plutôt
Grégoire, ce qui fait la différence dans une ville comme Paris, qui vote plutôt
à gauche”, analyse Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17.
C’est ce que prouve l’analyse des clusters (la méthodologie de l’institut). Chez
les “modérés”, l’ancienne ministre de la Culture est largement distancée (21%
contre 78% pour Grégoire). Même constat chez les électeurs se disant
“socio-démocrates” et “socio-républicains”, où le député de Paris est
hégémonique (85% contre 14%).
Dati profite en revanche du report quasi complet (99%) de l’électorat de Knafo,
et surperforme dans les clusters traditionnels de la droite et de l’extrême
droite, comme les “conservateurs” (95%), “identitaires” et “autoritaires” (97%).
Mais ce pourrait être insuffisant pour conquérir la mairie. “Mécaniquement, elle
ne peut pas gagner si elle n’a pas le centre avec elle”, souligne Dormagen, qui
considère que “l’électorat de Bournazel est l’arbitre de l’élection”.
A l’autre bout de l’échiquier politique, Sophia Chikirou conforte son résultat
grâce à un électorat fidèle : près de 89% des Parisiens qui ont voté pour elle
au premier tour récidiveraient au second.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en
ligne, entre le 17 et le 19 mars 2026, auprès de 1 616 personnes représentatives
de la population de Paris âgée de 18 ans et plus, dont 1 437 inscrits sur les
listes électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas
(genre, âge, catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un
redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique
sur la base du premier tour des municipales 2026. Pour 1 437 personnes, la marge
d’erreur est comprise entre 1,6 et 2,6 points.
Edouard Philippe est en passe de réussir son pari : se faire réélire maire du
Havre à 14 mois de la présidentielle. Le président d’Horizons est en effet
crédité de 47% des intentions de vote dans un sondage Cluster 17 dévoilé en
exclusivité par POLITICO jeudi. L’ancien Premier ministre bénéficie d’une avance
de 8 points sur son adversaire principal, Jean-Paul Lecoq, candidat du Parti
communiste (39%).
En recueillant 43,76% des voix au premier tour, le maire sortant a déjoué les
pronostics — et rassuré ses troupes chez Horizons — en se plaçant dans une
position plus confortable qu’attendu, 10 points devant son poursuivant
communiste.
Soucieux de maintenir la mobilisation de ses partisans lors du second tour,
Edouard Philippe s’est gardé de tout triomphalisme, dimanche dernier.
Il faut dire qu’il est engagé dans une triangulaire inédite depuis 1995 dans la
préfecture de Seine-Maritime après la qualification de Franck Keller (15,3%),
candidat de l’Union des droites pour la République (UDR), soutenu par le
Rassemblement national. Parachuté au Havre, ce conseiller municipal de
Neuilly-sur-Seine est crédité de 14% des intentions de vote pour le second tour.
2027 EN LIGNE DE MIRE
“Ce serait une surprise qu’Edouard Philippe perde l’élection”, commente
Jean-Yves Dormagen, président de Cluster 17. “L’enjeu symbolique” étant de
savoir si Philippe parvient à être “majoritaire ou pas dans sa propre ville”,
ajoute-t-il.
La plus grande prudence s’impose néanmoins dans l’analyse des sondages de second
tour, de manière générale, et surtout en cas de triangulaire. “Il y a beaucoup
plus d’hésitation [des électeurs] et les reports de voix évoluent tous les
jours”, explique Dormagen, soulignant que les “dynamiques” sont souvent fortes
dans les entre-deux-tours, alors que les instituts captent l’opinion “à un
instant T”.
D’après son étude, 90% des électeurs de la candidate Insoumise Charlotte
Boulogne (qui avait recueilli 4% des suffrages au premier tour) se reporteraient
sur le député communiste de Seine-Maritime, quand les 10% restants choisiraient
Edouard Philippe. Le maire sortant récupérerait aussi une faible part (14%) des
électeurs au premier tour de Franck Keller.
La candidature à la présidentielle d’Edouard Philippe a été l’un des thèmes de
la campagne, ses deux adversaires estimant que le maire sortant délaissera sa
ville dès lors qu’il sera reconduit dans ses fonctions. “Je suis entouré, j’ai
dans mon équipe des gens capables d’endosser ce rôle de maire, mais nous n’en
sommes pas là”, s’est défendu l’intéressé, lors du débat d’entre-deux-tours
mercredi sur France 3 Normandie.
(*) Sondage Cluster 17 pour POLITICO réalisé par questionnaire autoadministré en
ligne, entre le 16 et le 18 mars, auprès de 630 personnes représentatives de la
population du Havre âgée de 18 ans et plus, dont 538 inscrits sur les listes
électorales. L’échantillon est réalisé selon la méthode des quotas (genre, âge,
catégorie socioprofessionnelle). L’enquête a fait l’objet d’un redressement
sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base du
premier tour de la présidentielle 2022, des élections municipales 2020 et
européennes 2024. Pour 538 personnes, la marge d’erreur est comprise entre 1,9
et 4,5 points.
