SONDAGE EXCLUSIF : A Perpignan, battre Louis Aliot semble mission impossible

POLITICO - Thursday, March 12, 2026

Pas de suspense en vue à Perpignan, ou presque, tant la réélection de Louis Aliot semble le scénario le plus probable, les 15 et 22 mars prochains. Le maire Rassemblement national sortant est crédité de 46% des intentions de vote au premier tour des municipales dans le sondage Cluster 17* dévoilé en exclusivité par POLITICO jeudi. “Il n’est pas loin d’une possible réélection dès le premier tour” qui se tiendra dimanche, constate Jean-Yves Dormagen, président de l’institut.

Les oppositions sont loin derrière. La gauche est divisée : pas moins de trois listes se présentent devant les électeurs. La candidate PS-Place publique Agnès Langevine est créditée d’un score de 15%, tout comme son concurrent Insoumis, Mickaël Idrac. Juste derrière eux, à 14% des intentions de vote, on trouve la liste d’union de la droite et du centre menée par Bruno Nougayrède.

Parti en dissidence contre l’avis du PS local (mais avec le soutien notamment du Parti communiste et du Parti radical de gauche), Mathias Blanc obtiendrait 9% des suffrages et serait dans l’impossibilité de se maintenir au second tour. La liste de Pascale Advenard (Lutte ouvrière) est créditée de 1%.

“L’espace macroniste est en voie de disparition”

Si Louis Aliot est si haut dans les estimations, c’est bien sûr parce qu’il est “très fort” à droite et à l’extrême droite, un électorat majoritaire dans cette ville, note Jean-Yves Dormagen. L’étude des clusters, ou catégories de population, (la méthodologie de l’institut) le montre bien : le maire sortant convainc 91% des “conservateurs”, “antiassistanat” et “traditionnalistes”, 92% des “réfractaires” et “sociaux-patriotes” et 87% des “identitaires” et “autoritaires”. “Il fait presque totalement le plein dans l’électorat RN et Reconquête”, ajoute le sondeur.

La condamnation de Louis Aliot à une peine d’inéligibilité de trois ans en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national — il a fait appel et prévoit de se pourvoir en cassation si la peine était confirmée le 7 juillet prochain — n’a donc manifestement pas atteint sa cote de popularité, malgré les tentatives de ses opposants d’en faire un sujet de la campagne.

En face, les oppositions de gauche pâtissent de leurs divisions. “Même en faisant la somme des trois listes, leur camp n’a quasiment aucune chance de gagner et en étant aussi divisé, cela renforce cette perception”, pointe le président de Cluster 17. A l’entendre, le maire sortant sait parfaitement jouer avec cette fragmentation : son avance est telle qu’il y a “un petit côté démobilisateur”, ajoute Jean-Yves Dormagen.

Dernier point notable : l’effondrement de la droite et du centre. Alors que le candidat Bruno Nougayrède bénéficie du soutien de tous les partis de droite et du centre, il n’est donné qu’à 14% des intentions de vote, coincé entre la gauche et le RN. “A Perpignan, l’espace macroniste est en voie de disparition”, observe Dormagen, qui rappelle que cette tendance n’est pas nouvelle. En 2024, lors des élections européennes, la liste Renaissance de Valérie Hayer n’avait obtenu que 10,98% des voix, celle du LR François-Xavier Bellamy, 4,61%.

(*) Etude réalisée par Cluster 17, du 8 au 11 mars 2026, via des questionnaires autoadministrés en ligne, auprès d’un échantillon de 617 personnes, représentatif, grâce à la méthode des quotas, de la population de Perpignan, âgée de 18 ans et plus, dont 521 personnes inscrites sur les listes électorales. L’enquête a fait l’objet d’un redressement sociodémographique (données Insee) et d’un redressement politique sur la base de la reconstitution des votes suivants : premier tour de la présidentielle 2022, premier tour des municipales 2020 et européennes de 2024. La marge d’erreur pour 521 personnes est comprise entre 1,9 et 4,5 points.