
Les Etats-Unis menacent de quitter l’Agence internationale de l’énergie si elle continue ses travaux sur la transition énergétique
POLITICO - Tuesday, February 17, 2026PARIS — Le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, a menacé ce mardi de retirer les Etats-Unis de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dont les travaux sur le déploiement des renouvelables vont à rebours de la politique en faveur des combustibles fossiles menée par l’administration Trump.
“Si une grande partie des agences de reporting de données se consacrent à ce genre de fantasmes gauchistes […] cela ne fait que déformer leur mission”, a-t-il clamé lors d’une conférence donnée en début de soirée à l’Institut français des relations internationales à Paris.
Accusant l’AIE de se comporter comme une “organisation de défense du climat”, Chris Wright l’a intimée de se concentrer sur la “sécurité énergétique”.
Fondée en 1974 à l’issue du premier choc pétrolier et basée à Paris, l’AIE produit des scénarios de prospective documentant la transition énergétique qui font référence dans le monde de l’énergie. C’est d’ailleurs pour assister à une réunion ministérielle de l’agence, mercredi et jeudi, que Chris Wright est à Paris.
“Nous n’avons pas besoin d’un scénario zéro émission nette, c’est ridicule, cela n’arrivera jamais”, a poursuivi Chris Wright.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’instance internationale est dans le collimateur de l’administration américaine, qui fait pression sur ses dirigeants pour qu’elle abandonne ses travaux sur la transition énergétique.
Dans son dernier rapport annuel, en novembre, l’AIE a semblé tenir compte de ces demandes. L’agence a en effet réintroduit un scénario fondé sur les tendances actuelles. Elle a également mis de l’eau dans son vin s’agissant du pic pétrolier : là où elle l’entrevoyait dans la décennie 2030, elle anticipe désormais une demande toujours croissante jusqu’au mitan du siècle.
Ce n’est pas la première fois que Chris Wright menace de quitter l’instance. “Nous allons modifier la façon dont l’AIE opère ou bien nous nous retirerons”, avait-il averti dans une interview à Bloomberg en juillet dernier.