BRUXELLES — Si Donald Trump avait voulu que les Européens achètent plus de
pétrole et de gaz, il n’aurait peut-être pas dû bombarder l’Iran.
Bien que l’approvisionnement énergétique du Vieux Continent reste sûr, les prix
du carburant et de l’électricité ont grimpé en flèche depuis que les Etats-Unis
et Israël ont lancé des frappes sur Téhéran à la fin du mois de février.
Dans leur empressement à freiner cette hausse soudaine, certains gouvernements
ont vu une opportunité d’attaquer la législation environnementale de l’Union
européenne, tandis que d’autres ont saisi l’occasion de la hausse des prix des
énergies fossiles pour affirmer que l’UE doit redoubler d’efforts en matière de
lutte contre le changement climatique.
Mais le choc de coûts provoqué par la guerre a rappelé aux sceptiques et aux
partisans de l’écologie en Europe que leur continent pauvre en ressources est
vulnérable à la volatilité des prix à l’importation tant que le pétrole et le
gaz constituent une part essentielle de son mix énergétique.
De l’Espagne à la Pologne, les gouvernements se sont unis cette semaine autour
d’un même message : l’Europe doit accélérer sa transition en abandonnant les
énergies fossiles étrangères au profit d’une énergie propre domestique.
“Nous vivons dans un environnement géopolitiquement instable. Nous devons donc
réduire notre dépendance à l’égard des combustibles fossiles importés”, défend
auprès de POLITICO le ministre bulgare de l’Environnement, Julian Popov, qui
fait actuellement partie du gouvernement intérimaire du pays.
“Je veux dire, voulons-nous être un pétro-Etat, une pétro-Union ou un
pétro-continent sans ressources pétrolières ?” lance-t-il. “C’est totalement
ridicule. Nous devons accélérer notre électrification.”
La flambée des prix de l’énergie qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la
Russie en 2022 a entraîné une baisse systémique de la consommation de gaz en
Europe, et la situation actuelle pourrait bien avoir un effet similaire, a
anticipé la ministre néerlandaise du Climat, Stientje van Veldhoven, lors d’une
interview mardi.
La crise iranienne “crée une forte incitation pour tous les pays à évaluer
soigneusement leur utilisation du pétrole et du gaz et à voir comment ils
peuvent réduire non seulement leur dépendance géopolitique, mais aussi l’impact
qu’elle a sur leur économie et leur stabilité sociale”, a-t-elle estimé.
Pour les Etats-Unis, cela signifie que l’un de leurs meilleurs clients perd de
l’intérêt pour ses produits. Le Vieux Continent est en effet le principal
destinataire du gaz naturel liquéfié américain, et Donald Trump a cherché à
s’assurer que les Européens achètent encore plus de ses énergies fossiles.
Pourtant, par inadvertance, son attaque contre l’Iran a renforcé les appels à ce
que l’Europe prenne la direction opposée.
LE PRIX DE LA DÉPENDANCE
Le choc actuel est de bien plus faible magnitude que la crise énergétique de
2022, qui avait fait grimper les prix du gaz en Europe au-dessus de 300 euros le
mégawattheure. Cette semaine, le prix a oscillé autour de 50 euros, alors qu’il
était d’environ 30 euros avant la guerre en Iran.
La ministre du Climat et de la Croissance verte, Stientje van Veldhoven-van der
Meer, lors d’un débat sur le Conseil Energie de l’UE au Parlement néerlandais,
le 5 mars 2026 à La Haye. | John Beckmann/DeFodi Images/DeFodi via Getty Images
Pourtant, comme l’a écrit la présidente de la Commission européenne, Ursula von
der Leyen, dans une lettre adressée lundi aux dirigeants de l’UE,
“l’augmentation des prix des combustibles fossiles pèse déjà sur notre
économie”.
Depuis que les Etats-Unis et Israël ont commencé à bombarder l’Iran, ce qui a
incité Téhéran à bloquer la navigation dans le golfe Persique, l’Union a “déjà
dépensé 6 milliards d’euros supplémentaires en importations de combustibles
fossiles, ce qui nous rappelle directement le prix que nous payons pour notre
dépendance”, a-t-elle ajouté.
Lors d’un sommet qui se tiendra jeudi à Bruxelles, les chefs d’Etat et de
gouvernement européens débattront de la meilleure façon de lutter contre les
prix de l’énergie à court terme. En ce qui concerne la politique à long terme,
les gouvernements sont largement d’accord.
“Devenir indépendant du pétrole et du gaz est l’une des questions clés, comme le
montre une fois de plus la crise à laquelle nous sommes confrontés […] en raison
du conflit au Moyen-Orient”, a considéré le ministre allemand de
l’Environnement, Carsten Schneider, mardi, appelant à un développement plus
rapide des énergies renouvelables et des réseaux électriques.
