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Le Livret A va financer les futurs réacteurs nucléaires d’EDF
PARIS — L’Etat et EDF ont finalisé les modalités de financement des six nouveaux réacteurs nucléaires voulus par Emmanuel Macron, a annoncé l’Elysée dans un communiqué à l’issue d’un conseil de politique nucléaire qui s’est tenu aujourd’hui à Penly. L’Etat s’est engagé à financer 60% du “montant total” des réacteurs — actuellement estimé à 72,8 milliards d’euros de 2020 — via un prêt à taux zéro “financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts”. Ce fonds est alimenté par les fonds du livret A, consacrés jusqu’ici au financement du logement social, mais dont les dirigeants de la banque publique laissaient régulièrement entendre depuis plusieurs mois qu’ils pourraient aussi être utilisés pour financer le nucléaire. Pour l’Etat, ce montage financier a l’avantage de ne pas peser sur les finances publiques. “Le Livret A, et les autres livrets de la Caisse des dépôts, permettront de financer, en partie, le nouveau nucléaire”, a confirmé une conseillère de Bercy dans un message envoyé à la presse. En échange, EDF a promis de respecter le calendrier et le devis des six réacteurs et que l’énergéticien a déjà revu à la hausse plusieurs fois. Il s’est aussi engagé à mettre en oeuvre les conclusions de l’audit mené par la délégation interministérielle au nouveau nucléaire (Dinn), dont l’Elysée n’a pas détaillé les conclusions. Le montage financier de cette aide d’Etat doit encore être validé par la Commission européenne, avec laquelle l’exécutif français a engagé des discussions fin 2025 qu’il espère conclure d’ici la fin de cette année. “Ce financement sera contracté à l’issue de la procédure de notification en cours avec la Commission européenne”, précise la Banque des territoires, qui appartient au groupe Caisse des dépôts, dans un communiqué.
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Les Etats-Unis menacent de quitter l’Agence internationale de l’énergie si elle continue ses travaux sur la transition énergétique
PARIS — Le ministre américain de l’Energie, Chris Wright, a menacé ce mardi de retirer les Etats-Unis de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dont les travaux sur le déploiement des renouvelables vont à rebours de la politique en faveur des combustibles fossiles menée par l’administration Trump. “Si une grande partie des agences de reporting de données se consacrent à ce genre de fantasmes gauchistes […] cela ne fait que déformer leur mission”, a-t-il clamé lors d’une conférence donnée en début de soirée à l’Institut français des relations internationales à Paris. Accusant l’AIE de se comporter comme une “organisation de défense du climat”, Chris Wright l’a intimée de se concentrer sur la “sécurité énergétique”. Fondée en 1974 à l’issue du premier choc pétrolier et basée à Paris, l’AIE produit des scénarios de prospective documentant la transition énergétique qui font référence dans le monde de l’énergie. C’est d’ailleurs pour assister à une réunion ministérielle de l’agence, mercredi et jeudi, que Chris Wright est à Paris. “Nous n’avons pas besoin d’un scénario zéro émission nette, c’est ridicule, cela n’arrivera jamais”, a poursuivi Chris Wright. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’instance internationale est dans le collimateur de l’administration américaine, qui fait pression sur ses dirigeants pour qu’elle abandonne ses travaux sur la transition énergétique. Dans son dernier rapport annuel, en novembre, l’AIE a semblé tenir compte de ces demandes. L’agence a en effet réintroduit un scénario fondé sur les tendances actuelles. Elle a également mis de l’eau dans son vin s’agissant du pic pétrolier : là où elle l’entrevoyait dans la décennie 2030, elle anticipe désormais une demande toujours croissante jusqu’au mitan du siècle. Ce n’est pas la première fois que Chris Wright menace de quitter l’instance. “Nous allons modifier la façon dont l’AIE opère ou bien nous nous retirerons”, avait-il averti dans une interview à Bloomberg en juillet dernier.
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La Commission réclame des nouveaux pouvoirs pour développer les réseaux électriques européens
Pour planifier l’expansion des réseaux électriques européens, la Commission européenne a propose qu’elle soit dotée d’un nouveau pouvoir contraignant. Une demande qui intervient alors qu’elle s’efforce de moderniser un réseau vieillissant pour répondre aux exigences croissantes de la transition énergétique. Les modifications qu’elle propose sur le règlement sur les réseaux transeuropéens pour l’énergie (RTE-E) donnerait à la Commission le pouvoir de planifier des “scénarios centraux” pour évaluer les améliorations à apporter au réseau. Cela constituerait un changement radical par rapport au système de planification actuel, complètement décentralisé. Ces scénarios seraient planifiés tous les quatre ans par la Commission — et celle-ci pourrait intervenir aux endroits où aucun projet ne serait prévu. Cette proposition fait partie du paquet sur les réseaux européens, un ensemble législatif présenté ce mercredi. L’accroissement de l’électrification, que ça soit pour les transports, les processus industriels ou le chauffage est nécessaire pour la décarbonation de l’Europe et le respect de ses engagements climatiques. Mais cette évolution va peser sur les réseaux électriques et la Commission souhaite avoir un réseau efficace pour supporter la demande, qui pourrait doubler d’ici à 2040. “Le paquet sur les réseaux européens est davantage qu’une simple politique publique, a déclaré mardi Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission en charge de la transition écologique. C’est notre engagement pour un avenir inclusif, où chaque coin de l’UE bénéficiera de la révolution énergétique : des prix bas, une énergie décarbonée, une dépendance réduite vis-à-vis des combustiles fossiles importés, un approvisionnement sécurisé et un matelas contre les chocs des prix.” Outre la planification centralisée, le paquet législatif propose d’accélérer l’octroi de permis pour les réseaux et autres projets énergétiques afin de mettre plus rapidement en place l’infrastructure nécessaire, notamment en assouplissant les règles de planification environnementale. Actuellement, la planification et la construction de nouvelles infrastructures de réseau prennent environ dix ans. Pour ce faire, elle modifierait quatre textes législatifs : le règlement RTE-E, la directive sur les énergies renouvelables, la directive sur les marchés de l’énergie et la directive sur le marché du gaz. Le paquet propose également des modèles de financement “à frais partagés” afin que les pays qui bénéficient des projets contribuent à leur financement, ainsi que l’accélération d’un certain nombre de projets clés d’interconnexion énergétique à travers l’Europe. Cet article a été initialement publié par POLITICO en anglais et adapté en français par Alexandre Léchenet.
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