Lundi, son collègue homologue Kaspars Melnis a avancé devant la presse : “Si
vous parlez des prix de l’énergie, ce que nous pouvons faire, c’est [produire]
de plus en plus notre propre énergie renouvelable.”
LEÇON RETENUE
Les efforts déployés par l’Europe pour développer les énergies renouvelables —
et, dans certains pays, l’énergie nucléaire — s’inspirent des leçons tirées de
la crise de 2022.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’adresse aux
médias au Berlaymont, le siège de la Commission européenne, le 18 mars 2026 à
Bruxelles. | Thierry Monasse/Getty Images
“Il est important pour moi de souligner que la situation de l’UE est bien
meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était en 22. Pourquoi ? Parce que nous avons
plus de renouvelables dans notre système, parce que nous avons diversifié notre
approvisionnement en général de notre système énergétique, parce qu’il y a moins
d’heures où c’est le gaz qui fixe le prix de l’électricité”, a énuméré Dan
Jørgensen, le commissaire européen à l’Energie, lundi.
Dans sa lettre de lundi, Ursula von der Leyen note que la part des renouvelables
dans le mix électrique de l’UE est passée de 36% en 2021 à près de 50%
aujourd’hui.
Alors que le gaz coûteux tend à fixer le prix global de l’électricité dans le
système européen, plus la part d’électricité propre d’un pays est élevée, plus
ses coûts sont bas. Les recherches ont montré que les prix de l’énergie ont
beaucoup moins augmenté en Espagne, pays alimenté par les énergies
renouvelables, qu’en Italie, pays dépendant du gaz.
Mais l’Espagne et d’autres pays soucieux de l’environnement ne sont pas les
seuls à voir dans la guerre en Iran une raison de renoncer aux importations de
combustibles fossiles.
“Je constate que même des collègues qui, disons, lorsque le climat était la
raison d’aborder ce sujet, avaient des inquiétudes […] mais ils voient aussi que
le poids de ces conséquences [de la guerre en Iran] est une raison très
importante d’agir, parce que cela réduit ces coûts”, a déclaré Stientje van
Veldhoven, la ministre néerlandaise.
Même à Varsovie, où le climat a tendance à être un sujet politiquement
inflammable, le bond des coûts de l’énergie incite à développer les
renouvelables.
“Je tiens à préciser à tous les sceptiques que les sources d’énergie
renouvelables sont avant tout la source d’énergie la plus souveraine pour la
Pologne”, a souligné mardi le Premier ministre polonais Donald Tusk. “La guerre
en Iran montre clairement à quel point la dépendance à l’égard des sources
d’énergie externes peut être dangereuse.”
Cet article qui a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité
en français par Jean-Christophe Catalon.
LA GUERRE EN IRAN ET LA CRISE ÉNERGÉTIQUE BOUSCULENT LE PROGRAMME DU SOMMET
EUROPÉEN
Les dirigeants européens espéraient se concentrer sur les problèmes de
compétitivité à long terme de l’Union. Au lieu de cela, ils devront trouver des
solutions aux crises en cours.
Par NICHOLAS VINOCUR
à Brussels
Illustration par Natália Delgado/POLITICO
Les dirigeants européens s’étaient enfin mis d’accord sur la manière de relancer
l’économie chancelante du Vieux Continent et de tracer la voie de son
indépendance vis-à-vis de puissances comme la Chine et les Etats-Unis.
Mais Donald Trump avait d’autres projets.
Tout comme les menaces du président américain de s’emparer du Groenland avaient
dominé la réunion de janvier (et ses droits de douane avaient fait de l’ombre à
une précédente), la guerre américano-israélienne contre l’Iran a bousculé
l’ordre du jour du Conseil européen qui s’ouvrira jeudi, forçant les chefs
d’Etat et de gouvernement à se concentrer sur la crise énergétique à traiter à
court terme, alors que leur objectif initial était de parler de la compétitivité
à long terme.
“Il est essentiel de réduire l’impact sur les prix” de la guerre, a déclaré la
présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’approche du
sommet. “Nous devons apporter une aide dès maintenant […]. [Nous devons]
examiner de manière approfondie les moyens de réduire les factures d’énergie des
citoyens.”
Les prix du pétrole avoisinant les 100 dollars le baril, les dirigeants de l’UE
passeront une grande partie de leur réunion de jeudi à réfléchir à la manière de
compenser l’impact de la flambée des prix de l’énergie sur les entreprises et
les ménages européens, selon plusieurs diplomates à qui, comme d’autres
personnes dans cet article, l’anonymat a été accordé afin d’évoquer les
préparatifs du sommet.
Les prix élevés de l’énergie sont depuis des mois un thème récurrent des
discussions entre dirigeants européens, à l’image de leur rassemblement au
château d’Alden Biesen en Belgique le mois dernier. Mais la volatilité du cours
de l’or noir, résultant des attaques de drones et de missiles iraniens au
Moyen-Orient, a transformé une préoccupation en une urgence pour les chefs
d’Etat et de gouvernement, qui craignent qu’une inflation galopante n’alimente à
nouveau une poussée dans l’opinion des partis populistes et hostiles à l’Union.
“L’accent sera mis très fortement sur les prix de l’énergie ; nous attendons des
propositions de la part de la Commission européenne”, confie un haut diplomate
de l’UE. “La situation des prix de l’énergie existait déjà à Alden Biesen, mais
elle est aujourd’hui très préoccupante.”
Et puis il y a la guerre elle-même : l’Europe reste divisée sur la manière de
répondre à Donald Trump.
Un camp mené par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez fait pression pour
que l’Union européenne utilise les conclusions du Conseil (un texte, souvent
aride, livrant la position politique convenue par les 27 dirigeants à la fin du
sommet) pour appeler au respect du droit international, ce qui équivaudrait à
une réprimande indirecte de Donald Trump et du Premier ministre israélien
Benyamin Netanyahou.
Mais un autre groupe de pays, dont l’Allemagne, hésite à franchir cette étape
susceptible d’irriter le président américain et de mettre en péril l’accord
commercial entre l’UE et les Etats-Unis actuellement examiné par les
parlementaires européens.
Les risques de froisser Donald Trump sont tout simplement trop importants,
pointe un deuxième diplomate européen d’un grand pays. “Nous ne voulons pas
d’escalade sur le plan commercial. Nous voulons que les Etats-Unis s’impliquent
en Ukraine. Nous voulons qu’ils soient impliqués dans l’Otan. Cela vaut-il la
peine de risquer ces objectifs pour s’exprimer sur l’Iran ? Jusqu’à présent, pas
vraiment.”
“Cela vaut-il la peine de dire : ‘Bande d’imbéciles, pourquoi avez-vous fait ça
?’ Non, parce que nous en paierons le prix fort”, ajoute le diplomate.
Il est peu probable que ce sommet soit une occasion manquée pour autant. Les
chefs d’Etat et de gouvernement devraient se mettre d’accord sur des échéances
ambitieuses pour alléger la bureaucratie de l’UE et jeter les bases d’un marché
financier européen plus intégré. Mais leur agenda est, une fois de plus, dicté
principalement par un dirigeant qui réside à Washington, et non en Europe.
ORBÁN, ENCORE
La récente envolée du cours du baril de pétrole a replongé l’Europe dans les
jours sombres de 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait
provoqué une augmentation massive des prix de l’énergie dans toute l’Union.
Ces hausses, bien que compensées par une injection massive de fonds européens,
ont néanmoins profité à l’extrême droite et à l’extrême gauche. Viktor Orbán a
d’ailleurs axé sa campagne actuelle pour sa réélection sur l’idée que la guerre
en Ukraine a été trop coûteuse.
Viktor Orbán lui-même s’est montré ouvert à un accord, qui pourrait également
inclure le déblocage d’un 20e paquet de sanctions contre la Russie. | Attila
Kisbenedek/AFP via Getty Images
L’attitude du Premier ministre hongrois devrait à nouveau être au cœur de la
réunion de cette semaine : sa menace d’opposer son veto à un prêt européen de 90
milliards d’euros pour l’Ukraine risque d’être le grand dossier non résolu de ce
sommet, ce qui hérisse ses homologues. Leur exaspération est à son paroxysme,
selon le diplomate de haut rang précité, qui relate que les autres dirigeants
usent d’un ton “beaucoup plus direct, voire conflictuel” avec Budapest en
coulisses.
Viktor Orbán n’ayant pas tenu sa promesse de soutenir le prêt à Kiev, d’autres
pays ont pu l’attaquer devant la Cour européenne de justice pour violation du
principe de “coopération sincère” de l’UE, évoquent les deux diplomates.
Toutefois, ces derniers ont reconnu que toute procédure judiciaire prendrait des
mois, voire des années, avant d’aboutir, ce qui est beaucoup trop long pour
l’Ukraine, qui a besoin du prêt des Européens dans les mois à venir.
L’alternative serait de parvenir à un accord jeudi. Les deux mêmes diplomates
apparaissent optimistes, indiquant que Viktor Orbán lui-même s’est montré ouvert
à un accord, qui pourrait également inclure le déblocage d’un 20e paquet de
sanctions contre la Russie, actuellement bloqué par Budapest et Bratislava.
Les chefs d’Etat et de gouvernement devraient également s’affronter sur
l’orientation à long terme des politiques énergétiques de l’Europe. Avant le
sommet, un groupe de pays nordiques et l’Espagne ont écrit à la Commission pour
défendre le marché carbone européen (de son nom, le système d’échange de quotas
d’émission, SEQE ou ETS en anglais), arguant qu’une plus grande utilisation des
énergies renouvelables rendrait l’UE plus autonome.
Mais ils se heurtent à l’Italienne Giorgia Meloni et au Polonais Donald Tusk,
qui poussent pour modifier le marché carbone afin de compenser les éventuelles
hausses de prix — leurs deux pays étant de grands consommateurs d’énergies
fossiles.
“Je ne sais pas si nous allons jusqu’à supprimer complètement l’ETS”, répond le
second diplomate de l’UE, interrogé sur les demandes de son pays pour le sommet
européen.
Avant de compléter : “Si vous avez une flambée [des prix] causée par un choc
externe, il doit y avoir un mécanisme par lequel l’ETS n’en rajoute pas
par-dessus ce choc.”
IRAN ET UKRAINE
Une autre préoccupation majeure est l’impact de la guerre en Iran sur l’Ukraine,
étant donné que la flambée des prix du pétrole a rempli les caisses du Moscou au
moment même où son armée perd le contrôle de la région de Dnipropetrovsk, dans
l’est de l’Ukraine. Les dirigeants européens craignent également que la demande
d’armes américaines pour la guerre contre l’Iran ne prive Kiev des armes dont il
a tant besoin et qui, dans de nombreux cas, sont achetées avec l’argent de l’UE.
Les diplomates estiment que ce pourrait être l’occasion pour l’industrie
européenne de la défense d’intervenir, tout en fournissant à l’Ukraine les
revenus dont elle a tant besoin, compte tenu de sa capacité de production. En
effet, Kiev a annoncé envoyer des opérateurs et des technologies antidrones pour
aider les Etats du Golfe.
La volonté de prendre l’avantage se reflète dans un projet de conclusions, daté
du 9 mars et vu par POLITICO, dans lequel les chefs d’Etat et de gouvernement
appellent à un “changement radical” dans le renforcement de l’industrie de la
défense de l’UE. Une version précédente n’incluait pas une formulation aussi
forte.
Mais il n’est pas certain que l’industrie européenne de la défense puisse
répondre à la demande.
La flambée des prix du pétrole a rempli les caisses du Moscou, dirigé par le
président Vladimir Poutine, au moment même où son armée perd le contrôle de la
région de Dnipropetrovsk, dans l’est de l’Ukraine. | Gavriil Grigorov/AFP via
Getty Images
Après la guerre en Ukraine, il s’agit d’un nouveau défi pour l’industrie : les
conflits militaires prolifèrent si rapidement que le secteur ne peut pas
répondre à la demande de production, selon le PDG du géant italien de la défense
Leonardo, Roberto Cingolani.
“Un effort important est en cours” pour aider les pays du Golfe attaqués par
l’Iran, a déclaré Roberto Cingolani lors de la présentation du plan stratégique
de l’entreprise à Rome la semaine dernière.
Mais “pour être honnête”, a-t-il ajouté, “le nombre de guerres […] augmente
encore plus vite que notre programme Capacity Boost”, en référence à une
initiative de Leonardo visant à augmenter la capacité de production en réponse à
une demande croissante.
Jacopo Barigazzi a contribué à cet article, qui a d’abord été publié par
POLITICO en anglais, puis a été édité en français par Jean-Christophe Catalon.
PARIS — L’Etat et EDF ont finalisé les modalités de financement des six nouveaux
réacteurs nucléaires voulus par Emmanuel Macron, a annoncé l’Elysée dans un
communiqué à l’issue d’un conseil de politique nucléaire qui s’est tenu
aujourd’hui à Penly.
L’Etat s’est engagé à financer 60% du “montant total” des réacteurs —
actuellement estimé à 72,8 milliards d’euros de 2020 — via un prêt à taux zéro
“financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts”.
Ce fonds est alimenté par les fonds du livret A, consacrés jusqu’ici au
financement du logement social, mais dont les dirigeants de la banque publique
laissaient régulièrement entendre depuis plusieurs mois qu’ils pourraient aussi
être utilisés pour financer le nucléaire. Pour l’Etat, ce montage financier a
l’avantage de ne pas peser sur les finances publiques.
“Le Livret A, et les autres livrets de la Caisse des dépôts, permettront de
financer, en partie, le nouveau nucléaire”, a confirmé une conseillère de Bercy
dans un message envoyé à la presse.
En échange, EDF a promis de respecter le calendrier et le devis des six
réacteurs et que l’énergéticien a déjà revu à la hausse plusieurs fois. Il s’est
aussi engagé à mettre en oeuvre les conclusions de l’audit mené par la
délégation interministérielle au nouveau nucléaire (Dinn), dont l’Elysée n’a pas
détaillé les conclusions.
Le montage financier de cette aide d’Etat doit encore être validé par la
Commission européenne, avec laquelle l’exécutif français a engagé des
discussions fin 2025 qu’il espère conclure d’ici la fin de cette année.
“Ce financement sera contracté à l’issue de la procédure de notification en
cours avec la Commission européenne”, précise la Banque des territoires, qui
appartient au groupe Caisse des dépôts, dans un communiqué.
Pas de suspense en vue à Perpignan, ou presque, tant la réélection de Louis
Aliot semble le scénario le plus probable, les 15 et 22 mars prochains. Le maire
Rassemblement national sortant est crédité de 46% des intentions de vote au
premier tour des municipales dans le sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité
par POLITICO jeudi. “Il n’est pas loin d’une possible réélection dès le premier
tour” qui se tiendra dimanche, constate Jean-Yves Dormagen, président de
l’institut.
Les oppositions sont loin derrière. La gauche est divisée : pas moins de trois
listes se présentent devant les électeurs. La candidate PS-Place publique Agnès
Langevine est créditée d’un score de 15%, tout comme son concurrent Insoumis,
Mickaël Idrac. Juste derrière eux, à 14% des intentions de vote, on trouve la
liste d’union de la droite et du centre menée par Bruno Nougayrède.
Parti en dissidence contre l’avis du PS local (mais avec le soutien notamment du
Parti communiste et du Parti radical de gauche), Mathias Blanc obtiendrait 9%
des suffrages et serait dans l’impossibilité de se maintenir au second tour. La
liste de Pascale Advenard (Lutte ouvrière) est créditée de 1%.
“L’ESPACE MACRONISTE EST EN VOIE DE DISPARITION”
Si Louis Aliot est si haut dans les estimations, c’est bien sûr parce qu’il est
“très fort” à droite et à l’extrême droite, un électorat majoritaire dans cette
ville, note Jean-Yves Dormagen. L’étude des clusters, ou catégories de
population, (la méthodologie de l’institut) le montre bien : le maire sortant
convainc 91% des “conservateurs”, “antiassistanat” et “traditionnalistes”, 92%
des “réfractaires” et “sociaux-patriotes” et 87% des “identitaires” et
“autoritaires”. “Il fait presque totalement le plein dans l’électorat RN et
Reconquête”, ajoute le sondeur.
La condamnation de Louis Aliot à une peine d’inéligibilité de trois ans en
première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national
— il a fait appel et prévoit de se pourvoir en cassation si la peine était
confirmée le 7 juillet prochain — n’a donc manifestement pas atteint sa cote de
popularité, malgré les tentatives de ses opposants d’en faire un sujet de la
campagne.
En face, les oppositions de gauche pâtissent de leurs divisions. “Même en
faisant la somme des trois listes, leur camp n’a quasiment aucune chance de
gagner et en étant aussi divisé, cela renforce cette perception”, pointe le
président de Cluster 17. A l’entendre, le maire sortant sait parfaitement jouer
avec cette fragmentation : son avance est telle qu’il y a “un petit côté
démobilisateur”, ajoute Jean-Yves Dormagen.
Dernier point notable : l’effondrement de la droite et du centre. Alors que le
candidat Bruno Nougayrède bénéficie du soutien de tous les partis de droite et
du centre, il n’est donné qu’à 14% des intentions de vote, coincé entre la
gauche et le RN. “A Perpignan, l’espace macroniste est en voie de disparition”,
observe Dormagen, qui rappelle que cette tendance n’est pas nouvelle. En 2024,
lors des élections européennes, la liste Renaissance de Valérie Hayer n’avait
obtenu que 10,98% des voix, celle du LR François-Xavier Bellamy, 4,61%.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 11 mars 2026, via des questionnaires
autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 617 personnes,
représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Perpignan,
âgée de 18 ans et plus, dont 521 personnes inscrites sur les listes électorales.
L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et
d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants
: premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et
européennes de 2024. La marge d’erreur pour 521 personnes est comprise entre 1,9
et 4,5 points.
PARIS — Des pays, comptant parmi les plus grandes économies du monde, se sont
mis d’accord pour débloquer 400 millions de barils de pétrole, afin de contrer
la flambée des prix et le risque d’un choc d’offre dû à la guerre en Iran.
L’accord a été conclu mardi à la suite d’une réunion des 32 membres de l’Agence
internationale de l’énergie (AIE), dont les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne,
le Royaume-Uni et la France.
Il s’agit de la plus importante utilisation des réserves de l’histoire de l’AIE
; plus du double des 182 millions de barils de pétrole débloqués par les pays
membres de l’agence après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Cette décision historique reflète les craintes croissantes que les attaques
américaines et israéliennes contre cette région riche en pétrole ne dégénèrent
en une profonde crise énergétique mondiale.
“Les défis auxquels nous sommes confrontés sur le marché du pétrole sont d’une
ampleur sans précédent, et je suis donc très heureux que les pays membres de
l’AIE aient réagi par une action collective d’urgence d’une ampleur sans
précédent”, a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE.
Le pétrole sera mis à disposition “dans un délai adapté à la situation nationale
de chaque pays membre”, précise un communiqué de l’AIE publié mercredi.
“ON ENVOIE UN SIGNAL”
En début de semaine, les pays du G7 avaient déjà manifesté leur soutien à cette
mesure, qui vise à maîtriser les prix du pétrole en augmentant l’offre.
Juste après l’annonce de l’AIE, Emmanuel Macron a présidé une réunion en
visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des conséquences économiques
de la guerre en Iran.
“Le G7 représente 70% de cette annonce”, a-t-il mis en avant en ouvrant la
réunion. Le président français a également exhorté les pays du G7 à examiner
“tout ce que nous pouvons faire pour augmenter notre production mondiale”.
“On envoie un signal de marché pour que les prix baissent”, a-t-il souligné à
l’issue de la réunion du G7.
Basée à Paris et créée après l’embargo pétrolier de 1973 pour permettre aux pays
riches de coordonner leurs approvisionnements en pétrole et en gaz, l’AIE avait
proposé cette mesure pour la première fois mardi en fin de journée, lors d’une
réunion extraordinaire de tous ses membres tenue après celle des ministres de
l’Energie du G7.
Ces derniers jours, les prix du pétrole avaient grimpé à plus de 100 dollars le
baril, l’Iran ayant tiré sur les infrastructures énergétiques des pays du Golfe
en réponse aux frappes aériennes américano-israéliennes, et fermé le détroit
d’Ormuz, l’étroite voie maritime par laquelle transite un cinquième du commerce
mondial de pétrole. Le prix du baril était ensuite retombé à environ 90 dollars
quand les pays du G7 indiquèrent leur soutien de principe au déblocage des
réserves de pétrole.
Au départ, ces Etats espéraient que le conflit serait de courte durée et
n’aurait qu’un impact limité sur l’approvisionnement en énergie. Mais les
craintes d’une crise prolongée s’accentuèrent, puisque le détroit d’Ormuz
restait fermé et que les bombardements des deux camps forçaient de nombreuses
installations pétrolières et gazières de la région à interrompre leur
production.
Les Etats-Unis, le Japon et la Corée du Sud ont été les plus fervents partisans
du déblocage des réserves, selon deux responsables de l’UE au fait du dossier.
Les pays européens, qui importent une quantité relativement faible de pétrole du
Golfe, étaient plus réticents au départ, mais ont fini par être convaincus,
selon un autre responsable de l’UE chargé des questions énergétiques.
DES CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE À DÉFINIR
Le commissaire européen à l’Energie, Dan Jørgensen, s’est félicité de cette
décision dans un post publié sur les réseaux sociaux : “En ces temps difficiles,
l’unité et la coopération mondiale sont essentielles”, a-t-il écrit, annonçant
la tenue d’une réunion du groupe de coordination européen sur le pétrole pour
jeudi.
Les pays de l’UE, dont certains ne sont pas membres de l’AIE, discuteront de la
manière de coordonner le déblocage des réserves lors d’une réunion qui
rassemblera des ministres nationaux et des responsables de l’UE jeudi, suivie
d’une réunion des ministres de l’Energie lundi, selon un responsable de l’UE au
fait de la question.
Selon un responsable de l’UE et un responsable d’un Etat membre, il pourrait
s’avérer difficile de s’assurer que les stocks de pétrole soient reconstitués
rapidement pour respecter le niveau de réserves requis par l’Union avant
l’hiver, notamment si le blocage du détroit d’Ormuz venait à se prolonger.
L’AIE a indiqué qu’elle donnera plus de détails sur la mise en œuvre du
déblocage des réserves de pétrole le moment venu. Certains pays membres ont déjà
indiqué le montant de leur contribution, notamment le Royaume-Uni, qui a indiqué
qu’il fournira 13,5 millions de barils sur un total de 76,6 millions de barils
de réserves.
“Avec cette mesure, le Royaume-Uni joue son rôle en collaborant avec ses alliés
internationaux pour faire face aux perturbations des marchés pétroliers”, a
déclaré le ministre britannique de l’Energie, Ed Miliband, dans un communiqué.
“Le Royaume-Uni dispose d’approvisionnements énergétiques solides et
diversifiés, et le plafonnement des prix joue un rôle important dans la
protection des factures d’énergie jusqu’en juillet.”
Cet article a d’abord été publié par POLITICO en anglais, puis a été édité en
français par Jean-Christophe Catalon.
Maire depuis 2020, Nicolas Mayer-Rossignol, à la tête d’une liste d’union de la
gauche (hors LFI) fait figure de grand favori de cette élection municipale. Dans
un sondage réalisé par Cluster 17* et dévoilé en exclusivité par POLITICO
mercredi, le socialiste est crédité de 42% des intentions de vote au premier
tour et fait la course loin devant son adversaire Horizons Marine Caron.
Candidate de l’union de la droite et du centre, celle-ci recueillerait 26% des
voix selon l’institut.
Deux candidats complètent le podium : Grégoire Houdan (Rassemblement national)
et Maxime Da Silva (La France insoumise) sont tous deux estimés à 15% et
auraient donc la possibilité de se maintenir au second tour, ouvrant la voie à
une quadrangulaire sans grand suspense. “A partir du moment où le maire sortant
fait plus de 40% des voix au premier tour, il part avec un très gros avantage et
on a du mal à voir qui pourrait le battre”, analyse Jean-Yves Dormagen,
président de Cluster 17.
Fait notable : “NMR” performe dans toutes les catégories de population ou
clusters (selon la méthodologie de l’institut), ce qui est “relativement rare”,
souligne le sondeur. Sa liste d’union de la gauche est très forte dans
l’électorat de gauche : il convainc 70% des “sociaux-démocrates” et
“sociaux-républicains”, 41% des “solidaires” et “révoltés”, traditionnellement
plus portés vers LFI, et 49% des “multiculturalistes”, cet électorat
progressiste sur les questions de société et notamment sensible aux enjeux
écologiques.
Mais il attire aussi certains électeurs du centre et de la droite. Le maire
sortant parvient ainsi à convaincre 28% des “centristes et libéraux”, ou 22% des
“réfractaires” et “sociaux-patriotes”, deux électorats se tournant
majoritairement vers le RN. “On est ici dans une logique de maire qui rassemble,
au-delà de leur coalition, qu’on observait plus fréquemment dans le passé”,
décrypte Jean-Yves Dormagen.
Face à lui, la candidate de la droite et du centre, Marine Caron, peine à faire
le plein. “Elle n’arrive pas à avoir tout l’électorat Renaissance”, relève le
sondeur, qui pointe qu’il n’y a “pas de logique de vote utile de l’ensemble des
conservateurs”. Elle “ne capte pas du tout ou très mal l’électorat RN”,
ajoute-t-il, émettant l’hypothèse que la candidate paye, dans cet électorat très
anti-Macron, le fait d’être soutenu par Horizons, Renaissance et le MoDem.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 10 mars 2026, via des questionnaires
autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 671 personnes,
représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Rouen, âgée de
18 ans et plus, dont 504 personnes inscrites sur les listes électorales.
L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et
d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants
: premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et
européennes de 2024. La marge d’erreur pour 504 personnes est comprise entre 1,9
et 4,5 points.
Lecteurs socialistes de Lille, ne sablez pas le champagne tout de suite. Certes,
le maire PS de la capitale des Flandres, Arnaud Deslandes, s’affiche en tête du
sondage Cluster 17 que POLITICO dévoile ce mardi en exclusivité, avec 26% des
intentions de vote au premier tour des municipales qui se tiendra dimanche.
Mais il n’est pas le seul représentant de la gauche à pouvoir sérieusement
prétendre au fauteuil de Martine Aubry, qui fut maire pendant 23 ans avant de
lui passer les rênes en 2025. L’héritier est concurrencé par deux autres listes,
toutes deux données à 19% : celle de l’Ecologiste Stéphane Baly,et celle de
l’Insoumise Lahouaria Addouche.
De quoi donner aux Verts des airs de faiseurs de rois, nul n’imaginant le maire
sortant s’acoquiner avec les mélenchonistes. “Si Baly s’associe avec le PS,
c’est gagné pour Deslandes ; s’il y a une liste Ecolos-LFI, [celle-ci] devient
favorite”, expose ainsi Jean-Yves Dormagen.
Mais Baly n’ayant échoué à vaincre Aubry qu’à quelque 200 voix en 2020, et vu
les scores relativement élevés des trois candidats de gauche, chacun pourrait
avoir envie de tenter sa chance en solitaire.
L’HYPOTHÈSE SPILLEBOUT
Ce qui ouvrirait une petite fenêtre d’espoir à Violette Spillebout, la députée
Renaissance soutenue par Horizons et le MoDem : créditée de 16% des intentions
de vote, elle pourrait profiter d’une quadrangulaire pour créer la surprise.
Son destin dépendra aussi du Rassemblement national : l’eurodéputé Matthieu
Valet, avec ses 12%, peut prétendre à une qualification (il doit pour ce faire
recueillir au moins 10% des suffrages).
En son absence, Spillebout pourrait capter son électorat au second tour, ainsi
que celui du prétendant Les Républicains, Louis Delemer, promis à une
élimination s’il n’atteint effectivement que 6% des voix. Auquel cas, la députée
“pourrait ne pas être loin, à la fin, du score du gagnant”, imagine Dormagen.
(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 3 au 6 mars 2026, via des questionnaires
autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 773 personnes,
représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Lille, âgée de
18 ans et plus, dont 652 personnes inscrites sur les listes électorales à Lille.
L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et
d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants
: premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et
européennes de 2024. La marge d’erreur pour 652 personnes est comprise entre 1,6
et 3,5 points.